Mémoires, t. Ier, p
crête , elle eût pu ajouter : surtout quand cette personne souveraine est une femme et qu'elle aime.
Mazarin avait dit i : « Les menées contre moi ne cesseront point tant qu'on verra auprès de sa Majesté un parti puissant déclaré contre moi, et capable de gagner l'esprit de la reine s'il m' arrivait quelque disgrâce. » La défaite de ce parti fut demandée par Mazarin et accordée par Anne d'Autriche, et les mesures les plus nécessaires immédiatement arrêtées.
Ce qui pressait le plus et ne pouvait être différé d'un jour, c'était de se mettre à l'abri de tout nouvel assassinat et de profiter du premier mouvement de l'indignation publique contre l'auteur du complot et ceux qui y avaient pris part. Or, l'auteur apparent du complot c'était le duc de Beaufort, aidé de ses principaux officiers et de quelques gentilshommes de la maison de Vendôme. Il fallait donc arrêter Beaufort et lui faire son procès. La reine y consentit. On peut juger par là de l'autorité que Mazarin avait prise, et jusqu'où Anne d'Autriche pourrait aller un jour pour défendre un ministre qui lui était cher. Le duc de Beaufort était, avant la mort de Louis XIII , l'homme en qui la reine avait le plus de confiance, et pendant quelque temps on l'avait cru destiné au rôle
1 . IIIe carnet, p. 93 et dernière : « Ogniimo mi dice che li disegni contra me non cesseranno, finche si vedrà che appresso di S. M. vi è un putente partito contro dime, e capace d'acquistar lo spirito di S. M. quando mi succéda una disgrazia. »