‹ Madame de Chevreuse et Madame de hautefortChapitre 171 sur 215 · A MON COUSIN MONSIEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

A MON COUSIN MONSIEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU

« Mon cousin, ce m'est une joie si sensible que la grossesse de la Reyne ma sœur, que envoyant ce gentilhomme pour en témoigner mon ressentiment au Roy mon frère et à elle, j'ai cru que vous estiez une personne avec qui, après eux, je m'en pouvois resjouir. C'est ce que je fais par cette lettre. Et aussi connoissant le soin que vous prenez de m'obliger, en ayant eu des preuves depuis peu, je vous donne avis de l'arrivée de ma cousine la duchesse de Chevreuse en ce pays , et vous prie que son arrivée ici ne Importe aucun préjudice dans ses affaires. Je me fie tant en votre générosité que je ne fais nul doute que vous ne voudriez pas tant me désobliger, après m'avoir tant obligée que vous avez fait, que de ne lui pas accorder son bien, ainsi que vous lui aviez procuré avant son partement. C'est la justice et son mérite qui le demandent; s'estant comportée en Espagne et en ce pays comme elle a fait, elle mérite bien cela de vous, et moi je me tiendrai pour obligée qu'elle ne reçoive point de mauvais traitement estant avec moi. Je ne vous en parlerai davantage, me fiant à ce que vous m'avez promis qui est de m'obliger quand vous en auriez les occasions. En voici une qui me fera demeurer toute ma vie,

Votre bien affectionnée cousine ,

Henriette Marie R. »

Le Roy d'Angleterre au Roy.^

« Monsieur mon frère, envoyant ce gentilhomme pour me resjouir avec vous de la grossesse de la Reyne, ma sœur, et vous assurer que personne n'en peut estre plus aise que moi, sachant la joie que vous en recevez. J'ai voulu aussi vous avertir de l'arrivée de ma cousine la duchesse de Chevreuse, vous priant que sa demeure ici ne lui ap-

1. Manuscrits de Colbert, fol. 1. Manque dans le Supplément français.

2. Manuscrits de Colbert, ibid. Manque dans le Supplément français.

296 APPENDICE. CHAPITRE IIe.

porte point de préjudice dans ses affaires, et si je puis vous faire voir mon affection en quelque chose que vous m'ordonnerez, vous verrez que je serai si prompt que vous me croirez, Monsieur mon frère,

Votre très-affectionné frère, « Charles R. »

Lettre de la Reyne d'Angleterre au Roy , se réjouissant dé la grossesse de la Reyne et lui recommandant Mme de Chevreuse. l

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