‹ Madame de Chevreuse et Madame de hautefortChapitre 207 sur 215 · Le duc de Savoye-Nemours · texte numérisé non relu

Le duc de Savoye-Nemours

Mme DE CHEVREUSE EN TOURAINE. 415

ordinaires qui se tiennent avec les comtes de Bethune et de Gharost et lui ; lesquelles conférences ne tendent qu'à faire donner par des personnes interposées de mauvaises impressions en leur voisinage et en d'antres provinces aux peuples du gouvernement de l' Estât, et leur faire avoir d'extresmes aversions contre les ministres.

« Est à noter que le mesme Montresor a eu un gentilhomme en cour depuis qu'il en est parti, appelle Fuetillac (?) pour moucharder les nouvelles plus importantes de l'Estat, les faire ensuite tenir à son maistre par diverses voies et adresses. Ce mesme gentilhomme a quelques habitudes en Allemagne où il depesche souvent les nommés Rousseau et Lorrin, aussi domestiques de son maistre qu'il tient en cour depuis sept mois, et lesquels ont porté diverses depesches hors de ce royaume.

« Il court ici un bruit sourd que quelques personnes de qualité de la religion ont, avec quelques factieux catholiques qui servent mesme le Roy en apparence, fait passer par la Catalogne une personne dont le nom m'est encore incogna, qui est, à ce que l'on tient, un homme d'intrigues, pour se rendre en Espagne porter nouvelles des factieux de ce royaume et en représenter les calamités, et comme les peuples sont à la veille de faire une révolte générale ; le tout pour obstacler l le raccommodement des affaires avec les ennemis.

« En suitte de ce bruit il en court un autre plus sur qui est que si la cour va à Fontainebleau le prisonnier de Vincennes sortira , soit par quelque intelligence de ses gardes ou par un effort que doivent faire ses amis après quelque sédition qu'ils prétendent faire à Paris, lorsque la cour en. sera un peu esloignée.

« Le Palais-Royal, celui de son Eminence et de son Altesse Royale sont meublés de force mouchards qui suivent les ordres de quantité d'ingrats que leurs Majestés, son Eminence et son Altesse ne sauroient obliger. Ils sont plus ingrats au loin qu'auprès. Si Dieu permet que je puisse rencontrer les lumières que je cherche avec toutes sortes de soins, je m'expliquerai plus intelligemment, et spécifierai les plus importantes circonstances. Mais je supplie bien humblement son Eminence vouloir agréer que 3 'envoyé à l'ad venir mes depesches par homme exprès qui ne sera que de pied et fera peu de frais , si ce n'est qu'il se presentast quelque chose de pressé. Les autres voies sont autrement suspectes.

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