‹ Madame de HautefortChapitre 11 sur 182 · Sar M"'' de Beaumont, voyez M""* de MotteviUe · texte numérisé non relu

Sar M"'' de Beaumont, voyez M""* de MotteviUe

çait M"* de Hautefort sur rbumeur chagrine de son royal amant :

Hautefort la menreille

Réveille Tous les sens de Louis, Quand sa bouche vermeille Lui fait voir un souris^.

Quand M"® de Hautefort n'aurait pas été aussi sage que belle, l'amour du Roi ne lui aurait pas été fort dangereux. Tous les soirs, il Tentretenait dans le salon de la Reine ; mais il ne lui parlait la plupart du temps que de chiens, d'oiseaux et de chasse, et la craignant et se craignant lui-même, il osait à peine en lui parlant s'approcher d'elle *. On raconte qu'un jour étant entré à l'improviste chez la Reine, et ayant trouvé M"® de Hautefort tenant un billet qu'on venait de lui remettre, il la pria de lui laisser voir ce billet. Elle n'avait garde de le faire parce qu'il contenait quelque plaisanterie sur sa faveur nouvelle ; et pour

1. Il est assez piquant qu'on ne trouve ce couplet de chanson que dans la vie édifiante de M"'® de Hautefort. C'est une évidente imitation du joli couplet de Voiture :

Notre aurore vermeille

Sommeille ; Qu'on se taise à l'entour. Etc.

Voyez OEuvres de Voiture, édition de 1745, t. II, p. 120, et Là Jeunesse DE Madame de Longueville, ch. ii, p. 163.

2. M"* de Motteville, 1. 1, p. 48 : a J*ai oui dire depuis à M«« de Hautefort qu'il ne lui parloit que de chiens, d*oiseaux et de chasse; et je Tai vue avec toute sa sagesse, en me contant son histoire, sf moquer de lui de ce qu'il n*osoit s'approcher d'elle quand il Tentreteooit. »

Page 1