L'abbesse de Jouarre
8. Quelque compagne de M^i* de La Fayette, qui était de Bordeaux ,
3î80 APPENDICE. NOTE TROISIÈAIE.
IBID., t. LXXXIV, fol. 13.
« Monseigneur,
« Aujourd'hui la dame de llioroscope^ m*a fait appeler et m'a raconté des choses étranges qu*il > tenoit de la bouche de la Bourdeloise, que la tante a t&ché de mettre mal avec la nièce, en telle façon que, fondant en larmes, elle lui a dit qu'elle avoit des lettres en main contre votre Éminence qui étoient capables de la ruiner. La nièce a redit à ladite Bourdeloise tout ce que sa tante lui avoit dit contre elle. D'ailleurs hier la grand'mère' me raconta comme le gentilhomme^ aimoit extrêmement sa fille >, et qu'il en a donné des marques évidentes depuis peu, et qu'il avoit dit à une personne qae je nommerai, qu*il ne sçavoit comme rompre avec la nièce pour reprendre l'autre, quod est notandum; ibi Scilla et Caribâis, sed e duohus malis minus eligendum. J'ai extrêmement besoin de parler à votre Éminence là-dessus; ce sont choses que je ne puis écrire en aucune manière, etc.
« Noviciat général, ce 5 janvier 1637. •
Ibid., fol. 15.
« Monseigneur, /
« J'ai vu la personne de rechef, laquelle a parlé à son domestique, qui avoit vu ce matin la Bourdeloise, laquelle la tante tâche par tous moyens de reflatter et regagner, et lui a envoyé ce matin son secrétaire avec mille protestations d'amitié, et la nièce sous main l'a invitée de la venir voir, ce qu'elle doit avoir fait cette après-dinée et y sera jusques au soir. Ladite Bourdeloise néanmoins est piquée, et a dit ce matin à ce domestique horoscopique * qu^elle sçavoit tous les secrets de la tante et de la nièce, et les choses particulières que la tante avoit fait dire à la nièce au gentilhomme contre votre auguste et très-sacrée personne, outre les lettres. Alors un frissonnement et un si grand crève-cœur m'a saisi contre cette misérable tante, que je me suis résolu de perdre plutôt le couvent de Rouen (ce que je ne crois pas perdre étant sous votre autorité et protection''),