‹ Madame de HautefortChapitre 13 sur 182 · Vie imprimée · texte numérisé non relu

Vie imprimée

^ Vie imprimée.

et sa fierté elle le témoignait. De là des démêlés assexs souvent orageux, suivis de raccommodements qui ne duraient guère. Dès qu'il y avait entre eux quelque brouillerie, tout s'en ressentait, les divertissemeats de la cour étaient suspendus, et si le Roi venait le soir chez la Reine, il s'asseyait dans un coin sans dire un mot, et sans que personne osât lui parler. «C'étoit» dit Mademoiselle S une mélancolie qui refroidissoît tout le monde, et pendant ce chagrin le Roi passoit la plus grande partie du jour à écrire ce qu'il avoît dit à M"® de Hautefort et ce qu'elle lui avoit répondu : chose si véritable qu'après sa mort on a trouvé dans sa cassette de grands procès-verbaux de tous les démêlés qu'il avoit eus avec ses maltresses, à la louange desquelles on peut dire, aussi bien qu'à la sienne, qu'il n'en a jamais aimé que de très-vertueuses. » M"*® de Motteville déclare fort nettement que M"* de Hautefort, tout en étant sensible aux hommages de Louis XIII, n'avait aucun goût pour lui, et qu'elle le maltraitait autant qu'on peut maltraiter un roi; en sorte qu'il était, dit-elle*, « malheureux de toutes les

i. Mémoires f édit. d'Amsterdam, 1. 1.

2. Tome I, p. 75. —Il paraît qu'en 1631 M"" de Hautefort fut trèsmalade ; car on lit cet article dans la Gazette, p. 104 : « La plus accomplie de cette belle troupe des filles d'honneur de la Reine^ que vous connoitrez désormais aussi bien par là comme par son nom c^e Hautefort, ayant été tenue pour déplorée de tous, fors de ses mé« decins dont la capacité né se laissa pas aisément imposer, durant les griefs accidents d'une fièvre continue dont elle a été travaillée depuis le 4 de ce mois (novembre), nous a autant attristés comme à présent nous sommes réjouis de sa convalescence. Sa Majesté, quelque instance qu'on lui ait faite du contraire, n'a pas voulu permettre que cette demoiselle, tandis que ses médecins en espéroient bien,

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