Évidemment BoisenvaL
M"« DE LA FAYETTE. 3ai
mais il lui a plu me donner lieu et temps pour faire pénitence, et pour reconnoltre les extrêmes obligations que tout notre ordre et moi plus en particulier avons à votre bonté émlnentissime. Laquelle j'avertis que le valet de chambre m'ayant lu une lettre de son fils et me priant d*écrire pour lui à votre Émînence, et moi lui répliquant que je n'avois accoutumé d*être si hardi en votre endroit, et que lai-même devoit travailler pour son fils, il me répondit : Je suis bien en peine de mon fait, car Ànery a dit à mon fils que la recommandatUm de Monseigneur le cardinal au Roi en sa faveur aw>it ruiné son affaire, ce que je ne crois pas et n'est à propos que personne le croie ; ce que lui niant avoir été, il me le confirma par raison, et me souvint à ce propos qu'une autre fois il me dit que TOtre Éminence ne se fioit ni ne se tenoit assuré de l'amitié du gentilhomme^, ce qui n'est non plus à propos que personne croie comme Je ne le crois pas. Ce valet de chambre a une grande confiance en votre bonté, et je la lui ai confirmée hier au soir.
« La grand'mère me vint voir toute troublée de Tafiaire de La Porte, et me dit que le jour qu'il fut pris il avoit voulu donner les lettres de la Reine à un gentilhomme qui refusa de les prendre, feignant qu'il devoit demeurer ici encore deui ou trois jours, et vint lui demander conseil s'il devoit prendre congé de la Reine. La Porte lui conseilla de ne prendre congé que lorsque la Reine entreroit en carrosse, ce qu'il fit ; et elle ne manqua pas de lui dire: La Porte vous doit donner une lettre ; à laquelle il s'excusa parce qu'il devoit demeurer ici pendant deux ou trois jours encore. Elle m'avertit encore qu'une personne lui avoit dit le jour précédent que La Porte avoit un chifiîre qui servoit à déchiffrer les lettres qu'on écrivoit à la Reine, laquelle l'appeloit souvent pour déchiffrer telles et telles lettres, elle n'en pouvant venir à bout. Hem, que la petite-fille étoit extrêmement affligée de l'accident arrivé à la Reine en la personne de La Porte. Item, que M"** de Ghevreusé aimoit extrêmement la petite-fille, parce que la Reine l'aimoit si fort, quoique la petite-fille n'aimât ladite de Ghevreusé, ains la blâmât. Elle m'a dit tout ceci afin que J'en avertisse votre Éminence. Je lui demanderai le nom du gentilhomme*.
« J'avertis encore votre Éminence que Jussy, confidente de la petite-fille, et ma fille spirituelle, m'a dit hors le confessionnaire : 1® Que le gentilhomme* retoumoit dans les amours de ladite petitefille, ainsi qu'elle l'avoit reconnu par le peu de discours qu'il a