Li Reine
t. Mm* de Haatefort, devenue Madamo,
Ibid., t. LXXXIX, fol. 3. Ghayigny au cardinal.
« Saint-Oermaia, ce 20 août 1638.
...... Les amans ont vécu jusques à cette heure dans de grandes
froideurs. Le Roi témoigna être extrêmement mécontent; mais il seroit difficile d*en dire la cause. La seule que Sa Majesté m'a alléguée est que M™« de Hautefort lui dit en arrivant : « Hé bien, M. le maréchal de Brézé s'en est allé. » Jj6 Roi se plaint qu'elle l'a vonla sonder.,. Je n'ai pu encore parler à la créature parce qu'elle prend des eaux, et qu'elle ne vient chez la Reine que pour voir le Roi. logent et la Ghesnaye travaillent à l'acommodement qui se doit faire aujourd'hui; sinon, le Roi ira à Versailles pour ne revenir que Jbien tard, etc. »
Ibid., fol. 67. Le cardinal au Roi.
f D'Amiens ce 21 août 1638.
« ..... Je suis extrêmement fâché du mécontentement que le Roi « reçu en arrivant à Saint-Germain. Ge qui me console est qae je suis assuré qu'il n'aura pas continué, ne doutant point que le sexe féminin ne soit capable d'avoir fait des réflexions qui l'aient porté AU point où Sa Majesté le doit désirer, etc. »
Ibid., fol. 78. Ghayigny au cardinal.
« A Saint- Germain ce 22 août 1638.
« Le Roi a été deux jours à Versailles à cause de la contina»*
tion de la mauvaise intelligence qui est entre lui et M">* de Hautefort. Il n'y a point d'autre sujet nouveau que ceux que j'ai mandés à votre Éminence.
« M™' de Hautefort se sent offensée de ce que M. de Montbasoa lui ayant dit hors de propos devant le Roi que le bruit couroit qu'elle n'aimoit pas M™* de Lansac, parce que celle-ci n'auroit pas voulu souffrir que son fils l'épousât , Sa Majesté avoit confirmé ce discours qui est assez désobligeant pour une fille de sa condition.
« Le Roi envoya hier savoir des nouvelles de La Fayette et commence à en reparler; mais je crois que ce n'est avec autre intention que de faire dépit à M*"* de Hautefort, qui témoigne assez peu d'inclination de se racommoder avec Sa Majesté.
« Le Roi est toujours en la même disposition où il étoit pour Monseigneur, lorsqu'il est parti d'Abbeville, de sorte que je ne vois rien à craindre. Je ne laisserai pas pourtant de faire ce que je pou^
rai pour voir ce soir H*"" de Hautefort, à qui on a essayé sans doute de faire croire que votre Éminence étoit fâchée contre elle. Si Je la puis entretenir^ je crois que je lui ôterai cette opinion.
« Sa Majesté rentre ce soir à Saint^Germain ; je prendrai garde à ce qui s*y passera. Rien ne me f&che en ceci que le désir que je vois qu'elle a de s'ajuster avec M"* de Cheraerault, si elle quitte M"« de Hautefort. MM. de Nogent, La Chesnaye et moi, nous agirons chacun selon notre talent, comme nous y sommes obligés, etc. »
Ism., fol. 103. BuUion au cardinal*
«83 août 1638.
« Aussitôt que j*eus l'honneur d'approcher du Roi, il me fit
l'honneur de me dire qu'il étoit satisfait de votre Éminence en tontes les façons qu'on le peut être, et que Jamais personne n'y pourra apporter de la brouillerie. Je lui fis réponse que c'étoit la plus agréable nouvelle que Sa Majesté me pouvoit dire, et que je m'assurois qu'il avoit l'esprit bien plus content et en repos maintenant, ce qu'il m'avoua avec témoignage de tendresse. Je lui dis que J'avois appris quelques nouvelles dont Je lui parlerois en particulier. Il me dit : « M™* de Hautefort m'a dit que M. le G. et moi étions trèchbien ensemble. Je lui ai dit que cela étoit vrai. Mais, me dit-il : regnum meum non est de hoc mundo. Ni M. le cardinal, ni moi, ni mes serviteurs ne sommes pas bien à Saint-Germain i. » Je lui dis que je savois très-bien que l'on travailloit à mettre la Reine et M°^* de Hautefort en très-bonne intelligence, et que c'étoit une certaine demoiselle du nom de laquelle je ne me souvenois pas. Il me dit en même temps : « C'est Beaumont *, qui donne de très-mauvaises instructions à M™* de Hautefort. Elle a quitté toutes les intelligences qu'elle avoit avec MM^** de Pontbriant et Jussy parce qu'elles sont à moi »... Sa Majesté me dit encore : Ils ne font que brouiller, et je voudrois déjà être auprès de M. le cardinal. Le Roi recommença le discours sur M™* de Lansac, que M™* de Hautefort le picotoit k toute occasion , que, sur le fait de la Reine, touchant les lettres qu'elle pouvoit écrire , Sa Majesté s'assurant que M™* de La Flotte l'avertiroit si la Reine écrivoit, sur cela M""* de Hautefort lui dit nettement que M°** de La Flotte n'étoit pas obligée de l'avertir et qu'elle ne le feroit pas. Je fis réflexion là-dessus et dis au Roi :