‹ Madame de HautefortChapitre 148 sur 182 · Auprès de la Reine et de la dame d'atours · texte numérisé non relu

Auprès de la Reine et de la dame d'atours

2. Sur MU« de Beaumont, voyez chap. Y, p. 111, et les Lettrée de Ml^ dû Chémerault, plus haut, p. 853 et suiv.

Sire, TOUS devez bien remercier Dieu du bon conseil que vous a donné son Éminence sur le fait de M"^* de Lansac; car votre Majesté voit bien , sur le dire de M*^' de Hautefort , que vous ne pouvez prendre assurance sur M**** de la Flotte. Vous savez bien que M"'* de Lansac n*est point à la Reine, et en une affaire de cette qualité vous savez mieux que personne de quelle importance il est à Votre Majesté d'avoir une personne confidente. Sa Majesté en demeura d'accord, et me dit que depuis son retour il avoit très-particulièrement vu que la Reine ne vouloit point de M™*' de Lansac, quil étoit ravi de cela, et que cette seule raison , quand il n'y auroit que celle-là, le confirmeroit dans la résolutionqu'il avoit prise a. Il sera néces-

1. C'est le 25 Juillet que M»* de Lansac fût nommée gonvemante. Voici on extrait de l'ordonnance de nomination, Archives des Affaires étrangères t. LXXXVIII, fol. 409 : Nous ne saurions faire meilleur et plus digne choix que de dame Françoise de Sonvré, veuve du feu sieur de Lansac, conseiller en nos conseils, capitaine de cinquante hommes d'armes de nos ordonnances, et gouverneur de notre château du Plessis-Iez-Tours. » Richelieu eut soin de donner à M** de Lansac des instructions pour guider ses premiers pas à la cour de la Reine. Ces instructions nous ont aussi été conservées, Ism., fol. 306.

fl Mémoire pour M>« de Lansac.

f M** de Lansac saura que le Roi écrit à la Reine pour lui faire savoir le choix qu'il a fait de sa personne pour être gouvernante de l'enfant qu'il plaira à Dieu lui donner, et lui envoie les expéditions de cette charge afin qu'elle les délivre elle-même à M»* de Lansac, qu'elle envoyera quérir poor cet effet.

c Lorsque la Reine envoyera quérir M<"« de Lansac, si Sa Majesté loi demande si elle ne savoit rien de l'honneur qu'il plaît au Roi de lui faire, elle lui dira ingénument que le bruit public lui avoit appris qu'on l'avoit mise sur le rolle de celles qui ont été proposées au Roi pour cette charge, et que Sa Majesté ne l'avoit pas eu désagréable, que cela l'avoit empêchée de visiter et rendre ses devoirs à la Reine, de crainte qu'on ne s'imaginftt qu'elle briguoit et poursuivoit ladite charge, et que son visage fût importun pendant que cette affaire étoit sur le tapis.

f Ensuite de cela, il est à propos qu'elle dise doucement à l'oreille de la Reine , qu'on lui a rapporté que Sa Majesté avoit témoigné n'avoir pas d'agrément pour elle, mais qu'elle espéroit se conduire de telle sorte qae Sa Majesté en aura toute sorte de satisfaction et de contentement. Qu'elle la supplioit de suspendre le jugement qu'elle peut faire d'elle, jusques & ce qu'elle ait vu la façon avec laquelle elle se comportera envers elle, espérant que Dieu lui fera la grâce de ne rien faire qui déplaise à la Reine, et que, comme il ne pouvoit jamais lui arriver un plus grand honneur, elle n'oubliera rien pour s'en rendre digne et pour faire connottre à la Reine l'extrême passion qu'elle a de lui rendre ses très-humbles services.

« M»« de Lansac fera aussi visite â M» de Hautefort, M»« de La Flotte et autres personnes de chez la ReinOi le tout avec sa modestie ordinaire^

saire à la fin que le Roi fasse monde nouveau de ceux qui brouillent auprès de la Reine et de M*"* de Hautefort, et parle à bon escient à M™*^ de Hautefort ; autrement ce seroit entrer de fièvre en chaud mal. Le Roi alla coucher hier à Saint -Germain. Je ne sais si le rapatiiement aura été fait. M. de Chavigny est bien instruit de toutes choses et en donnera avis à votre Éminence. J'ai vu M. de La Ghesnaye qui ya très-bien pour votre Éminence. Le Roi m*a dit qu*il est mal auprès de M*"* de Hautefort à cause de Sa Majesté, etc. »

Ibid., fol. 87. Le cardinal au Roi.

« De Chaolnes ce 25fi août 1638.

« Je ne saurois dissimuler à Votre Majesté que Je suis extrêmement en peine de savoir qu'elle est en guerre au lieu où Je lui desirerois la paix. Sa prudence est telle que Je m'assure qu'elle pardonnera les bronchades aux personnes que Je n'estime pas capables de rien faire par malice. Je condamne leur peu de complaisance , et ne la puis excuser que dans l'innocence que Je crois en leur esprit. Je ne doute donc point que ce petit orage ne soit calmé auparavant que cette lettre arrive, etc. »

Ibid., fol. 91. Le cardinal au Roi.

c De Chaaines, môme joar.

« Je suis très-f&ché de ce que le racommodement de M™' de Hautefort n'est pas encore fait, Jugeant bien combien cela travaille l'esprit du Roi, le contentement duquel Je considère comme ma vie. Je ne saurois m'empêcher de la bl&mer en mon cœur de ne faire pas tout ce qu'elle doit pour contenter Sa Majesté. Si les mauvais conseils qui l'abordent lui persuadent que Je ne suis pas pour elle , elle a très-grand tort. Gela ne m'empêchera pas d'aller mon grand chemin, et de la servir toujours en préférant les contentemens du Roi, qui sont justes et innocens, à toutes choses, etc. »

afin qu'on ne poisse rien faire appréhender à Sa Matjesté contre M** de Lansac, etc., etc. »

La Reine, avec sa politique accoutumée, fit très-bonne mine à M"« de Lansac, et témoigna être fort contente d'elle. Mais comme M*»* de Lansac était chargée de la surveiller, et qu'elle s'acquitta très-bien de cette commission, la Reine la prit en aversion, et, après la mort de Louis XIII, elle s'empressa de la congédier.

Ibid., fol. 95. Chavigny au cardinal.

c A Saint^^rennain-en-Laye, 25 août 1638.

« ..... Le Roi ayant été depuis trois jours dans Tincertitude s*il S3 racommoderoit avec M"** de Hautefort ou s'il romproit avec elle, Sa Majesté m'a empêché d'écrire à Monseigneur, parce qu'elle lui vouloit faire savoir lequel des deuTi 'partis elle prendroit. Elle avoit fait hier au matin une lettre à son I: ninence par laquelle elle lui mandoit que le peu de satisfaction qu'elle avoit de M™* de Hautefort l'obligeroit enfin à se séparer d'elle. L'après dînée Sa dite Majesté me commanda de renvoyer après le coumer pour l'empêcher de partir, parce qu'elle vouloit encore voir le soir si elle pourroit se remettre en bonne intelligence avec la créature. Enfin l'inclination a été la plus foi*te, le racommodement a été fait le mieux du monde, et le Roi qui avoit une inquiétude extraordinaire et un fort mauvais visage est revenu gai au dernier point, et son ventre s'est abaissé sans user des remèdes qu'il pratique d'ordinaire.

Une heure auparavant que ce racommodement se fit , je trouvai moyen de voir M"^« de Hautefort. Elle étoit dans la pensée que Monseigneur n'étoit pas satisfait d'elle, et, cela étant, dans le dessein de ne plus entretenir de commerce avec le Roi. Elle me témoigna aussi le déplaisir qu'elle avoit de ce qu'on lui avoit rapporté que son Éminence avoit cru qu'elle n'avoit pas tous les sentimens qu'elle devoit pour son service. Elle mé protesta ensuite qu'elle étoit dans les mêmes sentimens où il l'avoit laissée lorsque je loi parlai de l'affaire de M™" de Lansac et qu'elle ne s'en départiroit jamais. Je l'assurai que Monseigneur étoit très-satisfait d'elle, qull n'avoit jamais eu les pensées de sa conduite qu'on lui avoit voulu persuader, que son Éminence l'aimoit véritablement, qu'elle souhaitoit qu'elle demeurât toujours bien auprès du Roi, et qu'elle avoit contribué tout ce qui avoit été en son pouvoir auprès de Se Majesté pour empêcher ses mauvaises humeurs lorsqu'elle les loi avoit communiquées. Ces assurances' lui remirent l'esprit, et lui firent prendre résolution de se racommoder avec le Roi, ce qu'elle n'eût Jamais fait autrement, et je puis assurer à Monseigneur qu'elle est dans la résolution de se mieux conduire à l'avenir avec Sa Majesté qu'elle n'a fait par le passé, et d'être plus dépendante que jamais de ses volontés. Son intention est aussi de vivre en amitié avec M*"^ de Lansac. Ce récit est un peu long ; mais j'ai cru que son Éminence ne seroit pas marrie de savoir le particulier de cette affaire qui sembleroit une bagatelle à tous ceux qui ne conooitroient pas l'humeur du Roi.

n n'y a point encore apparence que la Reine doive accoucher, à ce que disent les médecins, plus tôt que de huit Jours. Sa Majesté est extrêmement grosse et incommodée. Je ne dis point à Monseigneur les protestations qu'elle me fait tous les jours de vouloir bien vivre avec lui, parce que il n'y a pas apparence d'en rien croire que a frtActWus »

Ibid., fol. 105. Le cardinal au Roi.

« De Chaulnes ce 27* août 1638.

« Je suis ravi de savoir le racommodement de Votre Majesté

avec son inclination, qui sera toujours , selon mon jugement, innocente et exempte de malice, comme parfois il pourra arriver des bronchades dignes d'être excusées, etc. »

Ibid,, fol. 122. Le même au Roi.

« De Péronne, ce 29« août 1638.

« . ...Je suis extrêmement aise que Sa Majesté ait le contentement qu'elle mérite de ses innocens divertissemens, et prie Dieu de tout mon coeur qu'il soit de durée »

Ibid., fol. 118. Chavigny au cardinal.

c Saint-Germain, 29 août 1638.

......L'inclination du Roi va toujours parfaitement bien depuis son

dernier racommodement. Il eut presque envie hier de se rebrouiller ; mais véritablement il ne put trouver de sujet. M""" de Lansac et M*"*^ de Hautefort sont en parfaite intelligence. Les dames du parti contraire se remuent fort pour établir M^^" de Chémerault. Sanguin, M. de Metz et M. de Souvré y font tous leurs efforts ; mais ce sera inutilement. La Chesnaye marche de bon pied, et j'ose répondre que M™^ de Hautefort a d'aussi bonnes intentions que Monseigneur le sauroit souhaiter. Enfin j'espère qu'il ne trouvera rien qui lui donne peine lorsqu'il arrivera à la cour. .... »

Ibid., fol. 32. Bullion au cardinal.

c 29 août 1638.

« J'ai passé à Saint-Germain avant-hier où J'ai trouvé le Roi très satisfait, et en bonne santé ^ de la paix qu'il avoit faite mardi der-

nier. M. de Chavigoy en doit rendre compte très-particulier à votre Éminence. Il s*en est fort mêlé avec M. de La Chesnaye. Tout cela va très-bien pour le service de votre Éminence. Il ne reste au Roi pour la perfection de tous ses contentemens que d'avoir votre Éminence près de sa personne, etc. »

Ibid., fol. 215. Le cardinal au Roi.

« De Saint-Quentin, ce 8 septembre 1638.

« Je ne saurois vous témoigner la Joie que ]*ai reçue, et par

les lettres de Votre Majesté et par celles de M. Bouvard qui me font connoitre que votre mal ne sera rien qu*un avertissement h Votre Majesté de Jouir à l'avenir des bonnes influences que produiront ses inclinations, et de ne recevoir pas les mauvaises impressions que les brouillards peuvent causer, etc. »

Ibid., fol. 243. Le même au Roi,

c De Saint-QaentiD, 12 septembre 1638.

« ..... Je snis extrêmement aise de savoir que les inclinations du Roi le contentent. Je désire avec passion la continuation de cette bonne intelligence »

Ibid., fol. 25. Chavigny au cardinal.

c A Saint-Germain, ce IS septembre 1638.

« Je viens de quitter présentement le Roi : il m*a commandé

de faire ses recommandations de sa part à Monseigneur et de le conjurer d'avoir un soin particulier de sa santé à cause de la quantité de maladies qui courent. J'avoue n'avoir jamais vu Sa Migesté en l'humeur qu'elle est. L'inclination va mieux que Jamais, et la créature se conduit comme il faut, môme à l'yard de la Dagorne^ »

Ibid., fol. 71. Le même au même.

« Je ne dirai rien à votre Éminence des particularités du cabinet, tout y allant à perfection pour votre Éminence. M™* de Haa-

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