‹ Madame de HautefortChapitre 15 sur 182 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

femme à la cour qui ne fit des yœux pour en être seulement regardée ^

Aujourd'hui que nous pouvons embrasser le cours catier du xvu« siècle et mesurer son progrès presque régulier depuis les glorieux commencements de Henri IV jusqu'aux dernières et tristes années de Louis XIV, il nous est bien facile de comprendre et d'absoudre Richelieu. Nous concevons que, pour en finir avec les restes de la société féodale, pour mettre irrévocablement le pouvoir royal au-dessus d'une aristocratie excessive, mal réglée, turbulente, pour empêcher les Protestants de former un État dans rÉtat et les faire ployer sous la loi commune, pour arrêter la maison d'Autriche, maîtresse de la moitié de l'Europe, pour agrandir le territoire français, pour introduire un peu d'ordre et d'unité dans la société nouvelle, pleine de force et de vie, mais où luttaient les éléments les plus dissemblables, il fallait une vigueur extraordinaire, et peut-être pour quelque temps une dictature éclairée, un despotisme national et intelligent. Hais le despotisme a besoin d'être vu à distance; de trop près, il révolte les cœurs honnêtes; et, tandis qu'aux yeux de la postérité la grandeur du but excuse en quelque mesure, non pas l'injustice, qui jamais ne peut être excusée, mais l'extrême sévérité des moyens, c'est alors la dureté des moyens qui, en soulevant une indignation généreuse, offusque et fait méconnaître la grandeur du but. Qui de nous, parmi les plus

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