‹ Madame de HautefortChapitre 158 sur 182 · Bautru, comte de Nogent · texte numérisé non relu

Bautru, comte de Nogent

S. Qu'elles ne sercùt point importunes.

suis bien aise que les cavaliers de Guise s'acquittent si bien de leur voyage. Je crois que J*ai trouvé le charme qu'il faut pour les prendre pour courriers; ceux qui portent cette lettre sont venus avec Gourville, qu'il a amené ^ exprès afin que vous sachiés son arrivée et sa diligence. Pour des nouvelles d'ici, après toutes celles que Nogent a mandées, il seroit difficile d'en dire aucune ; c'est pourquoi je m'en remets entièrement à ce qu'il en a écrit. Dites au confident que je suis bien aise qu'il se souvienne de ce que je lui dis en partant et qu'il s'en acquitte, puisque de lui lui viendra tout son bonheur, et que nous lui en souhaitons beaucoup. Gomme je suis fort aise qu'il face ce qu'il faut pour cela, je ne lui écris point puisque aussi bien il sait que vous serés l'interprète de ma lettre qui sert pour vous deux; mais je la finis en vous priant tousjours d'une même chose qui est de l'embrasser bien pour moi et de croire que je serai tant que je vivrai $• »

« A Compiègne, ce 3 août 1658.

a Le valet de pied arrivé ici hier au soir et votre lettre qu'il m'a portée m'a mise en grande peine, vous sachant souffrant bien du mal. Vous ne doutés pas que celui-là n'en face beaucoup sentir à d'autres personnes , puisque vous savés à quel point elles ont de l'amitié pour vous. Tout (ce) que je vous puis dire là dessus est qu'au nom de Dieu vous ayés bien soin de votre santé préférablement à toute autre chose, et je vous annonce que l'air de Calais où vous voulez aller me fait bien de la peine ; car vous savez qu'il est fort mauvais, et je le crois encore pis que jamais. Je vous souhaiterois en celui-d qui est le meilleur du monde, et tellement bon que le Roy est si bien remis qu'il ne semble plus qu'il ait été malade. Je meurs d'envie de savoir dans combien vous pourrez venir; c'est pourquoi, si vous le jugés à propos, faites-le-moi savoir afin que nous prenions nos mesures. Néanmoins, le confident vouloit vous attendre ici, et pour moi je crois que vous n'en doutés pas; mais l'entends qu'il parle souvent de Fontainebleau et qu'il ne seroit pas nu;hé d'y être. Il m'a pourtant dit de tous écrire que cela lui étoit indifférent et qu'il vouloit vous attendre ici. Vous nous manderés là dessus ce que vous voudrés, et, si nous nous rendons * devant, tout ce qu'il faudra faire à Paris, et surtout sur toutes les cabales qui s'y sont faites pendant la maladie du Roy. M. de Fréjus*

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