‹ Madame de HautefortChapitre 163 sur 182 · Les éditions : je pense · texte numérisé non relu

Les éditions : je pense

5. Mil* de Scndéri, ou M»* de Sablé, ou M. de Sonrdis, ou quelqu'autre uni et admirateur à nous inconnu de la belle dame.

libre ; et elle parolt si proportîADDée entre U physionomie délicafe et relerée, qa*on la )ugeroit infailliblement digne dn trône, si nous vivions parmi des gens qui donnassent la couronne aux femmes les plus majestueuses, et les moins contraintes dans la bonne gr&ce. Olympe a les cheveux d'un bran clair, unis et déliés; la quantité et la longueur en sont si merveilleuses qu'elle en seroit toute couverte, si son adresse non pareille ne les relevoit an derrière de sa tète, et ne les y attachoit en mille façons qui composent sa coiffure : le peu qu'elle en laisse tomber aux côtés sont annelés , et tiennent frisés par le temps humide comme par le sec; en sorte que les jours qu'eUe s'abandonne à la nonchalance, ou les jours qu'elle prend soin de s*£ûu3ter, ils accompagnent toujours agréablement le tour de son visage. Sa peau est blanche, le cuir en est délicat, et son teint a une vivacité qui ne meurt jamais , non pas même dans les momens où Olympe est accablée de langueur. Le coloris de ses joues est si beau qu'on diroit que la neige y veut ensevelir les roses, et que les roses y rougissent de dépit et de honte de se voir ensevelies par la neige aux endroits qu'il faut pour en faire la beauté la plus parfaite. Ses yeux sont de ce bleu éclatant, qui suit de si près la lumière du soleil ; et la foiblesse de ceux qui osent les regarder fait qu'on s'aper* çoit assez de la force de leur éclat. Son nez est aquilin, et jamais il n'en sortit un mieux tourné des mains de la nature. Ses lèvres sont d'un rouge admirable; et l'on pourrolt assurer que toutes lesgrftces se sont venues loger sur sa bouche, si sa bouche n'étoit point trop petite pour les contenir toutes , et si on ne les voyoit point briller autour, et sortir avec ses paroles par une porte d'ivoire qull semble que ses dents ont formée :

Non sa come amor sana e come ancide, Chi non sa come dolce ella so^ira B come dolce parla e dolce ride.

« Son col et sa gorge ont sans doute la blancheur et le plein que les personnes connoissantes désirent pour la perfection de ces parties qui sont ordinairement imparfaites, même aux plus grandes beautés; mais il faudroit avoir une vue de lynx pour percer tout ce qui empêche de les voir; car la modestie d'Olympe est si grande, que non>seulement ne s'amusant plus à emprunter le secours des afféteries et des mouches pour parer son visage, elle cache avec an extrême soin ce que la sage austérité a toujours ordonné, et ne montre même ses bras et ses mains, qui sont de la dernière beauté, qu'autant que le permet la sévère bienséance, et qu'il est nécessaire à l'usage, dont elle ne peut se dispenser. Au reste. Olympe a le ton et l'accent tendre et passionné; ce qui a fait dire d'elle fort galam-

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