‹ Madame de HautefortChapitre 174 sur 182 · IV* LETTRE · texte numérisé non relu

IV* LETTRE

« A Monsieur, Monsieur le marquis éCHotefort.

(( Mon cher frère, je vous demande pardon si Je ne voas ai pas écrit plus tôt. J*ai essayé à trouver des excuses ; mais cela m'a été impossible. Vous dites que le Roi sera bientôt à Paris , mais allant en tous les lieux que vous me mandez, Je crois cela bien difficile. J*en meurs de déplaisir. Vous croyez que je m*ennuie extrêmement, mais je vous assure que, hors de certaines personnes que vous connoissez, j*aimerois presqu*autant être ici. Je ne nomme point M*>** de La * ni vous, car vous save^ bien que cela ne peut que cela ne me f&che bien fort, n'étant pas auprès d'elle. M. le cardinal de Lyon me fait Thonneur de me venir voir fort souvent, et M. d'ÂUncourt, et la comtesse de Tallard, et quatre autres dames que vous ne co"noissez point, et qui sont fort honnêtes femmes. Tous ceux qui me connoissent et qui passent par ici me viennent voir. Vous allez bientôt voir M. d'Hautefort; je ne lui écris point; mais vous lui dires que j*ai été malade. Je vous prie qu'en attendant que vous vous en alliez, me bien mander des nouvelles , car nous n'en savons point. Je vous prie, ne soyez point paresseux et me croyez, mon cher frère, votre très humble sœur et servante.

« D'HoTEPoaT. »

« Le 86 de ce mois, t tt Datez vos lettres.

Louis XIII, atteint de la maladie qui décimait l'armée, revint à Lyon à petites journées, et il y arriva le 7 août 1630; il fut forcé d'y rester entre la vie et la mort jusqu'à la fin de septembre (voir la Jeunesse de Mazarin^ par M. Cousin, pages 167 et 519). Il est probable que la lettre de M"« de Hautefort a été écrite, comme celle de son frère à laquelle elle répond, avant la maladie du Roi; autrement elle aurait certainement parlé de ce grave incident. On peut supposer encore qu'elle n'écrivit

LETTRES INÉDITES DE MARIE DE HAUTEFORT. 4î9

qu'assez longtemps après, lorsque le souvenir en était déjà presque effacé.

Le cardinal de Lyon est le frère de Richelieu; M. d'Alincourt était gouverneur du Lyonnais; M"* la comtesse de Tallard est la grand' mère du maréchal de ce nom. Quant à M"* de La *, il paraît que l'écriture est illisible, et que les mots qui manquent ont été effacés par le doigt en écrivant, selon ce que conjecture M. Tabbé Blampignon.

Le « M. d'Hautefort » que a doit bientôt voir » M. le marquis de Hautefort est sans doute un parent plus ou moins éloigné du frère et de la sœur.

Le 26 de ce mois est sans doute le 26 juillet. Marie de Hautefort, qui recommande à son frère de dater ses lettres, ne prêche pas d'exemple; et les indications qu'elle emploie elle-même sont bien peu précises. 11 est vrai que son frère devait au moins savoir l'année et le mois où on lui écrivait. La postérité a besoin de plus d' éclaircissements.

Page 1