CHAPITRE TROISIÈME
devait y admirer le plus de TéléYation ou de la bonté. Assez libre et même un peu fière avec les grands, elle était douce aux inférieurs, et d'une bienfaisance égale à son désintéressements Elle était donc hono-
d'elle, c'est-à-dire toujoars tendre et passionnée. Aussi prend-elle an particulier divertissement à la comédie, et au concert des violons qui touchent les sens, et réveillent si agréablement les belles idées... Olympe a le ton et Taccent tendre et passionné, ce qui a fait dire d'elle fort galamment à Tun de ses amis, qu'elle étoit pétrie de passion, et cela est vrai. Elle sait jouer de la guitare, touche Tangélique d'une manière extraordinaire, et si elle n'y avoit rien négligé, on peut dire qu'elle y auroit excellé. Elle chante bien, et quoique sa voix ne soit pas des plus grandes et des plus belles, l'oreille se tromperoit assurément, si on ne jugeoit qu'elle est des plus douces et des plus charmantes. » — Quant à Part d'écrire de Jolies lettres, lorsqu'elle s'appliquait un peu, on en peut juger par la lettre à la fois solide et charmante à M"" de Sablé sur les Maximes de La Rochefoucauld que nous avons publiée pour la première fois en toute sa pureté, avec deux autres billets aussi fort bien tournés, M°^ DE Sablé, chapitre m, p. 151, etc. On trouvera encore quelques lettres, toujours spirituelles mais très-négligées, dans sa Vie manuscrite.
1. Vie imprimée : « Elle a le cœur d'une reine et d'une héroïne; elle est bonne, libérale, bienfaisante, et on peut dire avec vérité que lamais personne malheureuse n'est sortie d'auprès d'elle sans être consolée, ou de ses conseils ou de ses présents. Elle a toujours compté que son bien et son crédit ne lui étoient donnés que pour adoacir les misères de son prochain, de quelque qualité qu'il fût. D'abord que leurs besoins étoient allés jusqu'à elle, elle ne songeoit plus qu'aux moyens de leur faire des présents, d'une manière qui oe parût pas une aumône, pour leur en ôter la confusion. Combien art-elle donné de grosses pensions à des filles et à des femmes de qualité, pour empêcher que la nécessité ne les obligeât de prendre d'autres secours par de méchantes voies! Et dans tous les états et ûans tous les lieux qu'elle a été pendant sa vie, soit à la cour, favolite du roi et de la reine, sa mal tresse, soit mariée et duchesse, Bon hôtel a toujours été rempli de personnes qu'elle a fait subsister, ^ <iui avoient besoin de son secours. »
rée et aimée de tout le monde, et par-dessus tout cela les grâces incomparables de sa personne semaient autour d'elle les adorateurs.
Nous avons dit un mot de la passion respectueuse qu'éprouva pour elle La Rochefoucauld ^ Elle inspira le même sentiment à l'impétueux Charles IV, duc de Lorraine, et le triomphe de sa chaste beauté est d'avoir un moment transformé l'amant de M"** de Chevreuse, de Réatrice de Cuzance et de Marianne Pajot, en un héros de TAstrée et du grand Cyrus. Le duc l'aima sans oser se déclarer autrement que par une galanterie empruntée aux romans à la mode. Dans un combat, soit à Nordlingen, soit à Tudelingen, où Charles IV déploya de grands talents militaires couronnés par la victoire, ayant fait prisonniers deux gentilshommes français dont l'un avait servi avec le jeune frère de M"® de Hautefort, il lui demanda s'il connaissait cette dame. Ce gentilhomme ayant répondu qu'il l'avait vue très-souvent à la cour, Charles IV leur dit à tous les deux : « Je vous donne « la liberté, et ne veux pour votre rançon que l'hon- (( neur de savoir que vous avez baisé de ma part la « robe de M"* de Hautefort*. » Ce qui fut ponctuellement exécuté.
Elle eut un peu de peine, comme nous l'avons vu', à réprimer la violente passion du brillant marquis de