CHAPITRE QUATRIÈME
tTAT DSS APFAXBBS AU DÉBUT DB LA R^SOBNCB. ANITB D'aUTRICHI ABANDONIIB PBU A PBU SON ANCXBIV PARTI BT BMBRASSE LA POLITIQUE DB RICHBUBU ET DB HAZARIN. — BLLB AIMB MAZARIN. — M">« DB HAUTBFORT BB8TB FIDÈLB AUX ANCIBNS AMIS DB LA RBINB BT CONDAMNE SA LIAISON AVEC LE CARDINAL.-^ REFROIDISSBMBNT GRADUEL D'ANNB D'aUTRICHB POUR SON ANCIENNE FAYO- UTB. — APPUIS DB M»* DB HAUTEFORT A LA COUR : AFFECTION QU'BLLB INSPIRAIT A TOUT LE MONDB ; OOUT PASSIONNÉ DU JEUNB LOUIS XIV POUB LA BELLE DAMB d'aTOURS; SES AMIS; CHARLES DE SCHOMBBRO RECHBRCHB SA MAIN. — LXnrB DÉCLABiB DB M*« DB HAUTEFORT BT DE MAZARIN.
Revenue auprès de la Reine à la fin de mai 1643, M"»* de Hautefort pouvait se promettre, ainsi que nous Tavons dit, de longs jours heureux. Elle était dans tout l'éclat de la jeunesse et de la beauté, au comble de la considération et de la faveur. Anne d'Autriche lui avait promis de Taimer toute la vie. Cependant, au bout de quelques mois, le charme de l'ancienne amitié était à jamais rompu, et une année n'était pas écoulée que M"»« de Hautefort recevait Tordre de quitter la cour.
De quel côté étaient les torts? Qui faut-il accuser d'Anne d'Autriche ou de sa belle favorite? Ni Tune ni
74 MADAME DE HADTEFORT.
Tautre. Tout le mal vint d'une situation nouvelle, qui, en s'établissant peu à peu, les séparait inévitablement. Anne d'Autriche, devenue régente, changea de politique; elle renonça à ses desseins et à ses amis pour prendre ceux de Richelieu, présentés par une autre main. M°® de Hautefort au contraire resta fidèle aux anciens desseins et surtout aux anciens amis de la Reine.
La gloire d'Anne d'Autriche, dans la postérité, est d'être arrivée au pouvoir, traînant après elle quinze ans de malheurs et de persécutions, d'amers et profonds ressentiments, avec une foule d'amis qui, pour elle, avaient bravé la mort, l'exil, la prison, et de n'avoir pas tardé à reconnaître que l'intérêt de la France, de son fils et de la royauté exigeait d'elle le sacrifice de ses amitiés et de ses haines, et de tous ses anciens engagements. Elle semblait destinée, en 1643, à devenir une autre Marie de Médicis. C'était le parti de la reine mère qui avait combattu pour elle ; et, après avoir partagé sa disgrâce, il comptait bien partager son crédit. La politique de ce parti était au dehors la paix, l'alliance espagnole, l'abandon de l'alliance protestante, au dedans le rétablissement de l'anarchique autorité des princes et des grandes familles, la domination des évêques sous le manteau de la religion, et celle des parlements sous celui de la liberté, en un mot le retour à l'ordre de choses que Louis XIII et Richelieu avaient entrepris de faire cesser. Qu'on nous permette d'éclairer ce moment critique et glorieux de notre histoire par un souvenir de notre temps. Lorsqu'en 1814 et 1815 la maison de