CHAPITRE QUATRIÈME
créature de Richelieu. Elle apprenait au jeune roi à détester la onémoire du cardinal, et elle poussait la haine jusqu'à insulter son portrait*. Accompagnant Anne d'Autriche dans ses visites aux Carmélites, au Val-de-Grâce , aux Filles-Sainte-Marie, elle excitait les bonnes religieuses à lui parler au nom de sa réputation et de son salut*. Elle était de la ligue du père de Gondi, du père Vincent, de Févéque de Lisieui. Elle travailla pour Châteauneuf, puis pour de Noyers, ancien ministre de Louis XIII, actif, laborieux, capable, qui de plus affectait une dévotion profonde, et se recommandait de l'appui des Jésuites, des couvents, du père Vincent, et de la mère Jeanne, la carmélite, si puissante auprès de la Reine ^. L'é- Têque de Beauvais voyant donc M"* de Sénecé si animée la conjura d'être leur interprète auprès d'Anne d'Autriche et de l'avertir du mauvais effet ({ne faisaient sur les honnêtes gens ses longues et perpétuelles conférences avec Mazarin^. Mais M""^ la
1. m* Carnet, p. 32 : « A Chalioto (GhaiUot), Senese disse yidendo il ritratto del cardinale : Eccolà quel cane ; e il re disse : Date mi ona balestra per tirarli. »
2. Ibiâ., p. 30 : « M™* di Senese e Otfort hanno fatto grandissimi ifoTzi con la madré Angelica, figlia di M. di Vandomo, perche parlasse à S. Maestà contro di me. »
3. IV* Carnet, p. 1 : « Che M. di Noyers viene con gran disegni, ecbesotto proteste di renderconto à S. M. dei bastimenti, li tratbffà di cose che saranno capaci di farli prénder gran risolutioni. Prétende haver tutta la casa di S. M. per lui, li Jesuiti, li monasterii, li deyoti, e particolarmente M. Vincent. » — « Visita di M. di Noyers d& M">* di Senese, Limoges. » V* Carnet, p. 06 : « M'>'* di Senese più alterata che mai. De Noyers la conaiglia e tutta questa caballa ha cattivissima yolontà. »
4. C'est Mazarin lui-même qui nous rapprend. H* Carnet, p. 105 :
gouvernante s'était trop bien dédommagée de sa première disgrâce pour chercher une disgrâce nouvelle, et son ambition immodérée pour elle et pour les siens ne Tempéchait pas de ménager haMement Ie$ apparences. Elle trouva |^us sûr de rester dans Tombre de ses pieuses intrigues, et n'osa p^^ se commettre ouvertement avec le premier ministre. Il fallait une âme tout autrement désintéressée pour se charger d'une mission aussi périlleuse, et NL'^ de Sénecé la renvoya à M"* dé Hautefort.
L'intrépide et noble femme l'accepta comme de son côté l'avait acceptée Cîospéan, et elle parla avec autant de force que le digae évéque^ Elle n'eut pas un autre sucoès. « Anne d'Autriche, dit u& homme qui la connaissait bien% étoitlacile à persuader : elle
n Bovè (révêqae de Beauvais] a Sénese di parlar a S. M. perche non mi vedesse cosi sorente per sua riputaâone. »
1. Mémoires de La Porte, p. 406 : k Ses aenriteurs (de la Reine) qui la voyoieDt courir à sa perte eurent recours à M°*® de Hautefort parce qu'il n'y avait personne à la cour qui dût ôtre mieux dans son esprit quelle, tant par ses services que par sa vertu. M™* de Senecey fut de ce nombre, et beaucoup d'autres qui étoient bien aises qu'elle cassât la glace et dit librement toutes choses à la Reine. Elle qui n'en disoit que trop pour le peu que cela servoit, ae piquant de générosité, voulut servir la Reine en dépit d'elle.» IP Carnet, p. 39: « È publico cfaechi vuol far dire qnalche cesa liberamente alla regina si addirizza a Otfort e a S. Luis (M^* de Saint- Louis, une des plus anciennes filles d'honneur de la Reine).» HP Carnet, page 83 : « Che si fanno continue assemblée contro di me dà Senese, Otfort, S. Luis. » Ibid,, p. 92 et 93 : « Che Otfort con Senese et tutta la casa délia Regina era contro di me e per Chatonof, e che io con tutta l'affèctione délia ^egiaa avrei iatto assai se mi fosse cooservato questo anno. »