Ar°« de Motteville, ibid.; Montglat, ibid
son esprit et ses grâces charmèrent la Reine presque autant que le Roi, et la favorite de Louis XIII devint aussi celle d'Anne d^^utriche.
La première galanterie déclarée du Roi envers M"« de Hautefort fut à un sermon où la Reine était avec toute la cour*. Les filles d'honneur étaient, selon l'usage du temps, assises par terre. Le Roi prit le carreau de velours sur lequel il était à genoux, et l'envoya à M"* de Hautefort pour qu'elle se pût commodément asseoir. Elle, toute surprise, rougit, et sa rougeur augmenta sa beauté. Ayant levé les yeux, elle vit ceux de toute la cour arrêtés sur elle. Elle reçut ce carreau avec un air si modeste, si respectueux et si grand qu'il n'y eut personne qui ne l'admirât. La Reine lui ayant fait signe de le prendre, elle le mit auprès d'elle sans vouloir s'en servir. Il n'en fallut pas davantage pour lui attirer encore plus de considération qu'auparavant. La Reine fut la première à la rassurer; elle voyait tant d'estime du côté du Roi, et tant de vertu du côté de M"« de Hautefort, qu'elle devint leur confidente.
Les mémoires du temp^ abondent en piquants détails sur ces premières et platoniques amours de Louis XIII. Écoutons Mademoiselle ' : « La cour étoit fort agréable alors. Les amours du Roi pour M"« de Hautefort, qu'il tâchoit de divertir tous les jours, y contribuoient beaucoup. La chasse étoit un des plus grands plaisirs du Roi ; nous y allions souvent avec