MAXIMES CHRÉTIENNES
ATTRIBUEES A
Les Maximes chrétiennes [de Mme de la Sablière] ont été publiées en 1705 dans un volume intitulé: Réflexions ou Sentences et Maximes morales de Monsieur de la Rochefoucauld, Maximes de Madame la marquise de Sablé. Pensées diverses de M. L. D. et les Maximes chrétiennes de M**** (1).
Elles occupent les pages 277 à 310 du volume et sont au nombre de cent. Les deux dernières pages renferment la table.
On lit à la page 277 : « Ces Maximes chrétiennes ne seront peut-être pas inutiles, et c'est ce qui a déterminé celui qui les a composées de les donner au public. »
Ainsi, non seulement Mme de la Sablière n'est pas nommée, mais on parle de celui qui les a composées comme s'il vivait encore en 1705.
Les mêmes Maximes ont été réimprimées en 1725, dans les Réflexions, sentences et maximes morales, mises en ordre, avec des notes politiques et historiques, par M. Amelot de la Houssaye. Nouvelle édition, corrigée et augmentée de Maximes chrétiennes (2).
L'approbation signée Blanchard est datée du 16 octobre 1724. Les Maximes sont placées à la fin du volume (p. 251 à 276), et précédées de cet avis au lecteur :
« Ces maximes chrétiennes aiant été ajoutées à l'édition qui fut faite à Amsterdam en 1705, et n'aiant point paru dans l'édition des Réflexions, Sentences et Maximes morales avec les notes de M. Amelot de la Houssaye, qui a été imprimée à Paris en 1714, on a cru faire plaisir au public de les lui donner. »
L'édition a été dédiée par R. Pichet à M^ Balthazard Henry de Fourcy, docteur de Sorbonne, abbé de Saint-Wandrille, protecteur d' Amelot. Les notes publiées proviennent, paraît- il, de la bibliothèque de ce prélat, car on lit dans l'avertissement du libraire :
« Au reste, la reconnaissance exige qu'on marque en finissant à qui l'on est redevable de la publication de cet ouvrage. On la doit à un homme de qualité, qui avoit le manuscrit en sa disposition,
(1) A Amsterdam, chez Pierre Mortier, libraire, avec frontispice gravé de l'Amour de la vérité, 1705, in-12 de 310 pages plus 18 autres, non paginées, contenant les tables.
(2) A Paris, chez Etienne Ganeau, rue Saint-Jacques, vis-à-vis la fontaine Saint-Séverin, aux armes de Bombes, 1725, in-12 de 276 pages, plus 6 autres non paginées contenant les tables. La table des Maximes occupe la dernière page.
et qui, par le zèle qu'il a pour tout ce qui peut contribuer à la gloire des lettres, s'est fait un plaisir de le communiquer au public. »
S'agit-il du manuscrit publié par Amelot et par l'abbé de la Roche, ou du manuscrit de nos Maximes chrétiennes?
Il n'est pas question jusqu'ici de Mme de la Sablière.
L'édition de 1725 a été réimprimée avec une seule table et sous le même titre en 1743 (1).
Dans ces éditions de 1725 et de 1743, ni M. de la Rochefoucauld ni Mme de la Sablière ne sont cités, mais dans le Privilège de l'édition de 1743, délivré à Etienne Ganeau le 22 juin 1736, il est dit qu'on a joint aux Réflexions les Pensées de Madame de la Sablière^ mises dans un nouvel ordre. C'est la première fois que le nom de Mme de la Sablière est prononcé.
Dans une autre réimpression des Réflexions publiée en 1754, toujours sous le même titre, et avec une seule table (2), l'avertissement et le privilège ne font aucune mention de Mme de la Sablière.
C'est seulement dans l'édition intitulée les Pensées, Maximes et réflexions morales de François VI, duc de la Rochefoucauld, avec des remarques et notes critiques, morales, politiques et historiques sur chacune de ces pensées, par Amelot de la Houssaye et Vahbé de la Roche, et des Maximes chrétiennes par Madame de la Sablière, approuvée le 3 octobre 1776, et publiée en 1777 (3), que les Maximes chrétiennes de Madame de la Sablière ont été numérotées et mélangées à celles de La Rochefoucauld (p. Lxviii-Lxx). Une table spéciale, placée en tête du volume, permet de les y retrouver facilement. De même que dans les éditions de 1725, 1743 et 1754, on lit à la page viii de l'avertissement des libraires :
« Pour ne laisser rien à désirer sur ce sujet, on a joint aux Pensées de M*** [le duc de la Rochefoucauld], celles de Mme *** [de la Sablière], cette illustre femme, qui a été l'honneur de son sexe et de son siècle, et dont la mémoire sera en vénération tant que l'on respectera l'esprit, le savoir, la politesse et la vertu. On a cru qu'on ne devoit pas séparer des Maximes et des Pensées qui sont parfaitement conformes les unes aux autres, qui concourent à la même fin, et sur lesquelles Amelot de la Houssaye avoit également travaillé (4). »
(1) A Paris, chez la veuve Ganeau, rue Saint- Jacques, aux armes de Dombes, avec le frontispice de l'Amour de la vérité, in-8o de 370 pages, plus en tête XXIV autres.
(2) Paris, Ganeau, Bauché et d'Houry, in-So de 348 pages, plus en tête xxvm autres.
(3) A Paris, chez Pissot, libraire, quai des Augustins, 1777, in-12 de 448 pages. — Walckenaer signale une autre édition in-12 publiée la même année à Paris, par Savoye, libraire. Cf. Histoire de Jean de la Fontaine, Paris, Nepveu, 1820, in-80, p. 422.
(4) Dans cette édition de 1777, les Maximes annotées par l'abbé de la Roche,