De Vahhé de Rancé à Mme de la Sablière
30 juillet... [1688].
Je ne perdrai pas le temps de faire ce qui pourroit vous mettre dans la tranquillité que vous désirez avec tant de raison. M?
1() Cette lettre à M. [Maisne] paraît être de l'année 1688. Cf. n»' 3, 4, 7.
(2) (Le R. P. C).
(3) (L'hospice des Incurables).
(4) On lit en tête de cette lettre, qui précède dans le manuscrit A celles de
Si je ne réussis pas, je puis vous répondre que je ne gâterai rien. J'aimerois mieux vous pouvoir donner la paix au milieu du trouble que de vous tirer de vos peines, mais c'est l'œuvre de Dieu purement et directement. Il faut toujours de notre part nous laisser tomber sous sa main avec le plus d'abandon et le moins de réflection que nous pouvons. C'est un grand gain pour nous de perdre notre âme, puisque nous ne pouvons manquer de la retrouver.
A. No 4.
12, — [De Mme de la Sablière à Vabbé de Rancé.]
Fragment. [1688.]
Cette aventure n'a fait que me porter et m'attacher à Dieu davantage (1), en me faisant sentir et connoitre qu'il n'y a plus que luy pour moy, et que je ne dois espérer ny recevoir aucunes consolations humaines, quelque légitimes qu'elles fussent. J'ay trop abandonné Dieu toute ma vie pour ne devoir pas réparer mon injustice par une mort à tout. Mon orgueil a (2) esté toujours celuy du diable, et d'autant plus que je l'ai (3) toujours si bien déguisé que le monde ne s'en apercevoit pas, parceque je luy paroissois modeste et humble à la manière que le monde l'entend qui ne juge que par l'apparence ; mais je sens bien présentement que je n'en estois que plus abominable aux yeux de celuy qui sonde les cœurs, car je me déguisois alio fastu.
F. Fragment 10.