De Mme de la Sablière à V abbé de Rancé
Ce 23 février [16]89 (7).
Permettez moy, (8) M. T. R. P., de commencer ce caresme par vous demander votre bénédiction ; il me semble qu'elle me ^ donnera des forces pour le passer. Je tiens tellement à vous, et j je vous dois tant, puisque la dernière décision que vous avez eu la bonté de me donner, m'a donnée à Dieu avec tant de détermination que je ne puis vous en rendre assez de grâces. Ne m'abandonnez pas dans vos prières, et demandez à Dieu la continuation des grâces qu'il me fait de me faire sentir tous les jours de plus en plus que tout ce qui est au monde est un pur néant hors d'estre à luy. Je me sens dans un calme sur cela que rien ne (9) peut vous le faire comprendre tel qu'il est. Tout ce qui m' arrive de la part de ma famille, qui est encore pleine de troubles par les malheureuses affaires qui y sont arrivées, et par ma mauvaise santé, ne me tire pas un moment de Testât heureux où vous m'avez mise en m'assurant que mon état sera agréable à (10) N. S.,
(1) Du.
(2) C'est.
(3) Que l'on.
(4) Sert-il d'avoir quitté le reste?
(5) Et bonnes festes.
(ô) Mon très révérend père.
(7) 3« février 89 (date inexacte. Le 23 février était le mercredi des Cendres).
(8) Mon très révérend père.
(9) Vous peut le.
(10) Nostre Seigneur.
pourvu que j'y sois fidèle. C'est le seul désir qui me reste (1), de vivre pour luy seul, et c'est sur quoy principalement je vous demande vos prières, (2) M. T. R. P., et sur la persévérance dont on ne peut jamais estre assuré ; je sens toute l'humiliation que cette crainte peut donner. Je vous demande très humblement pardon du temps que je vous demande pour ma consolation de ce caresme, mais je suis assurée que vous me le donnerez de bon cœur quand vous penserez que rien au monde n'a jamais fait sur moy ce que vos paroles opèrent dans mon cœur. Je suis, (3) M. T. R. P...
A. No 27.
F. Lettre 14.