CHAPITRE IV
\Iariage de Mme de la Sablière : son bonheur trop court. — Mort de Nicolas de Rambouillet ; La Sablière prend la suite de ses affaires ; son faste. — Mort de Gilbert Hessein ; sa succession est obérée. — La Sablière maltraite sa femme, la relègue à l'hospice de Charonne et l'oblige à demander une séparation de corps et de biens, qu'elle obtient le 30 mai 1668. — Elle proteste contre les signatures qu'il a exigées d'elle. — Antoine Menjot la conseille et la soutient. — Relations de ce dernier avec la marquise de Sablé, avec Pascal. — Les États de Hollande lui offrent une chaire de professeur à Leyde, qu'il refuse.
Ce fut le 15 mars 1654, par un beau soleil de printemps, qu'Antoine de Rambouillet conduisit à Charenton sa jolie jQancée (1). Une longue file de carrosses partit en bon ordre le la Folie- Rambouillet pour s'arrêter à la porte du temple. iDe hautes personnalités de la cour et de la finance s'y pressaient en foule. Marguerite, charmante enfant de quatorze lans à peine, était alerte et bien tournée. Sa timide tendresse 30ntrastait avec l'assurance d'un fiancé que des succès faciles avaient rendu sûr de lui-même.
Quelques jours auparavant, le 20 février, leur contrat de mariage, reçu par de Bierne, notaire au Châtelet de Paris, avait été signé rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, dans l'hôtel de Gilbert Hessein, qui y avait réuni nombreuse et brillante compagnie. On y trouvait au premier rang Henry
(1) Registre des mariages publiez et célébrez en l'église réformée de Charenton. Année 1654, p. 99. Cf. Pièces justificatives, nP III ; — G. DESNoraKSTERBES, Cours galantes, t. I, p. 172. La date de 1665 donnée par P.-L. Rœderer est donc inexacte. La future avait quatorze ans, et non dix-sept. Mémoire pour servir à '.'histoire de la société polie en France, p. 243, 249.
de Massue, sieur de Ruvigny, premier veneur et faucon] nier du duc d'Anjou (dont il est si souvent parlé dans lei lettres de Mme de Maintenon), député vers la cour par lei églises prétendues réformées, et qui était alors un puissant personnage (1).
Étaient présents : Nicolas de Rambouillet, seigneur di Plessis, et Anne Gangnot, sa femme, père et belle-mère di futur ; Nicolas de Rambouillet, Paul de Rambouillet du , Plessis, Pierre de Rambouillet de Lancey, ses frères ; Cathe- 1' rine de Rambouillet, veuve de Jacques du Monceau, écuyer, seigneur de Lestang, Elisabeth de Rambouillet et Gédéon Tallemant, seigneur des Réaux, son mari, ses sœurs et beauxfrères ; François Tallemant, aumônier du roi et prieur de Saint-Irénée de Lyon, son cousin ; Gilbert Hessein, père de | la future ; Marie Hessein, veuve de M® Isaac Rigoumier, conseiller en la cour des monnaies, sa tante paternelle ; Paul Menjot, écuyer, seigneur de la Creuse, conseiller du roi, trésorier de France et général des finances à Alençon, Antoine Menjot, conseiller et médecin ordinaire du roi, ses oncles maternels ; Georges de Clermont, chevalier, marquis de Saint-Aignan, son cousin germain à cause de Madeleine Gaudon, sa femme, et Anne Hosqueper, veuve d'Adam de la Planche, écuyer, sieur de Cocos, et future belle-mère de Mme de la Sablière.
Maucroix composa un madrigal de circonstance :
Hymen s'en va donc lier
Notre grand Madrigallier (2) ;
De ses feux la belle cause A bon droit le choisit entre tous ses rivaux, S'il sçait faire quelqu' autre chose Aussy bien que des Madrigaux.
Le sujet ne l'avait que médiocrement inspiré.
Gilbert promettait à sa fille 100 000 livres tournois, somme alors considérable, pour ses droits sur la succession de sa mère et en avancement d'hoirie sur ses biens personnels.
(1) Ruvigny avait épousé Marie Tallemant, cousine germaine du futur,
(2) « On l'appelle ainsi parce qu'il fait bien d-es madrigaux et qu'il ne faitguères que cela. M. Conrart, en riant, lui en expédia des lettres. » Cf. Bibliothèque nationale, ms. fr. 19 142, fol. 105 verso ; — L. Roche, la Vie de Jean de la Fontaine, 3» éd., Paris, Pion, 1913, in-12, p. 49, note 3.
D'autre part, Rambouillet assurait à La Sablière 150 000 livres pour fortune présente et future. Il s'engageait en outre à loger et à nourrir les jeunes époux dans son hôtel de la rue Neuve-des-Fossés-Montmartre, avec cinq serviteurs ou servantes et deux chevaux de carrosse, à raison de 1 500 livres par an.
Les dots (en partie du moins) furent versées aux époux le 24 mars 1654. A cet effet, Nicolas de Rambouillet paya comptant 46 000 livres et fit transport à son fils d'une maison située rue Neuve-des-Fossés-Montmartre, estimée 36000 livres, et d'une rente de 1080 livres, au principal de 18 000 livres, assise sur les biens de Pierre de Croismare et de Judith de Clermont. Gilbert Hessein n'apporta que les deux tiers de la dot promise (1).
Les premières années du mariage d'Antoine et de Marguerite furent heureuses. Parents à un degré rapproché, élevés dans le même culte et dans le même milieu, ils éprouvaient l'un pour l'autre, à défaut d'un amour passionné bien rare en pareille occurrence, une amitié sincère, et le mariage n'apportait qu'un nouveau lien à cette fraternelle affection. La tendresse d'un jeune mari, l'opulence du ménage, une liberté relative, des relations brillantes, procurèrent à Marguerite une existence agréable et gaie. Dieu bénit bientôt cette aimable enfant. Elle avait à peine quinze ans quand naquit Anne de Rambouillet. L'année suivante vint au monde un fils, nommé Nicolas, et, deux ans plus tard, Marguerite, qui fut Mme de la Mésangère.
Les étrangers de passage à Paris se faisaient présenter chez Mme des Réaux et chez Mme de la Sablière, « Le 15 (novembre 1657), écrivent deux Hollandais de marque (MM. de Villiers) dans leur journal de voyage, le sieur de Speyck nous mena voir Mme des Réaux, que nous n'avions pas encore saluée. Il faut avouer que c'est une personne fort agréable, qui reçoit civilement le monde et leur fait fort bon accueil. Il ne faut pas s'étonner que notre cousin de la Platte eût
(1) Cf. Pièces justificatives, n° II. ^
tant d'estime pour elle, car elle la mérite fort bien et la soutient avec esprit : elle en a beaucoup et est sans doute fort propre à aider un jeune homme à former le sien, ayant toute la vivacité et toute la douceur qu'on peut souhaiter en une personne de sa sorte. Nous y passâmes une couple d'heures, pendant lesquelles Mmes Tallemant et de la Sablière survinrent : cette dernière est fort bien faite et elle est d'une humeur fort enjouée (1). »
Antoine ne jouit que dix ans de l'hospitalité paternelle, Nicolas de Rambouillet mourut dans son hôtel de la rue Neuve-des-Fossés-Montmartre le 21 septembre 1664, à l'âge de quatre-vingt-huit ans. Il avait été lourdement taxé par la chambre de justice (2), et, malgré la réduction de droit faite à ses enfants en 1666, sa succession restait obérée de dettes relativement considérables. La Sablière transigea sur cette succession avec Nicolas de Rambouillet, son aîné, le 31 janvier 1667. Les deux frères étaient restés étroitement unis. Antoine renonça aux avantages qui lui étaient faits par son père et à tous les biens de sa mère. Il se contenta de la somme portée à son contrat de mariage, et la Folie- Rambouillet et les jardins de Reuilly furent attribués à Nicolas (3). A la fin du mois d'août 1667, Prévigny, capitaine au régiment de Picardie, autre frère de La Sablière, fut tué à Lille en Flandre, et Antoine en hérita pour une bonne part.
Le madrigalier prit la suite des opérations financières de son père. Il figurait dès 1657, sous le nom de Pierre Cou-
Ci) P. Faugère, Journal d'un voyage à Paris en 1657-1658, Paris, Duprat, 1862, in-80, p. 335.
(2) Les héritiers de Nicolas de Rambouillet furent taxés à 300 000 livres, et Rambouillet du Plessis et Rambouillet Sablière chacun à 200 000 livres. {Journal de M. d'Ormesson, maître des requêtes, contenant ce qui s'est passé à la chambre de justice de 1661 à 1665. Taxes de ceux qui ont été employés dans les finances du temps de M. Fouquet. Archives des Affaires étrangères, affaires intérieures, vol. 173, fol. 511.) La taxe sur les héritiers de Nicolas fut réduite à 2 000 livres, et celles d'Antoine et de Paul de Rambouillet maintenues, par arrêt du conseil d'État rendu le 5 juillet 1666 (Inventaire mobilier après la mort d'Antoine de Rambouillet, des 4 et 26 juillet 1679).
(3) Il s'y trouvait alors soixante-dix-neuf caisses contenant de superbes orangers estimés 300 livres. Transaction reçue par Bouret, notaire, le 31 janvier 1667. Inventaire des biens de Paul de Rambouillet, seigneur du Plessis, dressé par Bouret le 15 septembre 1667. — Inventaire dressé par Bouret, après la mort de La Sablière, les 4 et 26 juillet 1679.
lombe, pour un sol d'intérêt dans la taxe des francs fiefs de la généralité de Poitiers. De concert avec ses frères Nicolas de Rambouillet, maître d'hôtel du roi, et Paul de Rambouillet du Plessis, conseiller d'État, il fonda en 1661 et les 22 et 24 octobre 1663 trois sociétés qui prospérèrent rapidement (1), car leur famille était alors influente, riche et considérée. La collaboration de La Sablière était payée, en 1668, 8 000 livres par ses associés. En 1669 il prêtait 40000 écus au prince de Gond 9 (2), ce que peu de financiers eussent pu faire à cette date.
Il eut bien souvent l'occasion d'obliger ses amis et retrouva dans la capitale André Félibien, son initiateur aux splendeurs de la cité romaine. Ce dernier, débiteur de Paul de Rambouillet du Plessis, était devenu son associé le 13 octobre 1666, pour d'importants achats de blé dont il espérait bénéfice (3), mais Paul mourut l'année suivante, et Félibien dut recourir, le 12 avril 1670, à la générosité d'Antoine, qui lui prêta 2 730 livres. Conrart ne l'avait-il pas averti que La Sablière était d'une « très grande et reconnaissante famille, qui prenait plaisir à obliger et qui par conséquent ne s'emploierait pas sans chaleur pour lui, si elle lui pouvait être utile » (4)?
La Sablière fut pourvu, le 17 octobre 1667, de la charge de secrétaire du roi restée vacante par la mort de son frère Paul de Rambouillet du Plessis, qui la tenait lui-même d'Antoine de Rambouillet son père.
Une perte cruelle et dont les conséquences influèrent gravement sur l'avenir de son ménage atteignit bientôt après Mme de la Sablière. Son père, Gilbert Hessein, conseiller et maître d'hôtel ordinaire du roi, mourut le 16 avril 1661 dans l'hôtel de la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, qu'il habitait depuis vingt ans. La tendresse de sa fille adoucit
(1) Inventaire mobilier dressé par Bouret, notaire, après la mort de La Sablière le 4 juillet 1679 (minutes anciennes de M^ Charpentier, notaire à Paris).
(2) Conjointement avec Goisnel, fermier du duc de Bourbon. Mémoires de Gourville, collection Petitot, t. LU, Paris, Foucault, 1826, in-S^, p. 402-404.
(3) Inventaire des biens mobiliers de La Sablière (1679). Étude do M» Charpentier, notaire à Paris.
('») Cf. chapitre m.
seule ses derniers moments, car Anne Hoghidooclkeeper, sa seconde femme, avait quitté depuis longtemps déjà le domicile conjugal pour se retirer dans une chambre meublée, près de la place Maubert. Elle survivait encore à son mari en 1670.
L'inventaire mobilier de la succession du défunt fut dressé par Bouret, notaire au Châtelet (1). La maison mortuaire, siège de la banque Hessein-Regoumier, appartenait à M. de Meaux. Elle comprenait, en sous-sol, des caves et des cuisines, et au premier étage, deux appartements. L'un, celui de Gilbert, était composé de deux chambres sur la rue ; l'autre, dont trois chambres donnaient sur la cour, était occupé par Isaac Regoumier, neveu et associé de Gilbert.
L'antichambre du patron s'ouvrait sur une petite pièce tendue de tapisseries de Rouen et décorée d'un tableau représentant la Reine de Saha. Dans la chambre sur la rue, où était mort le banquier, se trouvaient deux miroirs bordés d'écaillé et d'ébène ; deux tableaux (la Vierge aux tulipes et une marine), une couche à hauts piliers, une chaire quaquetoire de tapisserie à l'aigaille, un coffre de nuit à serrure et pied noirci, une cassette de cuivre doré fermant à clef, qui renfermait un collier de diamants, des perles et des balances de cuivre avec trébuchet. Les armoires contenaient une riche garde-robe : justaucorps de moire noire, doublés de fourrures, manteaux de Hollande et de taffetas bleu fourré, casaques d'écarlate, chapeaux de castor, etc.
Mais cette succession se révélait tout autre que l'avait rêvée Antoine. Depuis de longues années, les bénéfices de la banque (2) avaient sensiblement décliné. Gilbert avait fait de grosses avances et payé les différences de son neveu Regoumier. La société se trouvait donc considérablement endettée, et ses créanciers se montraient irrités et récalcitrants. Il y eut de désagréables surprises, et la situation réelle
(1) 4-16 mai 1661. Certificat du 11 janvier 1664 constatant que Gilbert Hessein n'a laissé que deux enfants : Marguerite et Pierre (étude de M« Charpentier, notaire à Paris, 16, avenue de l'Opéra).
(2) On trouve parmi ses correspondants : à Paris, Jean Tavernier ; à Lyon, Rat et Maulichy; à Marseille, Pierre Baron; à Toulon, de Beurgues ; à Villefranche, de Sanzay ; à Bordeaux, Élie Benech ; à Rouen, Le Tellier ; à Orléans, Potonnier ; à Grenoble, Nicolas ; à Amsterdam, Caffart.
fut difficile à établir. Pierre et Marguerite Hessein acceptèrent d'abord sous bénéfice d'inventaire la succession de leur père, et Pierre en prit seul l'administration. Mais Marguerite, en butte à des poursuites incessantes, se décida en 1670 à renoncer à cette succession. Pierre persista plus longtemps dans sa lutte contre les créanciers, et ce ne fut que le 28 juin 1673 qu'il signa sa renonciation (1). Depuis longtemps déjà il demandait partage à sa sœur des sommes qu'elle avait reçues en mariage (2).
La Sablière et sa femme avaient vécu jusque-là dans la plus parfaite union. Malgré quelques fredaines du mari, Marguerite lui restait fidèle et soumise. « La libéralité des dames, a dit Montaigne, est trop profuse au mariage et esmousse la poincte de l'affection et du désir (3). » C'est cette « libéralité » que le financier reprochait sans doute à sa jeune épouse. La candeur de Marguerite était trop grande, son cœur trop simple et trop pur pour qu'Antoine pût la comprendre ; il était trop corrompu pour apprécier le trésor qui lui était confié. Il se mit d'autres amours en tête, s'irrita des entraves mises à sa liberté, et la vie devint bientôt pour les deux cousins pénible et difficile. Les violences du financier restaient inexplicables, et pourtant Marguerite supportait chrétiennement son triste sort, « quand il s'avisa brutalement de lui déclarer que leurs humeurs ne se pouvaient accommoder ».
Qu'avait-il à reprocher, après treize ans de bonheur, à cette aimable femme qui possédait un charme devant lequel se sont inclinés tous ses contemporains? Ne lui avait-elle pas donné trois forts et jolis enfants? Jamais, elle l'affirme en toute bonne foi, « elle ne lui a fourni prétexte de la maltraiter comme il le fait » (4).
(1) Renonciation de Mme de la Sablière, du 5 septembre 1670. — Renonciation de Pierre Hessein au greffe du Ghâtelet, du 28 juin 1673 (Bibliothèque nationale, Ms., Clairambanlt, vol. 982).
(2) Transaction entre Pierre et Marguerite Hessein, reçue par Bouret, notaire à Paris, le 29 décembre 1679 (étude de M» Charpentier, notaire à Paris).
(3) Cf. H. MoTHEAU et D. Jouaust, les « Essais r> de Montaigne, 1. III, ch. v, Paris, Jouaust, 1887, in-12, t. V, p. 269.
(4) Déclaration de Marguerite Hessein devant Moufle et Ogier, notaires à Paris, du 14 avril 1668. Cf. Pièces justificatives, n» IV.
D'ailleurs, contre elle, il ne formule aucune plainte. Sans doute il la rend responsable de la diminution de la fortune de son père ; il s'est pris à la détester parce qu'elle ne lui a pas apporté tout entière la dot considérable sur laquelle il avait compté. Peut-être a-t-elle cherché à excuser les fautes de Gilbert, les exigences de son frère. Ce sont autant de griefs contre la pauvre Marguerite. Peut-être Antoine a-t-il attendu la mort du banquier pour exécuter contre sa femme, désormais sans défense, l'odieux projet qu'il méditait.
Le 1^^ mars 1667, la vie commune est pour eux absolument insupportable, et le misérable époux oblige Marguerite à s'installer à l'hospice conventuel de Charonne, rue des Saints- Pères, paroisse Saint-Sulpice (1). N'est-il pas piquant de voir un huguenot enfermer sa femme dans un couvent catholique?
Son intention non dissimulée est de se débarrasser d'elle, en lui constituant une suffisante pension. Furieux sans doute qu'elle consente à payer sur ses propres la légitime de son frère, il s'efforce de démontrer leur incompatibilité d'humeur. Ses sollicitations sont incessantes ; il l'exhorte à demander à son profit la séparation judiciaire et à intenter une action pour l'obtenir sans retard. La délaissée résiste énergique-] ment, elle refuse d'obéir. Son cœur se déchire en pensant! à ses enfants, car elle comprend que son mari veut la priver de ces chers petits êtres. Peut-être espère-t-elle encore recon-, quérir le cœur de son volage époux. Ce cœur de traitant,] elle ne le connaît pas encore.
Enfin, découragée, elle se résigne à son sort, et dépose contre lui, le 29 avril 1668, une demande en séparation de biens et d'habitation. Le 9 mai. M® Guicart, commissaire député, procède à l'enquête exigée, et sur la preuve des « sévices et mauvais traitements » supportés par Marguerite, sentence de M. d'Aubray, lieutenant criminel, du 18 mai, et jugement du Châtelet de Paris du 30 mai 1668, interviennent en faveur de Mme de la Sablière et la déclarent
(1) Même déclaration du 14 avril 1668.
séparée de biens et d'habitation de son odieux mari, auquel défenses sont faites « de la hanter, fréquenter, battre, excé-. der, méfaire ny mesdire, sous peines de droit », car il n'a pu articuler contre sa femme le moindre grief admissible (1).
La Sablière n'en continue pas moins à la molester. Alors que son prodigue cousin de Gallerande conserve la tenue d'un gentilhomme, Antoine ne nous montre que l'âme vénale d'un partisan. Il avertit Marguerite « qu'il détournera tous ses biens sans que nul puisse savoir ce qu'ils seront devenus ». Il veut l'obliger à renoncer à la communauté stipulée dans leur contrat de mariage et aux avantages que ce contrat lui assure, la contraindre à donner sans retard, contrairement à sa volonté, une partie de ses biens à leurs enfants. « Il la menace des plus fâcheux traitements » si elle ne signe tous les actes qu'il lui présente (2).
Ces traitements, en effet, empirent de jour en jour. Aussi, dès le 17 mai 1668, Marguerite a-t-elle mandé, au couvent de Charonne, M® Ogier, notaire au Châtelet de Paris, et renoncé en sa présence à la communauté de biens qui l'unit à son mari (3).
Grâce à ces concessions et à la sentence de séparation, elle acquiert sa liberté et s'établit provisoirement rue Traversine (4), paroisse Saint- Roch, où nous la trouvons installée le 10 juillet 1668.
La sentence condamne Antoine à restituer à sa femme les deux tiers de la dot de 100 000 livres versés par son père avec les intérêts échus au 29 avril 1668, et à lui servir une pension alimentaire annuelle de 1 000 livres, jusqu'à la survenance de son douaire.
Mais il prétend faire appel du jugement. Sa femme, trop jeune, assure-t-il, dissipera le capital qu'il lui restituera. Les parents interviennent et déterminent les époux à tran-
(1) Archives nationales, section judiciaire, Y 8 829 (deux pièces). Cf. Pièces ustificatives, n9*Vl et VII.
(2) Déclaration du 14 avril 1668, reçue par Ogier, notaire à Paris. Cf. Pièces ustificatives, n° IV.
(3) Étude de M« Carré, place des Petits-Pères. Cf. Pièces justificatives, n° V.
(4) La rue Traversine, aujourd'hui rue Molière, reliait la rue Saint- Honoré à la rue de Richelieu.
siger. En paiement des 66 666 livres qu'il doit à Marguerite; Antoine lui abandonne le 10 juillet 1668, pour la somme de 42 000 livres, une maison sise à Paris, rue Neuve-des- Fossés-Montmartre, paroisse Saint-Eustache, baillée à M. Le Rebours, président au grand conseil. Cette maison avait appartenu au père de La Sablière (1). Antoine cède encore à sa femme 1 233 livres de rente au capital de 24 666 livres, qui lui sont dues par son frère Nicolas de Rambouillet, et s'oblige à lui payer une pension alimentaire annuelle de 1 000 livres tournois.
L'époux s'est montré conciliant, mais le revers de la médaille est à considérer. Il se charge seul de la nourriture et de l'entretien de ses trois enfants, et Marguerite « reconnaît que l'éducation de sesdits enfants appartient audit sieur son mari, qui en doit avoir l'entière disposition pour en user ainsi qu'il avisera bon être tant à l'égard des filles que du fils » (2).
Le même jour, 10 juillet, Mme de la Sablière signe deux autres contrats. Elle donne à ses trois enfants, Anne, âgée de douze ans, Nicolas, âgé de onze ans, et Marguerite de Rambouillet, âgée de neuf ans, comparants par leur père et tuteur, « pour l'amitié et affection qu'elle leur porte », tout ce qui lui peut revenir du tiers non payé des 100 000 livres portées à son contrat de mariage et tout ce qui lui adviendra comme héritière bénéficiaire de la succession de son père (3).
Elle renonce encore à une donation qui lui a été faite, le 10 juillet, par Nicolas de Rambouillet, seigneur du Plessis, maître d'hôtel du roi, « pour l'affection qu'il porte à sa belle-sœur et certaine autre considération », d'une pension
(1) Construite en façade sur la rue des Fossés, elle était composée de deux corps de logis, l'un sur la rue, l'autre en aile, sur la cour, où demeurait M. Bechameil des Ormes, attenante à la maison de Mlle de Rambouillet, demeurant à Mons et Gravelines, et, par derrière, à la succession de M. de Rambouillet du Plessis. M. de Mailly l'habitait en 1681.
(2) Transaction reçue par Devin et Bouret, notaires à Paris, le 10 juillet 1668 (étude de M« Charpentier, notaire à Paris).
(3) Cette donation, signée le 10 juillet, devant Devin et Bouret, notaires, ainsi qu'il résulte d'une déclaration de Marguerite Hessein reçue par Gigault et Ogier, notaires à Paris, le 13 juillet 1668, a été datée du 14 juillet. Cf. Pièces justificatives, no VIII.
viagère de 966 livres 14 sols tournois, dont le contrat est déposé, sous des conditions verbales forcément obtenues de la donataire, entre les mains de Valentin Conrart, secrétaire du roi, qu'on s'étonne de trouver mêlé à pareille combinaison (1).
Par contre-lettre du même jour, 16 juillet, Antoine de Rambouillet a promis de rembourser à son frère cette pension de 966 livres constituée par Nicolas à Marguerite, « à la prière de son frère et pour lui faire plaisir )) (2). Nicolas n'est donc ici qu'un prête-nom : c'est Antoine qui paiera les arrérages.
Ces pratiques sont étranges et dénotent une singulière préméditation. Remarquons que le 10 juillet Marguerite signe deux actes que le notaire datera des 14 et 16 juillet suivants. On objecterait en vain, pour expliquer ce retard, qu'Antoine ne fut nommé tuteur de ses enfants, à l'effet d'accepter la donation de leur mère, que le 13 juillet 1668 (3), et que la date donnée à l'acte d'acceptation ne pouvait être antérieure à celle de s-a nomination. Quant à la pension viagère payée par Nicolas de Rambouillet à sa bellesœur, pourquoi La Sablière oblige-t-il sa femme à y renoncer le 10 juillet, six jours avant qu'elle lui ait été constituée? Pourquoi cette renonciation a-t-elle été datée du 16 juillet par un trop complaisant notaire? S'agit-il d'un emprunt fait par La Sablière à son frère pour assurer le paiement de la rente qu'il doit à Marguerite Hessein? Que dissimulent ces obscurités calculées? Ce sont là mystères de finances et de fmanciers.
M. L. Roche, dans sa savante étude sur la Vie de Jean
(1) Dona ion reçue par Bouret, notaire à Paris, le 16 juillet 1668 (étude de M» Charpentier, notaire à Paris).
(2) Contre-lettre reçue par Devin et Bouret, notaires à Paris, le 16 juillet 1668 (étude de M« Charpentier, notaire à Paris).
(3) Le conseil de famille qui l'avait nommé, réuni par Pierre Séguier, prévôt de Paris, sa composait de Nicolas de Rambouillet, maître d'hôtel du roi, Pierre de Rambouillet, écuyer, sieur de Lanccy, oncles paternels, Gédéon Tallemant, écuyer, sieur des Réaux, et Elisabeth de Rambouillet, sa femme, tante paternelle, Nicolas de Monceaux, sieur de Lestang, cousin germain paternel, Pierre Hessein, oncle maternel, Antoine Menjot, conseiller et médecin ordinaire du roi, grandoncle maternel, Jacob JoUy, procureur au Parlement, et Théodore Legeay, sieur du Bûcher, cousins paternels des mineurs.
de la Fontaine (1), enregistre un intéressant détail. « U jour, écrit-il, le 18 juillet 1668, les deux époux étaient venus reniettre à Conrart un pli mystérieux qu'il devait garder « selon les conditions portées en un autre écrit de M. Hes- « sein (2). » Et nous ne connaîtrons jamais ce mystère, puisque ce papier, venu aux mains de Jacques Muysson, neveu de Conrart, fut en 1678 rendu par lui aux deux époux, qui le brûlèrent solennellement. Mais, selon toute vraisemblance, il concernait leur séparation... »
L'énigme se réduit, croyons-nous, à une misérable question d'argent. La Sablière donne à sa femme, le 16 juillet 1668, sous le couvert de Nicolas de Rambouillet, son frère, une rente viagère de 966 livres 14 sols, mais à la condition qu'elle se montrera soumise à ses volontés. Pour l'y astreindre, il lui a fait souscrire, le 10 juillet (six jours avant la signature de la donation), une renonciation à cette donation qu'il a postdatée. La renonciation est déposée « entre les mains du sieur Conrart, secrétaire du roi » (3), comme l'a constaté M. Roche, le 18 juillet 1668. Antoine a suspendu cette épée de Damoclès sur la tête de sa femme pour le cas où elle se refuserait à lui obéir, auquel cas la rente servie par lui sous le couvert de son frère lui serait immédiatement supprimée en vertu de la renonciation dont il entend user. La Sablière n'eut pas lieu de se déshonorer par ce vilain procédé. Il semble dès 1673 avoir renoué des relations avec sa femme, et quatre mois avant sa mort, le 23 décembre 1678, les deux époux, à qui leur gendre, héritier de Conrart, a rendu le fameux papier, le brûlent solennellement dans la cheminée de l'appartement qu'occupait alors Jacques Muysson dans l'hôtel de son beau-père (4).
Mais revenons à Marguerite, si savamment enchaînée.
(1) Paris, Pion, 3® éd., in-12, p. 239 et note. M, Roche a trouvé ce renseignement dans le dossier Muysson conservé à la bibliothèque de l'histoire du protestantisme français.
(2) S'agit-il de Pierre Hessein ou de sa sœur Marguerite?
(3) Protestation de Marguerite Hessein, reçue par Ogier, notaire à Paris, du 13 juillet 1668, contre la violence qui l'a obligée à signer cet acte. Cf. Pièces justificatives, n» VIIL
(4) Constat de Bouret, notaire à Paris (étude de M^ Charpentier, notaire à I^aris).
Sans raison plausible, puisque la sentence de séparation est rendue sur sa demande et en sa faveur, son mari lui ravit ses enfants ; et l'autorité d'Antoine est encore si puissante sur cette femme douce et désarmée, qu'elle signe aveuglément tous les actes qu'il lui présente.
Et pourtant elle n'est pas si complètement délaissée que l'a cru son infidèle époux. De sages parents, des amis dévoués, révoltés des odieux procédés du financier, l'assistent dans son abandon. Ils savent qu'Antoine exerce sur elle un pouvoir absolu, qu'il la menace sans cesse des plus fâcheux traitements, qu'une plus longue résistance pourrait l'exposer à (( des suites préjudiciables ». Ils lui conseillent, « pour éviter de plus grands accidents », de signer tous les actes qu'il lui présentera, « sans en considérer la qualité ».
Le 14 avril 1668, Marguerite, encore « détenue » au couvent de Charonne, mande, au parloir de l'hospice, Ogier, son notaire et son ami, et déclare que sa signature, obtenue par la force « et pour l'autorité absolue que son mari a sur elle », ne pourra désormais ni lui nuire ni lui préjudicier. Elle déclare qu'elle se pourvoira contre les actes qu'elle a précédemment signés, et cela en temps utile, pour la conservation des biens et des avantages que lui assure son contrat de mariage, auquel elle n'entend aucunement déroger ni innover (1). Le 13 juillet suivant, déjà établie rue Traversine, elle affirme que le 10 juillet 1668 son mari lui a fait signer, en présence de M^ Bouret, les transaction, donation et renonciation des 10, 14 et 16 juillet 1668, dont nous avons parlé, qu'elle n'a consenti à le faire « qu'à cause de la continuation du mauvais traitement et menace qui lui ont été et sont faits par son mari », réitérant ses protestations que de tels actes ne pourront lui préjudicier et répétant qu'elle se pourvoira contre eux dès qu'elle le croira nécessaire (2).
Quel est l'ami désintéressé qui donne à Marguerite le
(1) Déclaration devant Moufle et Ogier, notaires à Paris, du 14 avril 1668. Cf. Pièces justificatives, n» IV.
(2) Protestation devant Gigault et Ogier, notaires à Paris, du 13 juillet 1668. Cf. Pièces justificatives, n» VIII.
moyen de se soustraire aux perfidies d'Antoine de Rambouillet^ le conseiller précieux qui lui permet d'échapper aux mailles d'un filet si hardiment serré?
Cet ami, le fidèle soutien de sa cruelle existence, c'est vraisemblablement Antoine Menjot, son oncle maternel, qui, sans rompre avec La Sablière, s'entremet entre lui et sa femme pour éviter les éclats scandaleux.
Déjà il a conquis sa place parmi les plus savants docteurs de la capitale. Une épidémie de fièvres malignes sévissant à Paris en 1660, Menjot en écrit l'histoire, et joint à ce traité huit dissertations pathologiques. Son volume, publié sans nom d'auteur, est favorablement accueilli du public. Une latinité très pure, un style élégant et concis le recommandent aux lettrés. Il est attribué à Jean de Gorrys, doyen de la faculté de médecine de Paris (1).
Mais Valentin Conrart, ami de Menjot, qui, en sa qualité de secrétaire du roi, a signé le privilège, prie l'auteur de traduire en français sa dissertation sur le Délire^ et ce travail, publié sous le nom de Menjot, est aussi fort apprécié (2). La marquise de Sablé lui demande une traduction de sa dissertation sur la Voix et sur la Parole (3), et ces traductions, revues avec amour, sont soumises à Cureau de la Chambre (4), qui, de son côté, communique ses ouvrages à Menjot.
C'est l'époque où Pascal fréquente assidûment le salon de Mme de Sablé, nouvellement installée à Port- Royal, où il puise dans ses conversations avec La Rochefoucauld la première idée de ses admirables Pensées, La marquise lui présente Menjot, et bientôt s'établit entre eux un commerce d'affectueuse estime.
« Encore que je sois bien embarrassé, écrit Pascal à la
(1) MORÉRI, Grand dictionnaire historique^ nouvelle éd., 1759, in-foL, article « Menjot ».
(2) Opuscules posthumes de M. Menjot, conseiller et médecin ordinaire du roi, Amsterdam, H. Desbordes, 1697, in-4o, p. 1.
(3) Bibliothèque n^iiondlQ, Portefeuilles de Valant, ms. fr. 17 047, t. IV, fol. 37. Copie ms.
(4) Opuscules posthumes..., p. 16, 136. Menjot resta toujours en termes affectueux avec le fils de Cureau, l'abbé de la Chambre, membre de l'Académie française.
marquise, je ne puis différer à vous rendre mille grâces de m'avoir procuré la connaissance de M. Menjot, car c'est à vous sans doute, madame, que je la dois, et, comme je l'estimais déjà beaucoup par les choses que ma sœur m'en avait dites, je ne puis vous dire avec combien de joie j'ai reçu la grâce qu'il m'a voulu faire. Il ne faut que lire son épître pour voir combien il a d'esprit et de jugement, et, quoique je ne sois pas capable d'entendre le fonds des matières qu'il traite dans son livre, je vous dirai néanmoins, madame, que j'y ai beaucoup appris par la manière dont il accorde en peu de mots l'immatérialité de l'âme avec le pouvoir qu'a la matière d'altérer ses fonctions et de causer le délire. J'ai bien de l'impatience d'avoir l'honneur de vous entretenir (1). ))
Les louanges d'un homme tel que Pascal sont particulièrement flatteuses. Mme de Sablé prie M. Valant, médecin attaché à sa personne, de communiquer cette lettre à Menjot, dont la gratitude se traduit en ces termes :
« J'eus le bonheur, madame, de rencontrer il y a trois ou quatre jours M. Valan, duquel j'appris avec bien de la joie la continuation de votre santé. Je souhaite que l'occasion de vous servir manque toujours à mon zèle, mais, le contraire arrivant, je vous supplie, madame, de croire que mon zèle ne manquera jamais à l'occasion. M. Valan me fit voir la lettre de M. Paschal, laquelle est la plus obligeante du monde, mais, madame, je ne sais que penser d'un témoignage si avantageux, car, si je considère d'une part la sincérité et le savoir sublime de ce grand homme, de l'autre aussi je sais que la charité est la première des vertus chrétiennes, de sorte que j'ai de la peine à distinguer entre la Justice et la Grâce, principalement en une personne qui sans doute la met en pratique avec autant de chaleur qu'il la soutient. Quoi qu'il en soit, je lui suis extrêmement obligé d'avoir daigné jeter les yeux sur un ouvrage si peu considérable, et je vous rends très humbles grâces de m'avoir
(1) Lettre autographe. Bibliothèque nationale, Portefeuilles de Valant, Ms. fr. 17 045, fol. 288 ; — Victor Cousin, Madame de Sablé, 2» éd., Paris, Didier, 1859, in-8o,p. 131.
procuré cet honneur. J'espère au commencement de cette semaine vous aller témoigner ma gratitude de toutes les bontés que vous avez eues pour moi pendant ma maladie et lesquelles je n'oublierai jamais (1). »
La seconde édition de V Histoire des fièçres malignes parut en 1662. Guy Patin, si peu facile à satisfaire, l'envoya sans tarder à son ami Spon : « Vous y trouverez, lui écrit-il le 21 février, quelque chose de beau (2). » Une troisième édition vit le jour en 1665, avec treize dissertations nouvelles. Charles Drelincourt, médecin du roi et de Turenne, fils du ministre réformé, Etienne Bachot et Nicolas Gervaise, célèbres médecins de Paris, ajoutèrent par leurs vers et par leur prose à son incontestable valeur. Un dernier volume de dissertations, publié en 1674, compléta l'œuvre du savant docteur.
MM. Van Benning et Borel, ambassadeurs de Hollande, le tenaient en si haute estime qu'ils vinrent en 1672 lui offrir une chaire de professeur à Leyde, à telles conditions qu'il le souhaiterait. Ils lui apportaient, de la part de MM. les Etats, un magnifique album en deux volumes contenant les plans des principales places et villes des Pays-Bas. Menjot déclina pourtant des offres si flatteuses : « L'amour seul de ma patrie, dit-il, s'opposa à cette transmigration, et je ne pus jamais me résoudre à ne pas mourir comme j'avais l'avantage d'être né et d'avoir vécu jusqu'alors, sujet de Sa Majesté (3). »
(1) Portefeuilles de Valant, t. II, fol. 243. Lettre autographe, scellée du cachet armorié d'Antoine Menjot. Ces deux lettres, découvertes par Victor Cousin, ont été publiées pour la première fois par lui en 1842, dans ses Études sur Pascal, et, depuis, par P. Fauqère, « Pensées » de Pascal, Paris, Andrieux, 1844, in-S®, t. I, p. 56, 385. M. E. de Barthélémy n'en a pas moins attribué cette lettre à l'abbé de la Victoire. L'original porte pourtant cette mention : « M . Menjot sur M. Pascal. » Les Amvi df. la marquise de Sablé, Paris, Dentu, 1865, in-8o, p. 341.
(2) Ijettres inédites à M. Spon, des 10 et 21 février 1662. Bibliothèque nationale, Ms. fr. 9 357, fol. 351. La Bibliothèque nationale possède un exemplaire de la 2» édition de VHistoire des fièvres malignes dédié par Menjot à Monsieur Patin, docteur en la faculté de médecine de Paris (Td <^-. 16. A.).
(3) Lettre sur la médecine et les médecins modernes. Menjot, Opuscules posthumes..,, p. 107.