De Mme de la Sablière à Vabbé de Rancé
Ce 9 aoust 1690.
Trouvez bon, (9) M. T. R. P., que je.votis remercie de tout ce que vous m'avez fait sentir à la lecture de la mort de Dom
(1) Nostre Seigneur.
(2) Ne sont point fondées.
(3) Souvent sécheresses.
(4) Le.
(5) Mon très révérend père, etc.
(6) Peut-être s'agit-il du P. Armand Fr. Gervaise, carme déchaussé, ami de Rancé, qui voulait, en 1690, entrer à la Trappe. Il y prit l'habit en 1695, et fut abbé de la Trappe, après D. Zozime, en 1696.
(7) Suiïismt.
(8) La phrase qui précède constitue le n» 40 du manuscrit A (fragment).
(9) Mon très révérend père.
Muce (1), car il est aisé de voir que vous supprimez bien des choses de sa vie. Quelle consolation pour ceux qui ont offensé Dieu (2) presque toute leur vie que ces exemples là ! Il y a un endroit que presque personne ne croira et que très peu concevront, c'est celui où vous marquez qu'allant presque mourant à l'église, il en revenoit dans un état tout différent après avoir communié (3). J'ay sur cela des expériences qui ne permettent pas d'en douter, si ce n'est (4) que, dans un état aussi extresme, il est aussi réel par le sentiment. Les infirmitéz et la retraite mettent à portée de connoitre des choses incroyables, et qui confirment tellement dans la foy et dans l'amour de Dieu, que l'on (5) ne peut dire, et peut être ne le doit-on pas? Je crois fermement qu'une telle conversion en fera bien d'autres, et qu'on ne peut pas faire une lecture plus utile.
M. M..., (6) à qui je mande un détail sur la précaution que vous m'aviez ordonné de prendre, vous l'exposera; en suite de quoy, j'obéirai à ce que vous me ferez la grâce de m' ordonner. Il me semble que tout ce qui tient de la prévoyance ou de l'interest, ne doit jamais estre traité de moy à vous que légèrement. Vos lettres me touchent par des endroits qui ne me laissent qu'une
( l) M. Faure, en religion dom Muce, ancien grenadier, soudard invétéré, con-, verti et mort récemment à la Trappe.
(2) Dieu toute.
(3) Voici « l'endroit « visé par Mme de la Sablière :
« Ses maux lui donnèrent un peu de relâche, ce que Dieu permettoit, non pas pour le guérir, mais afin de prolonger ses souffrances, et le disposer par ces moyens aux miséricordes qu'il luy avoit préparées ; il approchoit des Saints Mystères le plus souvent qu'il luy estoit possible, il comptoit les jours auxquels il devoit y participer et rapportoit à cela toutes ses pensées et toutes les actions de sa vie. La protection que Dieu lui donna en cette occasion fut si sensible, que le jour qu'il reçeut le Saint Viatique, ayant esté obligé de se reposer plusieurs fois dans les cloistres en allant à l'église, nonobstant l'assistance que luy rendoit un de ses frères ; au retour il se trouva si différent de luy-mesme qu'il fit tout le chemin, sans avoir besoin de personne, marchant avec la fermeté d'un homme, qui n'auroit qu'une infirmité légère, ce qui ne lui arriva pas seulement dans cette rencontre, mais toutes les fois qu'il approchoit de la Sainte Table. Geluy de ses frères qui avoit ordre de le conduire à l'Église, estoit étonné de ce qu'y allant avec beaucoup de peine, il en revenoit avec une liberté qui n'avoit nul rapport à la foiblesse qu'on luy avoit vue quelques momens auparavant. Jésus-Christ ne se contentoit pas de fortifier son âme par la participation de sa Chair et de son Sang, mais il vouloit que cette grâce se répandit sur l'homme extérieur, et que ce corps atténué, et tout prest d'estre réduit en cendres, en ressentit les effets et les impressions. »
[A. DE Rangé], Instruction sur la mort de dom Muce, religieux de Vahhaye de la Trappe, Paris, Fr. Muguet, 1690, in-8o, de 63 pages, p. 44-46.
(4) N'est dans.
(5) Le peut.
(6) Madame M... [s'agit-il de M. Maisne, ou d'une femme dont le nom reste inconnu?].
mort entière à tout ce qui regarde ce monde, et elles me sont d'un secours et d'un soutien que le sentiment seul peut faire concevoir ; ainsi je ne le puis exprimer ; meds (1) N. S. sçait ce que je sens sur cela, et le bien que vous me faites quand je lis et relis quelque chose qui me vient de vous. Je compte uniquement sur votre charité, (2) M. T. R. P., puisque vous en avez pour tout le monde ; je me flatte mesme (3) que vous en avez plus pour moy par la connoissance de mes besoins et par l'attachement (4) que j'ay pour vous, qui est au delà de tout ce que personne peut avoir. Je suis...
A. No 34.
F. Lettre 33.