DE BALBEK A JERUSALEM
L'imagination est encore dans cette seconde partie du voyage, mais le cœur n'y est plus. Tout a changé pour tous deux, avant et après la mort de l'enfant, l'heure du bonheur est passée, l'heure des larmes est venue.
Ils partirent pour Damas, parles gorges de l'Anti-Liban. A une brèche de la montagne une apparition magique les saisit. Au milieu du désert, dans une immense oasis de forêts de sycomores, de vergers, une grande ville, arrosée de sept branches d'un fleuve, aux remparts de marbre jaune et noir, aux tours carrées et crénelées, aux coupoles, aux minarets s'élançant par milliers au ciel, une ville des Mille et une nuits! C'était Damas, la cité fanatique et merveilleuse. On y entra avec prudence, les voyageurs déguisés sous leurs costumes turcs. M"* de Lamartine cachée sous un costume arabe, couverte d'un long voile de toile blanche. .
Après un séjour de cinq jours, on reprit la route de Beyrouth, la nuit du 7 avril fut terrible; une tempête les assaillit dans le Liban; la vallée pastorale d'Hamana les reposa le 9, cette vallée de beaux villages et de grands monastères, plus belle que les vallées des Alpes, parce qu'elle a, entre le ciel, le désert et la mer, l'horizon complet des trois infinis, qui font du Liban, selon la belle parole du poète : « Des montagnes de pierres, de poésies et de ravissements. )»
Pendant qu'il contemplait le Liban, campé sous sa tente, un courrier arriva de Beyrouth. Il ouvrit les lettres, c'était une grande nouvelle, son élection à la Chambre des députés, par Bergues, la ville habitée par sa sœur. Il la reçut avec douleur. Le père en deuil était dégoûté de l'action, il ne désirait plus que la solitude et le recueillement près d'un cercueil.
On arriva le lo avril à Beyrouth. La mère et le père allèrent pleurer et prier près du cercueil de l'enfant déposé dans un caveau du couvent franciscain, en attendant le retour à Saint-Point. Le hrick VAlcesle, destiné au transport du cercueil, n'était pas encore revenu. Un autre brick, la Sophie, fut affrété pour ramener le père et la mère, leur épargner la douleur du retour près de leur enfant morte.
Pendant les préparatifs, une nouvelle excursion éloigna les voyageurs. Ils montèrent par la côte, à Eden, dans le Liban. Le sheik les attendait au seuil de son château mauresque, avec toutes les grâces de l'hospitalité.
Le poète voulait monter aux cèdres de Salomon :
Je n'ai pas entendu dans les cèdres antiques Les cris des nations monter et retentir.
Mais les sentiers étaient comblés de neige ; l'ascension impossible. Le poète persista. Il laissa sa femme à Eden, puis monta, suivi du fils de sheik et de quelques cavaliers. Il ne put les voir qu'à distance, il ne put toucher aux arbres sacrés, en cueillir des rameaux. Hélas! l'Orient est le pays des ruines en toute chose, des arbres, comme des monuments, des peuples, des empires et des religions! De ces ancêtres végétaux, il ne restait plus que sept vieillards. Les cèdres s'en vont.
Parti le 1 1 avril, on était de retour le 12 à Beyrouth. Le brick, la Sophie, était prêt. Les hôtes firent leurs derniers
saints à leurs amis d'Orient, don de plusieurs chevaux, et dirent adieu à cette terre de splendeur et de malheur, où ils avaient tant espéré, et d'où ils rapportaient le désespoir.
« Au point du jour, le 15 avril 18^3, nous sortons de la maison où Julia nous embrassa pour la dernière (ois, et nous quitta pour le ciel! Pavé de sa chambre baisé mille fois et trempé de tant de larmes : cette maison était pour moi comme une relique consacrée. Je l'y voyais encore partout! oiseaux, colombes, son cheval, le jardin, les deux belles filles syriennes qui venaient jouer avec elle... »
Le brick longea la côte déjà parcourue à cheval par le poète, et jeta l'ancre à Jaffa. « Ma femme ne veut pas passer si près du tombeau sacré sans aller y porter quelques gémissements de plus... » Il resta seul à JaflFa, écrasé sous sa douleur. C'est là qu'il écrivit ces strophes de lamentations, (ieihsémani, pendant qu2 sa femme allait pleurer à la grotte d'agonie du Christ.
Il faut lire ce vivant récit, pL^n de pages émouvantes où se révèlent le talent, l'âme, la largeur d'esprit de M"*^ de Lamartine. Catholique orthodoxe, fidèle à ses dogmes sévères, on pourrait croire à des jugements étroits sur le culte des musulmans. On est surpris, au contraire, par son équité, son ouverture à tout comprendre, sa tolérance religieuse.
Elle s'était arrêtée à Ramia. C'était un vendredi, jour de cérémonie pour le culte musulman. Elle assista au spectacle des derviches tourneurs, ces étranges dévots qui semblent sentir dans leur tourbillon le vertige de l'infini. Toute religion a ses exaltés. M'"« de Lamartine, loin de condamner les folies de cette valse sacrée, en chercha la raison pieuse, Ecoutez cette page admirable : « Nous faisons de tristes réflexions sur la faiblesse de la raison humaine, qui cherche à tâtons, comme l'aveugle, sa route vers le ciel, et se trompe si souvent de chemin. Ces bizarres
extravagances, qui dégradent en quelque sorte l'esprit humain, avaient cependant un but digne de respect et un noble principe. C'était l'homme voulant honorer Dieu; c'était l'imagination voulant s'exalter par le mouvement physique et arriver, comme elle y arrive par l'opium, à cet étourdissement divin , à cet anéantissement complet du sentiment et du moi qui lui permet de croire qu'elle s'est abîmée dans l'unité infinie, et qu'elle communique ave Dieu. »
Elle rencontra tout le long de la route des pèlerins comme elle, revenant de Jérusalem. Un enfant malade porté en litière au milieu de ses parents en larmes, déçus dans leur espoir de guérison miraculeuse, l'émut et la replongea dans son désespoir : « Hélas! moi aussi je pleurais, j'avais espéré et prié comme eux, mais plus malheureuse encore, je n'avais plus même l'incertitude sur l'étendue de mon malheur!... »
Le lendemain de son arrivée à Jérusalem, à l'aube, elle fit son pèlerinage aux lieux saints, accompagnée de ses amis de voyage, soutenue par Amédée de Parseval, le Cyrénéen de l'amitié. Elle suivit ainsi la Voie douloureuse. Elle pleura au Calvaire, au tombeau où la Mère du Christ avait pleuré, a S'il est des lieux dans le monde qui ont la douloureuse puissance d'éveiller tout ce qu'il y a de tristesse et de deuil dans le cœur humain, et de répondre à la douleur intérieure par une douleur pour ainsi dire matérielle, ce sont ceux où j'étais. Chaque pas qu'on y fait retentit jusqu'au fond de l'âme comme la voix des lamentations, et chaque regard tombe sur un monument de sainte tristesse qui absorbe nos tristesses individuelles dans ces misères ineffables qui furent souffertes, expiées et consacrées ici!... «Quelle page de piété, d'onction, d'adoration au parfum d'encens!
De Jérusalem, du tombeau, elle se rendit au berceau, à Bethléem. Elle vit sur la route l'olivier d'Élie, la fontaine
OÙ l'étoile apparut auxj mages, Rama, d'où sortait la voix déchirante qui retentissait dans mon propre sein ». .
Les couvents sont les asiles des pèlerins. Le couvent latin lui ouvrit sa porte, elle entendit la messe à la chapelle de la Crèche.
Elle revint par le jardin de Salomon, du Cantique des Cantiques, à Jérusalem, alla dire un adieu funèbre au tombeau sacré, fit le tour des murs de la ville sainte, la salua une dernière fois, et le 26 avril rentra à Jaffa.
Elle écrivit le récit de son pèlerinage sur la prière de son mari. Il le recueillit dans son Voyage en Orient, et l'encadra dans ses pages d'or, comme un texte sacré dans les fleurons d'un missel. Il était digne de cet honneur. Ce n'est pas seulement un cœur de femme qui a senti, c'est une grande âme qui a pensé, écrit et prié.
LE RETOUR i833
Ils sont partis par une tempête, présage de leur destinée. L'orage de la mer accompagnait l'orage de la douleur. Près de Rhodes, ils rencontrèrent le navire qui emportait le cercueil. Le père et la mère suivaient des yeux en larmes le navire funèbre qui avait porté l'enfant vivante en Orient, et la ramenait morte.
Le 20 mai, ils arrivèrent à Constantinople, la ville enchantée ; mais l'âme était ailleurs, toujours fixée sur ce navire en deuil, à l'ancre, sous la garde du père et de la mère. La beauté, le bruit de la ville les importuna. En mer, ils étaient seuls avec leur deuil. « Hélas! c'est que je lis dans les yeux de ma femme bien plus encore que dans mon
cœur. La souffrance d'un homme n'est rien auprès de celle d'une femme, d'une mère ; une femme vit et meurt d'une seule pensée, d'un seul sentiment. La vie, pour une femme, c'est une chose possédie; la mort, c'est une chose perdue! Un homme vit de tout, bien ou mal ; Dieu ne le tue pas d'un seul coup. »
« Revoir si vide ce qu'un être si charmant remplissait de bruit, de joie et d'espérance! écri/ait-ilà sonami, M. Aubel, c'est trop fort pour le cœur d'une mère... »
En vain, ils voyaient le plus beau spectacle de la terre ; leur cœur n'était pas là, leur cœur était sur la mer, sur l'en fant endormie au cercujil, qui revenait seule.
Ils prirent la route de terre. Dans un village de Bulgarie, le poète tomba malade de chagrin et de fatigue, et fut dixhuit jours en danger de mort. « Admirable dévouement de ma femme qui passe quinza jours et quinze nuits sans fermer les yeux, à côté de mon lit de paille... Je sens mon état, je pense nuit et jour à ma femme abandonnée, si je venais à mourir, à 400 lieues de toute consolation, heures affreuses. Je fais appeler M. de Capmas, et lui donne mes dernières instrucaons en cas d^ ma mort ; je le prie de me faire ensevelir sous un arbre que j'ai vu en arrivant au bord de la rouie, avec un S2ul mot écrit sur la pierre, ce mot audessus de toutes les consolations : Dieu. »
A peine au sortir dj la mort de sa fille, la pauvre mère redouta la mort du père. Cette perte nouvelle, sur une route déserte, fut; épargnée; mais elle souffrit toutes les angoisses de la terreur.
Qjel retour funèbre! Les deux voyageurs en deuil rentrèrent en octobre à Màcon la nuit. C'était aussi la nuit pour leur vie, ledjsespoir. Ils trouvèrent les tendresses, les piiiés du père, des tantes, de la sœur, qui les attend dent. Quand la mire entra dans la chambre vide de l'enfant, revit les jouets abandonnéi, ses poupées chéries, bercées tant de
fois dans les bras de Julia en ses jeux de petite mère, ses robes suspendues qui l'attendaient pour la parer à son retour, ses cahiers écrits sous le regard maternel, ses petits livres de poésie et de prière, tous ces objets m^rts, si vivants autrefois, animés par l'enfant, tous ces chers souvenirs, toutes ces choses légères devenues sac:ées par la mort, elle eut un saisissement de douleur ; tout son cœur pleura.
Elle resta seule quelques jours, Lamartine dut la quitter, la laisser dans la maison où Julia était née; il l'abrita dans le nid chaud de sa famille, puis repartit, en lui cachant la mission triste de son voyage. Il allait à Marseille, le pauvre père, seul, en secret, dans son courage et sa pitié pour la mère, recueillir et ramener le corps de son enfant. De Monceaux, il écrivit à M . de Virieu, le 7 novembre, au mois des morts : « C'est hier que je suis arrivé de Marseille, où j'étais allé chercher tout ce que la mort pouvait me rendre. Arrivé de nuit, j'ai été, à Saint-Point, reporter un moment dans notre chambre vide, ce qui la remplissait jadis de vie, de bonheur, d'avenir, et le jour venu, j'ai porté de mes propres mains et déposé ce cercueil sur celui de ma mère... maintenant tout est fini, et je suis revenu me renfermer avec ma femme à Monceaux... Sois béni pour les lignes que tu m'envoies... »
Heureuses les âmes qui ont des amitiés si compatissantes dans leurs douleurs. M"^ de Lamartine n'avait pas d'amitié intime de femme pour la secourir. Elle était seule, avec Dieu. De Monceaux, elle alla à Saint-Point, à Milly, revoir les chambres de Julia, retrouver ses traces, pleurer et prier sur sa tombe, s'asseoir au jardin de Milly, et regarder sans fin ces petits carrés où l'enfant semait ses fl-'urs, séchées en son absence, et mortes comme elles de l'hiver...
Avide de retraite dans les larmes, elle savait pourtant qu'il faudrait quitter bientôt cette vie de recueillement
triste à la campagne, rentrer dans le monde et le bruit, suivre Lamartine à son nouveau devoir. En aurait-elle la force ?
Ceux qui ont perdu un être cher, — et qui ne porte en soi une de ces morts qui brisent la vie ! — connaissent la lourde tristesse de ces jours mornes qui suivent la rentrée au foyer vide de tout ce qui le remplissait. L'âme reste comme dans un rêve douloureux dont elle ne s'éveille plus. Rien ne leur dit plus rien que le ciel, le grand refuge où les berceaux et les bonheurs emportés sont recueillis, gardés et rendus par le divin Père des destinées. Les fleurs mêmes ne leur disent plus rien, si ce n'est pour être portées à ces petits jardins funèbres que tant de mères parfument des roses les plus blanches.
Il est des mères qui vivent de leur douleur même, et, de leurs battements de cœur vibrants, font de beaux vers, fleurs de tombe aussi, données à l'enfant perdu. Il en est d'autres qui en meurent, repliées sur leur blessure, y croisant leurs deux mains pâlies ; muettes, elles repassent dans leur cœur toutes les choses du passé, poignantes et douces, qui ont fait leur vie et qui font leurs larmes. Souvenirs égrainés un à un comme les grains d'un interminable rosaire qu'elles ne veulent jamais finir.
M"* de Lamartine était de celles-là. Peu à peu, la trame de sa vie déchirée se reprit aux devoirs, aux résignations, aux élans du sacrifice tourné en haut. A la femme même, lorsqu'elle n'est plus mère, il reste â se dévouer aux déshérités de la terre, à donner sa vie à celui qui partagea ses joies et ses douleurs de mère ; il est désormais le point central de son existence ébranlée.
M™® de Lamartine était une de ces natures concentrées et profondes qui se referment à jamais sur un souvenir et gardent leur douleur comme en un sanctuaire. Elles seules y pénètrent aux heures à elles, où la prière, ce battement
intime, monte du cœur de Thomme à celui de Dieu, et redescend du ciel en force et en paix reconquise.
Les fils brisés se renouèrent sous la main du divin tisserand, la déchirure resta presque inaperçue pour l'œil qui ne sait pas descendre jusqu'aux profondeurs où le fil fut brisé; la vie reprit son cours comme ces sources cachées sous les branches touffues des aulnes et des trembles, dont les lianes pendent sur ses eaux et les voilent sans en interrompre le cours. Ses larmes continuèrent à couler en secret. Vingt ans après je les retrouvais les mêmes ; ces natures-là restent inconsolées ; leur foi les soutient, un double grand amour les sauve: l'un remonte au ciel, où elles rattachent désormais cette fibre rompue de leur cœur ; l'autre les garde à la terre, où elles donnent tout ce qui leur reste de vie, de généreux acrifice et de généreux amour.
Les douleurs religieuses, pleines des certitudes de l'audelà dans l'immortalité, regardent plus en haut, où l'avenir attend, qu'en bas, où le vêtement bien-aimé de celle qui fut leur enfant garde A leur souvenir, immortel aussi, sa forme charmante, sous les horreurs de la destruction et les visions du désespoir.
M"® de Lamartine regarda de plus en plus haut et reprit sa route non pour elle, mais pour lui qu'elle devait suivre pas à pas dans ce long chemin, dur souvent, creusé de précipices, d'autant plus dangereux pour le génie. Plus l'imagination vole haut, plus il y a à redouter les mirages et les chutes ; plus le front monte au-dessus des foules, plus il y a à craindre qu'il se heurte, ne fût-ce qu'aux nuages; plus le cœur est grand, plus y a de place pour la douleur. Leurs deux cœurs étaient grands ; ils devaient donc s'emplir de beaucoup de douleurs.
Le cœur de mère de M"' de Lamartine était mort, làbas, en terre sainte; elle était revenue le mettre au tombeau, dans cette chapelle de Saint-Point, où elle devait le
rejoindre un jour. Il lui restait son cœur de femme, elle le donna d'autant plus tout entier. Elle était mère et c'était fini, elle n'avait plus à l'être, Dieu avait pris sa place, et son enfant était à l'abri. Elle se fit providence, dévouement de toutes les heures, lumineuses encore ou sombres, pour son cher génie. Elle pressentait sa carrière à parcourir, l'essor de plus en plus grand de sa gloire. Elle ne voulut être nj entrave ni ombre. Son instinct personnel, celui inné de tout être blessé, devait être solitude, silence, recueillement dans le passé.
Elle immola ce cœur même qui demandait à pleurer, elle mit ses pas dans ceux de son mari, et son âme dans son âme, et vaillante, dévouée jusqu'à la mort, elle recommença la montée de la vie, cette montée si éblouissante de gloire, — pourtant si rude, à qui porte au cœur des blessures cachées, — il lui restait tant â souffrir!
Les dons du génie et la gloire se payent cher, elle ne l'ignorait pas, elle devait me l'écrire trente ans après dans une lettre qu'on lira plus tard. Elle ne dut pas, dès lors, se faire d'illuiion sur leurs deux vies emportées tour à tour de la cime aux abîmes. Dans les années glorieuses, peu de femmes ont eu autant qu'elle à subir le flux et le reflux de cette grande mer, la vie, montante et descendante, les portant, elle et son grand amour, jusqu'aux cimes des vagues ensoleillées et les rejetant d'un bond dans les profonds abîmes.
La vie politique la plus mouvementée et la plus douloureuse pour elle allait commencer. Dit-elle en elle-même ce quêtant de femmes auraient dit, à sa place, à la destinée? Que ne restàt-il poète et rien que poète ! Et même père obscur, heureux, tranquille, tous deux perdus dans « un pli de leur vallée en fleurs», si Dieu leur avait laissé leur enfant.
Des trésors poétiques nous seraient quand même restés,
d'autant plus grands, quoique l'âme ne chante bien son plus beau chant qu'à cette rafale de la douleur. Il faut que la menthe et le thym soient foulés pour donner toute leur senteur; ainsi de l'âme des poètes, il faut que Dieu et les hommes, aux mains bien plus rudes, la foulent et la brisent en tous sens, afin que s'en exhale tout leur parfum.