‹ Madame de LamartineChapitre 21 sur 35 · LA VIE A PARIS · texte numérisé non relu

LA VIE A PARIS

Cette année, si agitée du conflit du président et de l'Assenblée, allait prendre les heures, la pensée, le cœur de M™* de Lamartine. Le matin, la lecture des épreuves de V Histoire de la Restaiiralion, du Conseiller du peuple, des Foyers du peuple, du second Voyac^e en Orient, du roman populaire, Geneviève, des articles dans le Pciys, que d'œuvres à lire, à surveiller, à mener de front par une main de femme !

Après déjeuner, elle se reposait un peu dans la causerie. Je lui faisais la lecture. Un jour d'avril, elle était dans sa chambre, une charmante femme près d'elle, jeune, jolie,

gracieuse, sa cousine, M""^ Breuil. Je leur lus un Lundi de Sainte Beuve. Ce Lundi sur Hégésippe Moreau et Pierre Dupont, tout poétique, parfumé des roses de Provins, comme les vers de Moreau, le poète maladif et délicat. Sa poésie fraîche comme la Vouizie, sa halte de prières à Saint- Etienne-du-Mont, charmèrent et touchèrent les deux femmes. Puis les senteurs rustiques de Pierre Dupont soufflèrent leurs bouffées au front. Ce fut un lunch de poésie.

Elle avait l'habitude du lunch de thé et de gàieaux selon l'usage anglais.

Le printemps approchait. L'air de Paris, des rues chauffées par le soleil, brûlait. On alla chercher la fra1c!ieur au bois de Boulogne, dans la villa Madrid, cachée au fond du bois, une oasis de lilas. La chère solitude d'intimité recommença.

Le salon était charmant, tout fleuri, tout égayé par les chants d'oiseaux, dans leur grande cage. La gemille perruche, posée au haut de son perchoir, descendait, montait vers moi et me becquetait de baisers. Elle frissonnait de plaisir sous mes caresses. Elle m'aimait et je l'aimais.

Sa maîtresse venait de bonne heure jouir des heures matinales. Là, dans cette aile retirée du salon, notre vie de lectures, de travail à deux, de causeries, d'intimité profonde, recommençait. Elle peignait en liberté ses images de fliurs et d'enfants, souvenirs de la vie heureuse où elle avait ses deux anges, jouant au jardin d3 Milly.

Lamartine allait à la Chambre, à la politique plus en feu que jamais, à l'écart de la tribune, témom attristé du duel de l'Assemblée et du président... "Victor Hugo lui communiquait sur son banc des poésies des Châlinienls.

L'après-midi, M"* de Lamartine se promenait en voiture, aux bois de Saint-Cloud, de la Malmaison, sur les bords charmants de la Seine, dans tous ces gracieux paysages de Louveciennes, de Bougival. Nous montions à la Celle, nous

l68 MADAME DE LAMARTINE

faisions halte à la maison de campagne de M""* de Circourt, de race russe, d'esprit parisien, très répandue dans le grand monde de l'aristocratie et de la politique. Elle causait avec beaucoup de charme, d'esprit et de vie. On oubliait sa figure au feu de sa causerie.

Puis nous revenions contempler la beauté de M"* Hubert-Delisle, la ravissante créole si belle et si bonne.

La beauté, cette fleur du corps. Et la bonté, ce fruit de l'âme.

Le soir, malgré l'éloignement de Paris, les visiteurs venaient. Emile de Girardin, mal doué comme causeur ; M"^ de Girardin, la belle déesse blonde, étincelante d'esprit, trop rieuse au gré de Lamartine; M. d'Esgrigny, le gentleman du faubourg Saint-Germain, à la causerie distinguée ; Dargaud ; Ponsard, qui nous intéressa un soir, par la lecture de CharloUe Corday, une primeur dramatique ; le marquisde La Rochejacquelein, grand admirateur de M'"^ de Lamartine. Un jour, marchant dans l'allée de lilas, fixant sur elle sa belle et cordiale tête de lion, il me disait d'un accent pénétré de respect: « Quelle sainte femme! »

Un soir, au retour de Paris, Lamartine confia à sa femme et à moi un secret politique. Le président, fatigué de la politique hostile de l'Assemblée, de ses ministres, avait appelé Lamartine et Tavait supplié de venir à son secours, de former un ministère républicain, d'en être le chef, l'orateur à l'Assemblée. Lamartine refusa.

La vie à Castel Madrid se déroulait paisible, dans une intimité délicieuse, parfumée du printemps. Appelé par un cher m.alade en Bretagne, je reçus vite, en juillet, une lettre bonne et charmante de ma noble amie :

« Je ne veux pas quitter cette retraite où nous avons

passé près de trois mois aussi doucement qu'il est accordé de les passer au milieu de la vie, lorsqu'on n'a plus de joies et qu'on n'aspire qu'à la paix, sans vous dire combien vous nous avez manqué ces derniers jours. Votre absence a fait le vide, vous n'en doutez pas. Vous n'êtes pas assez modeste pour penser que vous avez été remplacé même auprès de Cocotte. Vraiment cette jolie petite créature a montré un cœur inattendu. Elle vous appelait, elle vous cherchait, elle allait piétinant jusqu'à votre table, tournait autour du canapé, et s'en revenait tristement, ne vous trouvant pas. J'ai tâché de la consoler un peu en m'occupant d'elle. Mais elle vous regrette toujours.

« Nous avons attendu avec anxiété la première lettre, car nous étions bien occupés de votre triste voyage, de vos nuits passées, seul de pensée, lorsque l'obscurité lève des fantômes devant l'imagination, sans que vous ayez une voix amie pour vous fortifier. Dieu merci, votre lettre m'a bien rassurée sur l'état de votre père, et m'a fait du bien sous d'autres rapports,

« Mes pauvres pages sont dans le portefeuille. J'ai un peu honte de ne plus faire que ces niaiseries, mais vous savez ma vie interrompue, tracassée, harassée. Je n'ose entreprendre mieux, et cependant je sen^ que je pourrais, comme avant et plas sûrement qu'avant peut-être, peindre à l'huile quelque chose de mieux; mais le temps, le calme, la continuité de séjour, me manquent complètement. Je ne puis pas prendre une grande toile avec la certitude de la laisser en chemin, soit à Saint-Point, soit à Monceaux, et cependant j'ai bien un autre plaisir à peindre la figure humaine que les fleurs des champs. Je viens, avec M. Dargaud, d'arracher deux plantes de ce géranium sauvage qui émaille le bois au printemps, et une racine de fleurs blanches que nous avons cherchées sous les arbres pour une page. Je serai bien aise de faire refleurir ce souvenir un

jour. Adieu, il faut que je termine cette lettre décousue qui a été interrompue plus d'une fois, mais le sentiment qui l'a dictée ne s'interrompra pas.

« Adieu! et au revoir 1 »

« Jeudi, MonceauT.

« C'est à Milly que votre bonne lettre est venue me trouver bien à propos, car je me trouvais triste. C'est vou s dire qu'elle m'a fa t du bien ! Quand on n'a plus 62 bonheu r pour soi, vous ne sauriez croire combien de soulagement on trouve à chercher à concourir au bonheur des autres, et quelle joie lorsqu'on vous dit qu'on y est pour quelque chose, quelque petite que soit la part.

« Mais il faut que je vo is gronde d'avoir pensé que je pouvais vous accuser de n'être pas arrivé. Mon Dieu, non (et parle principe de tout à l'heure), je me réjouissais que vous étiez auprès des vôtres dans votre Bretagne. Je ne la connais que de cœur, et que je voudrais bien la voir! Oh! que la mer me manque cette année!

« Et il faut que l'attrait soit bien grand, car j'y étais bien trappée l'année dernière! voyant mourir ce pauvre M. de Champeaux qui m'était si dévoué!

« Il me donnait bien ce plaisir de savoir qu'il était plus heureux près de nous que partout ailleurs, il me le disait sans cesse.

« Donc j'étais triste. M. de L. avait désiré faire un petit diner de campagne à Milly, et bien que cela me donnât un peu de peine pour organiser la chose et envoyer de Saint- Point tout ce qu'il fallait, en déménageant en même temps pour passer huit jours à Monceaux, je m'y suis prêtée très volontiers. La famille y est venue, et tout s'e>t bien passi. Mais, pour moi, rien n'est plus émouvant que Milly. Cette retraite absolue, que j'ai habitée avec mes deux petits enfants, me retrace mille et mille scènes évanouies par la

mort! Et quoique j'aie eu les m:mes joies ailleurs, Milly, par son abandon actuel, semble avoir plus gardé de traces, rien ne s'est superposé depuis. Aucune consolation n'y est venue, je ne dis pas effacer, mais adoucir les souvenirs.

« Je ne puis regarder la cour sans y voir un chérubin de quinze mois, qui, monté sur une chèvre, venait triomphalement à ma rencontre aux applaudissements de toute la maison, beau, frais, fier, se tenant comme à cheval et souriant de bonheur! Qui m'aurait dit qu'en moins d'un an!... Puis dans le jardin je vois les petits carrés dans l'ombre des arbres verts où ma fille semait, plantait, faijait sa petite récréation, et jouissait, hélas! comme nous tous, de ses fleurs en espérance ; il n'y pousse que des ronces à présent ! Deux ans après, la terre sainte...

« Hélas! j'ai une ténacité d'impressions qu'aucun temps n'efface, tout est toujours présent. Je me fais mal, m}me en l'écrivant. Je vous en fais peut-être à vous-même, car le cœur se devine même à des sentiments inconnus encore. Dieu vous en préserve.

« Adieu, soyez le bienvenu et comprenez que vous l'êtes !

J'arrête la citation à ces po'gnants souvenirs, à cette vision du passé, à cette confidence de mère trempée de larmes. Voilà les tendresses de ce cœur inconnu. Elle les cachait, elle ne les disait à personne, elie les confiait pourtant à un jeune ami aux précoces tristesses, qui avait pleuré avec elle. Pour le monde, sa figure dérobait sous un voile de gravité et de silence ses émotions de mère. Elle avait renoncé au bonheur pour elle, mais sa bonté se dévouait au bonheur des autres. Ah! elle aimait bien ceux qu'elle aimait !

La mort de ses enfants n'avait pas été seulement une douleur, mais un désastre. De leur foyer vide, elle lança le

père et la mère sur la haute mer des révolutions de la fortune et de la politique. L'enfant est un ange gardien. Si les enfants avaient vécu, s'ils étaient restés là, leurs petites mains les auraient soutenus dans les épreuves fatales de la vie. Le père eût conduit sa fortune avec une prudence, une prévoyance paternelle. Il n'aurait pas tenté ses entreprises aventureuses en Orient; le père aurait eu plus de sagesse, la mère aurait eu moins de souffrances. Ses anges l'auraient consolée. Les dernières années n'auraient pas eu leurs tortures. Tous deux auraient eu du bonheur. Il leur aurait manqué le sacre du malheur, l'auréole des supplices de la vie. Leur front n'aurait pas eu la couronne d'épines.

L ETE A SAI.NT-POINT i85i

Revenu de Bretagne à Saint-Point, de la mer à la montagne, dès l'aube, je suis descendu de ma haute chambre, en face du tombeau et de l'église, au cabinet de travail. Il est dans une large et profonde embrasure d'une fenêtre de la tour du nord. Assis devant le bureau de M"* de Lamartine, je regarde une pyramide de dessins et de portraits étages le long du mur. Au sommet se détache la figure fine et socratique de Tami le plus cher, M. de Virieu; plus bas le ravissant portrait de Lamartine à vingt-deux ans, par M"* de Virieu ; le portrait de lélégant duc de Rohan, à la frisure célèbre. Entre les deux, M™* de Lamartine avait suspendu une lithographie populaire de 1848, le héros à cheval passant sur la place de Grève, au milieu des acclamations. Puis, au-dessous, un beau et pittoresque paysage, de l'église de Valneige, souvenir de Jocelyn, un hommage d'un artiste, Durand. L'église est placée entre deux paysa-

ges à la mine de plomb, de M"* de Lamartine, des souvenirs d'Italie, deux clairs de lune sur un golfe et sur un torrent, au temps poétique où on aimait encore le clair de lune. Plus bas, une assez pâle aquarelle entre un dessin de femme par son maître Decaisne, et le portrait vivant d'une femme aux yeux pleins de flamme, l'amie italienne, M"* de Barol, mondaine dans sa jeunesse, pieuse à son âge mûr, l'amie de bon secours de Silvio Pellico, à qui Lamartine avait dédié des stances, après un pèlerinage fait avec elle à la Grande-Chartreuse. Sur un panneau à côté, le portrait de l'ardent et chevaleresque ami, Aimé Martin. Au-dessous, un troisième paysage. Pu;s enfin une des grandes scènes du drapeau rouge, Lamartine debout, au milieu de la foule en armes et le menaçant de mort.

Du côté opposé, un grand bas-relief en plâtre de Lamartine, par Adam Salomon, entre deux médaillons de bronze par David : Lamartine et Victor Hugo. Au bas, une figure de femme aux ailes repliées, assise sous un arbre, au bord d'un lac, par Arsenne, image de la méditation. Puis la bibliothèque aux ogives gothiques, chargée de beaux livres, des œuvres de Lamartine, de Hugo, de Shakespeare, le plus grand poète du monde, comme l'appelait Lamartine, de Byron, les noms glorieux. Le buste de Sapho couronnait la bibliothèque. Dans un coin en face, la figure de Charlotte Corday, d'Adam Salomon, le chaste et héroïque souvenir des Girondins.

M"' de Lamartine avait rassemblé, dans ce bucn reliro, les plus chers et les plus beaux souvenirs du poète et du héros, comme en un reliquaire. C'est là qu'elle venait le malin, près de moi, travailler, lire les œuvres du génie.

Le salon s'étendait sous sa tenture de damas bleu à trèfles blancs, animé de grands portraits de famille et d'amis. Un grand piano anglais s'allongeait dans un angle ; une cage d'oiseaux, posée sur le piano, nous charmait de

ses gazouillements joyeux, aux rayons du matin. La jolie perruche allait, çà et là, venait près de nous. Un bahut de la Renaissance, surchargé de porcelaines de Chine, du Japon et de Saxe, remplissait le vide entre les deux portesfenêtres du salon. Le buste antique de Brian y dressait sa tête caime et sereine.

La cheminée de marbre, à la large ouverture, s'évasait en face du piano, surmontée d'une pendule de bronze, à la femme étoilée, image de la poésie religieuse des Mcdilalions et des Harmonies. Une glace la surmontait. Aux deux côtés, un portrait de Lamanine à la tête jeune, belle, aux boucles de cheveux flottantes à la brise, au cou découvert, sous sa large col erette blanche ; puis le portrait de M""' de Lamartine, à l'heure du bonheur et de la jeunesse, pleine de charme et de douceur, aux yeux bleus, aux regards limpides, reflets de son âme si pure, la tête encadrée d'une masse de cheveux châtains, de boucles semées sur son beau front, les épaules à demi découvertes sous sa robe de mousseline blanche, et la taille serrée dans une écharpe écossaise.

Le mobilier sans éclat, calomnié par la médisance, avait grand air sous sa parure fanée. Des meubles bien modestes, un beau tapis de Smyrne. des vases de Chine, de la simplicité et de la grandeur, je ne sais quelle vie, quel charme, quelle émanation mystérieuse des choses.

OLj-is inanimes, avez-vous donc une âme ?

Elle me conduisait souvent, pour être plus recueillis au tr.iva 1, dans sa chambre même. On traversait le salon, la salle de billard, aux murs couverts de portraits de famille et d'amis, de tableaux inspirés des oeuvres du poète, Jocely.i recevant Laurence des mains du père mourant, des copies italiennes de M""* de Lamartine, un petit album rempli des noms et des hommages des pèlerins.

La chambre de M™® de Lamartine, située sur le balcon gothique, en face de la montagne, au levant, donnait une impression de recueillement. Les lits voilés de rideaux, la petite bibliothèque chargée de livres religieux, les portraits de Julia, peints, dessinés par la mère, la tête couchée sur un coussin et des fleurs, les bras passés autour du cou de son chien, souriant à sa mère, sous les boucles de ses cheveux blonds, le crucifix au-dessus du prie-Dieu ; on se sentait dans un sanctuaire. Puis, au fond de sa chambre, par une petite porte, j'entrais dans le cabinet d.i poète, à la voûte cintrée, au clair-obscur, nu, austère, un caveau de Rembrandt, une grotte des Pères.

Un portrait de Byron. Devant lui, aux côtés de la cheminée, le médaillon de sa mère, le portrait de sa fille, lui souriaient. Une étroite porte vitrée s'ouvrait sur un balcon de bois, le parc, le paisible enclos. Les yeux se recueillaient devant la chapelle funéraire et l'église, au milieu des arbres. C'était une cellule de poésie et de prière.

Par un escalier tournant de pierre, aux larges marches basses, faciles à monter, on arrivait au premier étage, sous une petite porte gothique. Au deuxième étage, sur un lon^^ coniJor de cloître, s'ouvraient les chambres de fam'lle et d'amis, grandes, hospitalières, au confort s'mple. On y sentait les attentions de la ménagère ; le linge parfumé, les sarments flambant dans la cheminée, la chaude hospitalité. Dans les ca'sses des bûches entassées, un vrai luxe de bois à feu. Sur les tables, le bjau papier glacé du maître, des plumes, et sur les murs quelques gravures, partout le crucifix. On y sentait une maison à Dieu.

Après déjeuner, les promenades au bois, le> lectures sous le chône de Jocelyn, par la voix du poète ; Ijs amis assemblés, comme en Orient les groupss d Arabes, à l'ombre des oasis, autour d'un Antar.

Toute la famille était à Saint-Point, Après les repas, La-

martine portait lui-même aux oiseaux et aux chiens, sur la pelouse, le pain et les fruits.

Une femme nous égayait de sa verve. Elle avait l'éclair du mot, et lançait son esprit par-dessus les moulins. D'un maître de pension un peu pédant, elle disait : « Il a tété de l'encre. » C'est d'elle aussi ce mot sur Littré : « C'est un saint qui ne croit pas en Dieu. »

Sa sœur, M"® Valentine, avait une beauté royale, un cœur intime, dont la flamme illuminait les yeux noirs, la figure au teint de roses blanches, la démarche élégante, la voix mélodieuse, la haute taille pleine de noblesse et de grâce.

Sa sœur, M"^ de Belleroche, arrivait, comme la Vierge d'André del Sarte, mère féconde aux grappes d'enfants, aimable et douce; leur mère, à la belle et bonne figure, rayonnante d'amabilité et de sourires, même dans ses malices légères, aimée des nobles et du peuple; famille populaire par la grâce et la bonté.

Puis M""^ de Lamartine, l'âme du foyer. Saint-Point était une maison de paix. Pourtant le bruit y montait avec la politique. M"^ de Lamartine voyait la trahison se préparer au journal même de Lamartine, le Pays, dans un portrait courtisanesque du présidant de la république, écrit par son rédacteur en chef. Lamartine obtenait à grand'psine l'insertion dans son propre journal d'articles affirmateurs de sa fidélité à la république.

Page 1