‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentiqueChapitre 20 sur 43 · A M"10 DE BRINON · texte numérisé non relu

A M"10 DE BRINON

Bibliothèque nationale, Manuscrits, fonds français, n° 15 203.

Ce lundi au soir (25 décembre 1086).

Le Roi a été à une partie de matines cette nuit : il a entendu trois messes aujourd'hui, après lesquelles il est venu voir Madame, où il a été une grosse heure. 11 a été chez Mme la Dauphine ; il est venu au sermon ; il a assisté à vêpres tout du long en musique. Tout cela vous marque qu'il est guéri. On ne met quasi plus rien sur la plaie; elle est guérie. Tout le monde est ravi de joie de le voir sortir. Le père Bourdaloue a fait le plus beau sermon qu'on puisse jamais entendre. Il en fait toujours de très-beaux ; mais il me semble que celui d'aujourd'hui surpasse de beaucoup les autres. Il s'est adressé au Roi

fut d'abord complet; mais le mal reparut, et ce ne fut qu'au mois de janvier suivant que le Roi reprit sa vie ordinaire.

1 On lit dans le Journal de Dangeau, mercredi 11 décembre 1686 : « Le Roi a beaucoup souffert aujourd'hui et nous dit que ce qui a encore augmenté son mal a été la nouvelle qu'il a apprise de la mort de M. le Prince, et le regrette fort vivement. M. le Prince, en mourant, lui a écrit une lettre la plus toucliante qu'on puisse lire. )>

2 La femme de l'intendant Manceau.

sur la fin, et lui a parlé sur sa santé. En vérité, il a bien touché du monde, à ce qu'il m'a paru ; mais Ton voyoit son cœur parler plutôt que sa voix : vous saurez bien ce que je veux dire. Je suis toute à vous de tout mon cœur. Madame se porte fort bien. La joie est peinte sur son visage de la guérison du Roi. Je crois que vous n'en doutez pas1.

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