A M. DE MONTCHEVREUIL
Autographe au château de Mornay.
Ce 14 novembre (1688).
Je vous ai déjà écrit ce matin, je le fais encore pour vous dire que les bontés du Roi dans cette occasion passent mes espérances. Il a fait l'honneur à Mme de Montchevreuil de l'aller voir; il s'est offensé de ce que je lui ai écrit pour le prier de donner le régiment au chevalier, et il m'ordonne de vous dire qu'il donnera tout ce qu'il
1 On lit dans le Journal deDang'eau, dimanche 14 novembre 1088, à Versailles : « M. de Barbezieux entra chez le Roi à son lever, et lui donna des lettres de Monseigneur, qui lui mande que la ville de Manheim s'est rendue. Le duc de Mornay, aide^ de camp de Monsei-
donnoit à ceux de vos enfans que vous voudrez. Voilà de grandes consolations, et surtout quand elles viennent d'un Roi tel que le nôtre. Je suis assurée que vous lui sacrifieriez dix enfans si vous les aviez ; à plus forte raison devez-vous les donner à Dieu. J'espère qu'il aura fait miséricorde à celui que nous regrettons : il faut se tenir prêt à l'aller trouver. Je suis édifiée et étonnée delà force de Mme de Montclievreuil ; elle a pleuré dans les premières heures, elle a été ensuite dans une tranquillité admirable; n'en soyez pas en peine, et reposez- vous en mes soins. Nous ne savons encore rien de la veuve. Adieu, mon cher marquis, vous savez comme je suis pour vous.
A D'IIOZIER.
Bibliothèque nationale. Cabinet des titres. Ordre de Saint-Louis l.
0 décembre (1688).
Je vous ai fait mander que nous aurons pour commissaires M. le duc de Saint-Simon et M. de Béringhen. M. de Yillette a envoyé à Mursay et à Orléans. J'ai mandé à l'abbé d'Aubigné de revenir et j'ai fait toutes sortes de diligences. Cependant je ne compte que sur vos soins. Enfin vous avez ce qui est absolument nécessaire pour ne pas demeurer court, et, pour le reste, nous demanderons un délai si d'autres en demandent.
On ne peut être plus sensible que je suis aux marques
gneur, étant de jour à la tranchée, fut emporté d'un coup de canon. » Le duc de Mornay était tils aîné du marquis de Montclievreuil, auquel le Roi écrivait le même jour : « J'ai élé fâché de la perte (jue vous avez laite. Vous savez l'amitié que j'ai pour vous ; je serai bien aise de vous la taire voie dans celle occasion eu faisant ce que VOUS désire/, ainsi que M,ne de Main tenon vous le dira phis particulièrement. »
1 Voir le tome I r de la France protestante, articles Maintenon et
AuBIGNK.
d'affection que vous me donnez dans cette occasion. Le Roi ne peut comprendre non plus que moi la fausseté de ce contrat. Il me semble que l'on n'en fait guère sans y être convié ; mais vous êtes bon juge et point disposé contre mes intérêts. Ainsi il n'y a qu'à vous laisser faire.