I. IN
274 LETTRES DE Mme DE MA1MEN0N.
Les ennemis paroissent vouloir tenter quelque chose. On seroit honteux de prier publiquement ; mais je crois, monseigneur, que vous priez et faites prier autant qu'il vous est possible.
A M. L'ARCHE VÈQUE DE PARIS
Manuscrits de Mouchy, t. II, p. 151.
(Marly) 5 août (1096).
Si M. l'abbé Testu1 se plaint de vous, mouseigneur, il sera dans son tort; mais je croirois être dans le mien si je ne vous avertissois pas de tout ce qui viendra à ma connoissance sur votre sujet.
Il y a deux jours que le Roi me dit en sortant de ma chambre : Je m'en vais voir un homme que vous croyez bon homme, mais sans esprit, et me nomma le père de La Chaise. Je lui répondis : Vous le croyez encore plus que moi, car vous le voyez plus souvent. Le Roi répliqua : Il est vrai, et cela baisse tous les jours. Je crus l'occasion favorable, et je lui dis : N'allez pas me donner quelque stupide pour confesseur de la princesse2; et ordonnez au père de La Chaise de consulter M. l'archevêque, qui estime fort certains sujets de la Compagnie5. 11 me dit : Informez-vous de quelque chose de bon, et je le demanderai. Me voilà donc en état, monseigneur, de vous consulter la première fois que j'aurai l'honneur de vous voir.
Ne venez point ici; on a regret de tout le temps qu'on passe hors des jardins; on n'ira plus à Trianon4. Nous
1 Voir sur l'abbé Testu la lettre du 8 mai 1675 et la troisième note à cette lettre.
- La duchesse de Bourgogne.
3 11 était d'usage de prendre les confesseurs des princes et des princesses dans la Compagnie de Jésus.
4 On a déjà vu que on désigne le Roi.