‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 10 sur 98 · A M'"'^ DE VILLETTE K · texte numérisé non relu

A M'"'^ DE VILLETTE K

Do Paris, ce 12 octobre.

Madame et tante, le ressouvenir des grâces singulières (|u il vous a plu faire tomber sur de pauvres petits abandonnés me fait tendre les mains devers vous et vous supplier d'employer votre crédit et vos soius à me tirer de céans, la vie m'y étant pire que mort. Ah ! madame et tante, vous n'imaginez l'enfer que m'est cette maison soidisant de Dieu, et les rudoiemens, duretés et façons cruelles de celles qu'on a fait gardiennes de mon corps, et de mon âme non, pource qu'elles n'y peuvent joindre. Rivette vous dira tout au long mes angoisses et souffrances, étant céans seule et unique à qui me fier. Vous supplie derechef, madame et tante, de prendre en pitié la fille de votre frère et humble servante,

Françoise d'Aubigné.

M"' de Villette ne put rien sans doute pour répondre à cette plainte, et les récits ultérieurs de M""= de Maintenon aux dames de Sainl-Cyr nous expliquent une conversion qui ne tarda point. Une niaitresse plus éclairée et plus sérieuse que

* Lavallée, Correspondance générale, I, 55. L'autographe est conservé dans la famille de Mougon, de la descendance féminine d'Agrippa d'Aubigné, et qui pos>ède encore le domaine deSurimeau,cn Poitou.

Page 1