‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 12 sur 98 · A M""^ DE VILLARCEAUX · texte numérisé non relu

A M""^ DE VILLARCEAUX

Manuscrits de Yorsa.Ues. LeUn. Miftantes, 1. 1.

Paris, 27 août IGGO.

' t Aa vnn<; faire la relation de

rentrée d« «'O'^ J^;» ^„ f^,., comprendre tonte a

^"Treù e e crois pas qu'il se puisse rien vo.r

magnificence Je ne h ^^^^^^^^ ,^.^. ^^ ^„„.

de si beau, et la Ucuit u ^^^

assez contente du mar. '■»;» ;, ';^' „„, en envoierelations imprimées, des ujudhme ^^^^ ^^^ ^^

if:;rS«---ueievis.erdi.

^rrlIisorSttcardina, Ma.arin ne fut pas ce

qu'il y eut de plus laid : elle commença par soixanledouze mulets de bagages; les vingt-quatre premiers avec des couvertures assez simples; les autres vingtquatre avec des couvertures plus belles, plus fines et plus éclatantes que les plus belles tapisseries que vous ayez jamais vues, et les derniers vingt-quatre en avoient de velours rouge en broderie d'or et d'argent, avec des mors d'argent et des sonnettes; enfin tout cela d'une magnificence qui surprit tout le monde. Ensuite vingtquatre pages passèrent et puis tous les gentilsbommes et officiers de sa maison, en très-grand nombre; après cela douze carrosses à six cbevaux, et puis ses gardes; enfin sa maison fut plus d'une heure à passer; après cela celle de Monsieur vint. J'oubliois dans celle de M. le cardinal vingt-quatre chevaux de main, couverts de housses magnifiques, et si beaux eux-mêmes qu'en mon particulier je n'eu pouvois ôter les yeux. La maison de Monsieur parut donc très-pitoyable, et ensuite celle du Roi, véritablement royale, car rien au monde n'étoit plus beau. Vous savez mieux que moi ce qu'elle contient; mais vous ne sauriez compiendre la beauté des chevaux sur quoi les pages de la grande et de la petite écurie étoient montés; ils alloient par bonds, et éloient maniés le plus agréablement du monde. Ensuite tous les mousquetaires avec différentes plumes : la première brigade en avoit de blanches, la deuxième de jaunes, noires et blanches, la troisième de bleues, blanches et noires, et la quatrième de vertes et blanches. Après cela les pages de la chambre, avec des casaques de velours couleur de feu, toutes couvertes d'or ; ensuite M. de Navailles *, à la tète des chevau-légers, tout cela magnifique; ensuite

* Philippe de Montault, duc de Navailles, maréchal de France en 1675, et mort en 1684, avait épousé Suzanne de Baudean de Neuillant, cousine de François d'Aubigné. M'"' de Navailles venait d'être nommée dame d'honneur de la reine.

Yardes, àla tête desCent-Suisses : il étoit avec du vert sur de l'or, et de fort bonne mine. ,.. . •

Ensdte... Non, je crois que les gens de qualité smvoient les chevau-légers ; on en vit un très-grand nombre tous si magnifiques que l'on ne sauroit juger en faveur de personne; j'y cherchai mes amis: Beuvron* passa un d s p eTiers avL M. de Saint-Luc ; il me chercho.t auss., mais non pas où j'étois; tous les autres marchoten en désordre. Je cherchai M. de Yillarceaux, mais il avoit un Sval si fougueux qu'il étoit à vingt pas de nK>^avan que ie le reconnusse. 11 me parut fort bien; il eto t de Li4 magnifiques, mais des P^-f J— ''^^^^^^ avoit un beau cheval qu'il manioit bien. Sa tête brune paroissoit fort aussi, et on se récria sur lui quand l Lsa. Tous ces gens-là allèrent faire de grandes révérences au balcon de l'abbé d'Aumont; je vous ai mande oui y éloit^ Le comte de Guiche'^ marchoit seul fort pare de broderies, de pierreries, qui éclatoient au soleil admirabl ment; il étoit entouré de force belle livrée, et suivi de qTelqu s officiers des gardes; il alla sous le balcon, Î mn e vous pouvez penser, où je crois qu'il plut assez, Til étoit admirablement bien, et plein de vert et de blanc qui réussit fort bien.

• A^ Ronvrnn QUI devint lieutenant général de Nor- 1 Le marquis fe^.ï^^"^*'^^"' ,;' m- de Maintenon resta fidèle

^^r^z'i^^r^^:,^:::^^^'' -ce pour oeue

leûve dl^ aiL(1!«te ce.ie pUrase. peut-être »prés une lacune

qui en ^»PPri'";''3'';ifc "iehe était de la -.maison de Gramont. les ' Le cora'e t""!^ Lafavet e racontent ses intrigues galantes à la Mémoires de M- de L^'^J'"" 7 rf.,„„i„,e,.,-e ainsi que celles du ,eute cour ^ Mada- le,^^^^ ,„ar<in,sde\a.des.M de ev ^^^^ ^^ ^^^ ^.^.^ ^^ ^

;rt.t= e point^^ - 1 ^—^ii/:::^ ::tr;rpCUuwit'î:K:rda:s%.usieu.

au passage duâin de 1672, et mourut en 1674.

Les maréchaux de France précédoient le Roi, devant lequel on portoit un dais de brocart....* avec une grâce et une majesté surprenantes. Ensuite parut M. le chancelier^, avec une robe et un manteau de brocart d'or, environné de laquais et de pages vêtus de satin violet, chamarrés d'argent et couverts de plumes. Enfin, madame, il ne se peut rien voir de plus pompeux que tout ce qui s'y fit. On ne sauroit dire des gens de qualité qui étoient le mieux : ils étoient tous admirablement, et si j'avois à donner le prix à quelqu'un, ce seroit au cheval qui portoit les sceaux. La Feuillade avoit affecté une singularité qui ne réussit pas : il n'avoit sur de la broderie que du ruban noir et des plumes noires. Le chevalier de Gramont% Rouville et Bellefonds, et quelques autres gens de qualité suivoient la maison de M. le cardinal ; je ne sais si c'étoit par manière de flatterie, et je m'en informerai, car cela surprit tout le monde. Le chevalier étoit tout couvert de couleur de feu, et fort magnifique. Rouville étoit en housse d'emprunt; pour moi j'aurois pris le parti de n'y pas être, car le Roi sait bien qu'il n'est pas en état de faire ces dépenses-là.

Voilà, madame, tout ce que je puis vous dire pour aujourd'hui ; j'ai même la main si lasse que je ne vous remercierai point de toutes les bontés que vous me témoignez. M*"^ de Préaux m'envoya encore hier au soir une de vos lettres dont je vous rends mille grâces. Je n'enverrai celle-ci à la poste que le plus tard que je pourrai, afin d'attendre des relations s'il y en a d'imprimées.

Dans les premières harangues que l'on a faites, je n'ai point ouï parler de celle du président Amelot ; pour

* Note (lu manuscrit de Versailles : « Ici il inanquo une feuille de quatre pagres qu'on n'a pu retrouver, où elle dépeint les seigneurs, leurs suites, puis la magnificence du Roi ; et voilà la suite de ce qui est perdu : »

* Pierre Séguier.

^ Le héros des Mémoires d'Haniilton.

hier on ne peut encore savoir ce qu'ils auront fait, m celui qui aura le mieux réussi ; je m'en informerai. Ils les firent très-courtes, et par conséquent moins mauvaises; les présidents à mortier étoient assez ridicules avec leur mortier sur leur tête : il sembloit de loin qu'ils avoient de ces boîtes plates de confitures. On chante aujourd hui le Te demi, et dimanche il y aura un feu sur l'eau, devant le Louvre. Enfin, madame, on ne parle que de plaisirs; je vous prie de croire que je n'en ai point un plus grand que de vous donner des marques de ma gratitude

et de mon respect.

Je viens d'apprendre que le Roi donna les clefs de la ville, que l'on lui apporta, à M. de Tresmes, lequel les envoya sur l'heure à M- de Navailles. Les relations ne sont pas encore imprimées; je vous envoie ce

au'il va* T

Trouvez bon, madame, que je fasse ici mes compl.meas

à MM. de Villarceaux, et à M. et W de la Garenne.

Scarron mort (octobre 1660), la jonne veuve commença

„„e pér de de sa vie qui allait être décisive. Elle res a„ sans

fortune très remarquée par sa beauté, par son espnt, par la

i , atioievceptionnelle que lui avait faite une su.gul.ere «n.ou.

e rcet.eV;.riode qu'il nous faudrait "J « X',; .na-es. Mall.eureusement nous n'avons que peu de letl. e, d e lle pèXnt ces années critiques. Nous y remédierons, nuparf, ,fement sans doute, en invoquant les souvenirs quel^ en exprima plus tard dans ses Entretien, avec les dames de Samt- Cvr Ces entretiens n'étaient destinés qu'à être des eçons morales propres à instruire les jeunes pensionnaires, et a les prémunir contre les dangers du monde; ma,s,à li re d'exemple Kë Maintenon se citait elle-même ; souvent, la leçon achevée, eleres it seule avec une ou plusieurs institutrices et 1 enîretien se continuait plus intime, sans les réticences qu exigeait p é"ence des jeunes filles. La narratrice se trouvait en rainée pu l'a vide curiosité de ces jeunes femmes .,ui, cloitree des

Tenfance, suivaient avec une imagination émue et ardente une vie si extraordinaire. On sait qu'elles recueillaient immédiatement par écrit ce qu'elles avaient obtenu de directions et de confidences. Elles nous ont conservé de la sorte une précieuse autobiographie de M"^ de Maintenon, avec de libres jugements sur la cour, sur la famille royale, sur le Roi lui-même. Nous y trouverons de quoi combler en quelque mesure, par des fragments, les lacunes que nous offre la correspondance. Si nous transposons ainsi au temps de sa jeunesse des pages émanées de son âge mûr ou même de sa vieillesse, il sera d'autant plus curieux, lorsque quelques lettres y seront mêlées avec leurs vraies dates, de comparer les réalités actuelles avec les témoignages ultérieurs, et de voir comment, dans celte conscience, les choses se sont transformées à distance, comment s'est formé le voile qui a donné l'harmonie à un toi ensemble. — Aux lettres qui nous montrent la veuve de Scarron cherchant, pendant ces difficiles années, quelques appuis de famille soit pour son frère, le compromettant Charles d'Aubigné, soit pour elle-même, nous ajouterons trois morceaux de ses Entretiens et de ses Instructions qui racontent sa vie depuis la mort de Scarron jusqu'au moment décisif où elle accepta d'élever les enfants du Roi et de M""^ de Montespan.

A M. DE YILLETTE »

23 oclobrc (1660).

J'ai trop de marques de votre bonté et de votre amitié pour croire que l'envie que vous me témoignez de savoir l'état de mes affaires soit un simple effet de curiosité ; mais, à vous dire le vrai, l'état où je suis est si déplorable

* M. de Villette était son oncle, mari de cette tante qui avait soigné son enfance. M. Honoré Bonhomme a publié cette lettre, ainsi que plusieurs autres de M"* de Maintenon à M. et M"" de Villette, dans sou livre : ill™» de Maintenon et sa famille. Il dit en posséder les autographes, longtemps conservés dans la famille même. — La présente lettre est de bien peu postérieure à la mort de Scarron, survenue le 14 octobre 1600.

que je crois vous épargner de la douleur en ne vous en

^rsro::Sd;::rUaebienetvingt.

deux ÏÏ le fr ncs de deltes. Il m'en est dû v.ngt-tro.s

vaise forme que, b.en que n a d *; ^^ P ^^^ ^„,^,, que, par conséquent, jf J^^^-'^f^J/^^, d'absorber créanciers, je " -^ ^^„ ^ufs," use'que la mienne

l'état du bien de ce p^ mangeoit tout ce

prit en repos. nff.iires- mais vous

VoiH bien vous parler de mes atlaiies,

'^'=""'h: rSnaïïon Te o»haite\u-il y ait plus de ^ne grande res.go'Uon^ 0 très-certainement les per-

Tnrrnie^ejJe avec le plus de respect et de tendresse. , .

A M. DE NUBEÉ*.

Autographe à la Bibliothèque impériale de Vienne. Manuscrit 7019, n* 81.

(Octobre ou novembre 1660.)

M. de Bouilly ne pouvoit in'obliger plus sensiblement qu'en me rendant de bons offices auprès de vous, et il n'a pu vous exagérer assez le cas que je fais de votre mérite et de l'amitié que vous m'avez promise. Vous avez perdu un ami si zélé en la personne de feu M. Scarron qu'il me semble que je dois partager votre douleur aussi bien que vous partagez la mienne. Je vous en suis infiniment obligée, et je suis plus que je ne vous le saurois dire votre très humble servante.

Page 1