‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 13 sur 98 · A M. DE VILLETTE · texte numérisé non relu

A M. DE VILLETTE

7 décembre (1060).

La régularité que vous avez eue à m'envoyer mon pal)ier baptistaire * vous va attirer encore une importunitê de ma part ; je Vous conjure donc de vouloir ftiire des papiers que je vous envoie ce qu'il faut; j'entends si peu les affaires que je ne saurois vous dire que c'est pour faire compulser mon extrait baptistaire. Yoilà un grand

* M. de Nublé, avocat au Parlement, à Amboise, était un lionnno fort considéré, ami de Ména^^e. Set,^rais, dans ses Mémoires, raconte (|u'ayant acheté une terre à Scarron, il s'aperçut que le poète, peu informé de son propre bien, la lui avait vendue fort au-dessous de sa valeur réelle; il l'obligea à recevoir une somme supérieure à celle qui avait été convenue.

- Sic. La vallée. Correspond, générale, 1, 95, donne celte lettre d'après les Manuscrits de A/"" d'Aumale, (jue Monmerqué cite également dans son Introduction aux Mémoires du marquis de ViUette. Les pajtieis de Monmerqué, qui contenaient ces Manuscrits, ont été brûlés à la Bibliothèque du Louvre, eu 1871.

mot» et je ne sais s'il suffira pour vous faire entendre ce que je souhaite de vous; je vous conjure d'y travailler le plus tôt qu'il vous sera possible.

Je n'ai encore nulles nouvelles à vous mander de mes affaires; on me fait espérer que celle de M. le surintendant réussira, et mesdames de NavaiUes et de Montausier s'emploient pour me faire donner une pension par la Heine'-. Voilà toutes mes espérances ; je ne sais si elles sont bien ou mal fondées; je vous en avertirai quand je le saurai ; puisque vous avez la bonté de vous intéresser dans mes malheurs, je vous supplie de faire part de cette lettre ici à ma chère tante.

Je ne sais si vous avez ouï parler du retranchement de ce (lui étoit le plus beau dans la charge de capitaine des gardes du corps ; le Roi veut disposer de tous les officiers subalternes, et ce ne sera plus les capitaines qui en disposeront; on retranche dix compagnies du régiment des gardes; on met un quatrième trésorier de l'épargne. On retranche aussi quelque chose aux gouverneurs de provinces, mais je ne me suis pas bien fait expliquer ce que c'est. On met tous les jours de nouveaux impôts- redit contre les passemens d'argent et de fil sera publié le premier jour de l'an, et fort observé ; le Roi

i C'est un mot de jurisprudence. Compulser, c'est, au propre, obtenir communication d'une pièce déposée chez un notau-e ou chez

^^"Ï t^lT^ cette pension, qui fut de 2000 livres. A la mort d'Anne d'Autriche, en 1666, elle cessa, mais pour un mois Teul ment, de la recevoir. La Beaumelle a supposé que M»"^ Scarron at enïit longtemps le retour de cette faveur, et il a forge plusieurs îe très à ce sujet. Une légende s'est même formée sur les preten- ■ dues dificultés qu'aurait suscitées Louis XIV. I>es documents aule, tiques ne présentent rien de pareil. Une lettre de M-" de lameno de décembre 1716, nous apprend que ce lut a la solhcitat.on h maréchal deVilleroy, alors inconnu de la veuve de Scarron, que la pension fut rétablie. M- de Maintenon ne 1 oublia pas, et ce fu ^it-être l'origine de cette faveur soutenue du maréchal qui devint si malheureuse pour les armes de la France.

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dit fort qu'il ne veut pas voir ruiner sa noblesse. On a fait une comédie du mariage du Roi, où l'on voit sur le théâtre les rois de France et d'Espagne, l'infante, la reine mère, le cardinal, don Louis de Haro, et de plus l'empereur et la princesse de Savoie; on la joua au Louvre il y a deux jours, et toutes les personnes intéressées en furent fort contentes; c'est une pastorale*. Je ne l'ai point vue, car je ne suis plus en état de voir ces clioseslà que lorsqu'elles seront imprimées ; je vous enverrai celle-là dès que je l'aurai.

Adieu, mon cher oncle; j'en use avec vous avec bien de la liberté ; mais en qui dois-je avoir plus de confiance qu'en vous, puisque vous êtes l'homme du monde à qui j'ai le plus d'obligation, et qui m'a servi de père en mon enfance? Je conserve ce souvenir avec toute la tendresse et toute la reconnoissance que je dois.

A M. D'AUBIGNÊ, A TOULON.

Bibliothèque nationale. Manuscrits. Cabinet des titres*.

(De ICGO à 1603.)

Je reçois avec toute la douleur imaginable les nouvelles du mauvais état où vous êtes; mais je ne suis guère en état de vous consoler, puisque je suis plus malheureuse que vous.

Il est fort fâcheux que vous ayez l'aversion que vous me témoignez pour la mer, puisque je ne sais point

* LesparolesétaientdeQuiiiault. VoirlaGase/fe de France delGGO, page 1217.

* Ordre du St-Esprit, t. LV, f» 162; de la main de Clairaiiibault, qui date : do 1660 à 166">. Cette lettre a été iinprinnée pour la première fois dans l'article de M. Bordier sur Charles d'Aubigiié, France prolestante, t.l (2* édition), colonne 540. Elle n'est point dans le recueil de Lavallée.

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