‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 24 sur 98 · A M. DE VILLETTE, A NIORT · texte numérisé non relu

A M. DE VILLETTE, A NIORT

Lavallée, Correspondance générale, 1. 1, p. 180.

A Saint-Germain, ce 5 avril (1674).

Je ne vous ai pas mandé tout le chagrin que j'ai «?u de ce qui s'est passé sur vos intérêts dans le temps quej'étois invisible* , parce que je hais tout ce qui est inutile.

1 La copie de Versailles met ici entre parenthèses : « les enfans du

Roi ».

« La duchesse de Richelieu.

3 Philippe le Valois, marquis de Villette, était lils de celle M;- do VilleUe (jui avait été si secourable à la jeune Françoise d'Aubigné. Né en lt)")2. il servit d'abord dans l'armée, et, depuis 1G72, dans la marine, où il se distingua. H avait été élevé dans la religion réformée, qui était celle de ses parents. Ses Mémoires, fort intéressants pour les campagnes maritimes auxquelles il prit part, ont été publiés i.ar Monmerqué dans la collection de la Société de l'histoire de France. Lavallée doime cette lettre d'après les Manuscrits de Mlle dWumale que possédait la liihliothèciue du Louvre, Jjrûlée en 1871. Monmerqué cite la plus grande partie de la lettre, d'après la même source, dans sa prélace aux Mémoires de Villette, page yi.

* C'est-à-dire lorsqu'elle élevait en secret les enfants du Roi. Nous avons dit que la déclaration royale (lui mettait fin à ce secret était du

J'ai parlé à M. de Seignelay * et lui ai demandé fort instaniinent de vous donner du moins tous les agrémens que vous pourriez désirer pour adoucir le chagrin où vous êtes. 11 m'a donné sa parole positive de vous accorder tout ce qui dépendra de lui et de songer à vos neveux de Sainte-Hermine: prenez donc patience, et espérez qu'une autre année vous sera plus heureuse ; mais comptez que rien ne peut vous être si hon en ce pays-ci que de vous attacher à votre métier, comme si vous vouliez être un matelot. Il ne faut point être si actif, et ce qui paroîtroit propre à réussir pourroit très-bien nuire auprès de gens qui veulent que l'on sache se tenir en repos, et qui appréhendent plus que toutes choses les gens inquiets et intrigans.

Adieu, mon cher cousin ; je suis très-fàchée de pouvoir si peu, et étant très contente pour moi, je vois avec bien de la douleur que je suis peu utile à mes proches, dont vous êtes assurément ce que j'aime le mieux.

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Manuscrits de Versailles. Lettres édifiantes, t. I, p. 50.

Ce lundi au soir, juillet (1674).

Il y a longtemps que j'ai envie de vous écrire ; mais les jours se passent dans un esclavage qui empêche de faire ce qu'on voudroit; je suis toujours assez triste, et les

20 décembre 4675. Cette leUre-ci ne peut donc pas être de 1673, comme l'a cru Lavallée. D'après les indications de Monmerqué, la copie ne donnait pas de millésime. On sait que les autographes n'en indiquent que très rarement.

* Fils aîné de Colbert et né en 1651, il était déjà chargé, sous la direction de son père, du déi)artement de la marine. Voir sur son intéressant caractère P. .Clément, Lettres de Colbert, lil, Introduction.

JUILLET 16?i -

choses prennent un air qui ne me convient pas. Je n a tl\Jz de pouvoir sur moi pour n'eu point souffrir, et c"t quelque progrés que j'ai fait d'avoir ôté 1 impatience t de n'avoir plus que la douleur. Je fais mon possible pour me consoler avec Dieu, et je suis dans une situa ion Is "ouce .lue je n'avois espéré. Je fis hier mes dcvo- Uons, navan pu les faire le jour de la Visitation ; je me confessai h un liomme qui ne m'entendoit point, et qui m"ssura que je ne lui disois pas un péché: je suis sure que vous en auriez jugé autrement.

Voilà le compte que je vous dois de mes affaires spiatuelles, passons aux temporelles. J'ai ™«. «'^'J^T^^'';';'' d'acheter une terre, et je n'y puis parvenir. M de i^nlchevrcuil est à Paris, et je l'ai prié d'y travailler et de • 'il ruire de ce qui est à vendre. Je vous prie de le voir ot de joindre toute l'amitié que vous avez pour moi poui „,e servir en cette occasion ; car il n'y en aura jamais une plus importante pour mon repos.

Si vous voyez M- de Richelieu, exc.tez-la a p esser les gens à qui j'ai affaire à songer un peu a mon ctablis-

'TeRlgois, votre neveu', me défend de lui faire réponse ef il me fait grand plaisir, car je n'en auro.s ja- E 'eu la hardiesse. J'ai lu sa lettre avec e plus grand Plaisir du monde; je serois bien aise quil m en ecnvit ui que je pusse montrer, car j'ai une grande passion "r quel: mérite soit connu ici. " ^-^^^^ ^ - Ln simple remerciement de ce que je lu. ai fa-t.^»"- "•«; princes et Versailles; qu'il loue tout ce qu il a vu et

. Le noi et M- do Monlcspm. lui avaient, promis «n présent de

100 000 livres. . .,„ j Maintcnon le Ot

. 11 s-agit de rabte C'a"de Le Ragois. M de^ pour loducation

nonnner V'^'^^l^^^^l^'Z^i^^Z Fraie et .ur ni.du jeune prince 1 '""rutiion su ^^^ maisons

toire romaine, ouvrage qui, '""S"^"^^.,^'' d'éducation, eut un grand nombre d éditions.

; :^%;'*»ÇÎ?'^i*'î>i€# - ■

qu'il dise quelque chose sur l'éducation, et tout cela simplement et sérieusement. Je connois le goût de ce pays, c'est pourquoi je prends la liberté de vous dire ce qu'il fiuit. Je vous ])rie de me faire faire des copies de tout ce que vous et M. votre neveu avez écrit sur l'histoire de France, et qu'il fasse quelque chose d'aussi succinct sur l'histoire romaine ; mais que vos copies soient de cette belle écriture dont vous usez quelquefois. Écrivez-moi amplement par M. l'aumônier.

A M. VXmf: GODELIN.

Maïuiscrils de Versailles. Lettres édi/iaîites, t. I, p. 36.

1" août 1074.

Je suis bien persuadée que je ne pouvois mettre mes affaires en meilleures mains que dans les vôtres, et qu'étant mon ami autant que vous l'êtes, et aussi bien informé de l'intérêt (|ue j'ai d'acheter une terre, vous ne perdriez pas de temps pour m'en faire trouver uns. Quelque soin (|ue vous y preniez, je n'en aurai pas sitôt; on a de la peine à trouver ce qu'on cherche, et les gens de qui je dépends ne me paroissent guère pi'cssés de m'établir. Cependant il fout s'éclaircir de la manière dont ils sont {mur moi, en leur pioposant quelque chose de présent et de solide.

M'"« la duchesse de Richelieu et M""' de Montespan traitent présentement d'un mariage pour moi qui pourtant ne s'achèvera pas; c'est un duc assez malhonnête homme et fort gueuxS et ce seroit une source de déplaisirs

* Les Mémoires des dames do Sainl-Cyr disent, en effet (p. 19), qu «on voulut la marier au vieux duc de Villars; peut-êfie là \m\séc en étoil-elle venue à M™" de Monles])an pour s'en défaire plus liomiètement ; elle refusa ce maiiai^e ».

ol d'oinbanas qu'il seroit in.prudcul de s'attuer; j en a. ti assez dans une condition singulière et eny^ee de l i le monde, sans en aller chercher dans un état qu. fait le malheur des trois quaris du genre huniain (,epend nt ie n'ai point ronqn. la négociation , car je seros S a se que M- de Richelieu voie la frouleur et 1 .n- Sérence de M- de Montespan sur tout ce qu. regarde mes affaires essentielles. .,u„„..

[Je vous ai envoyé de l'argent • par M-' de Codang , >,nur naver le i.remier (luarlier de la pension de Toscan,

lur avance quelque chose à M Loiselle; il en faudra

tt poui aNaïK^L 1 1 c'est M"" de Montespan

faire des mémoires dilferens, tai c tsl m ut i

qui paye pour le petit garçon, et ce sera mo. qui auia. soin de cette pauvre femme.] • • •„

M le duc du Maine est toujours malade ; mais je n y

vois'point encore de péril. Je ne laisse 1-/»'^'- »™'S-; et c'est toujours terrible de voir souffrir ce que 1 on a n e e sens avec beaucoup de douleur que je n aune ;'rmoins cet enfant ici que j'aimois l'autreS et cette Lblesse me met en si mauvaise humeur, que j i a pleuré tant (lue la messe a duré; rien nesl si sol que KLr avec'cet excès un enfant qui n'est pas a ^i, dont je ne disposerai jamais, et qui ne medomR.^a dans la sn tenue des déplaisirs qui me tueront et qu. déplairont Z^Zs à qui l esl. En vérité, il y a bien du mauvais ^sf Le'urer dans un é.at si désagréable; il a.U^eJre hien esclave de l'usage pour n'oser innover une conduite uni me meUroit en repos. Voilà trop parler de mo. c pour en linir le discours, trouvez bon <iue je vous dise que je ne comprends pas le scrupule où vous me paro.s- L être d'avoir fait deux voyages à Versailles. S. vous

croyez que j'y puisse demeurer en conscience, il sera difficile que vous n'y veniez pas quelquefois; et ne rompant pas avec moi, il f*iudra bien me venir chercher où je suis. J'entends mieux le regret où vous êtes de me conduire si lentement â Dieu, et je mène une vie à donner peu de plaisir et à faire peu d'honneur à mon confesseur. Ce n'est pas que je fasse plus mal qu'à Paris, au contraire, je pense plus à mon salut; il est vrai que ce ne sont que des pensées inutiles, et que le même esprit d'extrémité qui me fait désirer de quitter la place où je suis, parce qu'on m'y trouble, me fait abandonner tout usage de piété, parce que je ne règle pas ma vie comme je le voudrois. Je n'ai point oublié de faire mes dévotions à la Magdelaine, j'en ai eu une assez grande envie; mais soit raison ou tentation, j'ai cru qu'il y avoit une manière d'hypocrisie à communier ici plus souvent que je ne faisois à Paris. Si vous voulez me donner une règle là-dessus, vous me ferez plaisir. Dites-moi aussi votre avis sur la médianoche* ; je suis bien aise de la faire avec le Roi, SI vous jugez qu'il n'y a point de mal, et s'il y en a, je n'hésiterai plus à ne m'y pas trouver.

Vous devriez vous faire un grand scrupule des louanges que vous me donnez et de celles qui me viennent de vous par M. Le Ragois. L'estime des gens d'aussi bon goût ne sauroit être indifférente et ne flatte que trop la vanité d'une personne pétrie de gloire et d'amour-propre. Je vous demande pardon de vous avoir fait lire si longtemps; on a bien des choses à dire à un homme en qui on a toute sorte de confiance.

J Repas de minuit {média nox, mezza nolle). On appelait ainsi le lepas en gras que l'on faisait immédiatement après un jour maim-e Celait ce qu on appelle encore dans le peuple, surtout après la messe de mnmit de la lète de Noël, le réveillon

A M. L'ABBÉ GOBFXIN.

Manuscrite de Versailles, lettres édifiantes, U I, V- ^S-

(Août 1G74.)

Les froideurs que l'on a pour moi ont augmenté depuis cmevous êtes parti, cl mes amis s'en sont aperçus et m'ont fait des complimens sur ma disgrâce. 3 en parlai hier au matin à M- de Montespan, et je lui dis que je priois le Roi et elle de ne point regarder la mauvaise humeur où je leur paroissois comme une bouderie contre eux- que c'étoit quelque chose de plus sérieux, et que je vovois à n'en pouvoir douter, que j'élois très mal avec elle et qu'elle m'avoit brouillée avec le Roi. Elle me dit sur cela de très mauvaises raisons, et nous eûmes une assez vive conversation, mais pourtant fort honnête de part et d'autre. Ensuite j'allai à la messe, et je revins dîner avec le Roi. On rendit compte de ce qui se passoit a M. de Louvois, et on me l'envoya le soir pour me faire entendre raison ; il me parut qu'il entendoit les miennes, et je les lui expliquai, avec peut-être trop de sincérité : vous savez qu'il ne m'est pas possible de parler autrement. Enfin, k conclusion fut quej'emploierois encore quelque temps à tâcher de me raccommoder de bonne foi. Je lui promis ce qu'il voulut, et M- de Montespan et moi devons nous parler ce matin; ce sera de ma part avec beaucoup de douceur; cependant je demeure ferme dans le dessein de les quitter à la fin de l'année, et je m en vais employer ce temps-là à prier Dieu qu'il me coii^uise a ce qui sera le meilleur pour mon salut. Faites-en de même je vous en conjure. J'ai trop de marques de votre amitie pour douter de l'intérêt que vous prenez à ce qui se passe, je vous en rendrai compte avec soin. Mes complimens à M. Le Ragois ; il me semble que je l'ai reçu très-

'^^ l-KTTRES m: M- DE MAINTENO>\

mal la dernière fois qu'il vint ici; vous savez le irouble où j'étois, et jo vous pii(3 que je n'en sois pas plus mal avec lui.

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Manuscrits de Vorsaillos. Lettres rdiflantes, t. I, p. 44.

i*^"" soptonihro 1G74.

Je souffre d'être depuis si longtemps sans commerce avec vous ; mais quand je veux vous écrire, je ne trouve rien à vous dire que je ne vous aie écrit bien des fois. Je SUIS accablée de mélancolie; on tue ces pauvres enfans sans que je puisse l'empêcher; la tendresse que j'ai pour eux me rend insupportable à ceux à qui ils sont et l'impossibilité que j'ai de cacher ce que je pense me fait haïr des gens avec qui je passe ma vie, et auxquels je voudrois ne pas déplaire, quand ils ne seroient pas ce qu ils sont. Voici une période un peu longue, c'est que la matière ne s'épuise pas aisément, et vous n'en êtes pas quitte. Je me suis résolue quelquefois à ne pas tant mettre de vivacité à ce que je fais, et à laisser ces enf-ins à la conduite de huir mère; mais j'entre en scrupule d'oflenseT Dieu par cet abandonnement, et je recommence à prendre des soins qui augmentent mon amitié, et qui en me renfermant avec eux, me fournissent mille occasions de douleur et de chagrin. Voilà l'état où je suis, qui est plein de trouble; rien ne peut me mettre en repos mie de me voir un établissement, et je n'y puis parvenir.

Voyez quelquefois M. Viette pour le presser, je vous en supplie, et priez Dieu qu'il me donne la force de le servir malgré l'abattement et l'agitation où je suis; ce sont deux étals fort différens qui partagent ma vie, et qui sont comme vous savez mieux que moi, fort opposés à la paix

^ SEPTEMHBE 1C74. — "

.t à la vigilance qu'il faut pour le salut. Dieu soit loué de tout! je n'aurois peut-être jamais pensé à lui, si j axois été plus satisfaite des hommes.

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Manuscrits do VersaiUos. Lettres édifiantes, 1. 1, p. oô.

A Versailles, ce 5 septcniljre (1074).

M l'aumonierde M. le duo .lu Maine m'a dit que vo,,s „.. voulie. pas venir ici sans mon consenten.enl ; je ne sais pourquoi vous apportez toujours ce retarden.ent au plaisir que j'ai de vous voir, étant auss. persuade que vous devez ï-étre qu'il n'y a point du temps a prendre pour vous avec n,oi ; venez donc, sur de me rouyer prête à vous entretenir et à vous donner à dîner. Kn at cndanl, vovez, je vous conjure, la n,ère supérieure des Hosp, aliè-resot tachez dobtenir d'elle de recevoir a la Roquette' une demoiselle que j'y voudrois mettre pour quelque lomps; c'est la sœur de M«« de la llarlelon^e ^lu. est auprès de moi, et que je crois que vous connoissez; je kvois donnée à M- de Monlespan, qui 1 a ôtee pour me fâcher; je cherche à la placer, et. en attendant, je 1 avois mise chez M- de Lencos,ne; mais elle son va en Touraine : ainsi il faut mettre cette fdle a.lleurs. C est une créature sans façon ni pour le logement, m pour la nour-

. Sur ro,n,,laco„,ent acluel de la pri.on .le l;' «'''l-;^^,''/;^J,'',:;: r !• «» \(\-\i\ \o rouvent des ospitalieres de la Lliaiiit i^oiu [;::;!:; iravaifielnph^a-lncieu Uùterde Bel-EsLat, .pu appa.lena.t

" "'m'-Ï de 'la Harleloire était une parente do Searron, pauvre et de M dt »'\"'"^'' j ^^,,, „,„„ revenir, car M-' de Main-

lll^ir^rcè'a'^V:";: r;;:,- avoc ..eauc„„p .raneclon et de dévouement.

riture; et c'est assez pour vous le faire voir que de dire qu'elle est réduite à servir. La pension ne peut être considérable, et je ne leur laisserai* que peu de temps. Je sais les difficultés raisonnables qu'elles ont de recevoir de grandes filles; mais celle-là ne verra que son frère ou sa sœur et ne sortira point du tout : j'espère dans leur amitié pour moi et à la déférence qu'elles ont pour vous. Adieu, monsieur, j'ai grande envie de vous entretenir.

A M. L'ABRÉ GOBELIX.

Manuscrits de V«^rsailles. Lettres édifiantes, t. I, p. 56.

Ce 13 septembre, à iO heures du soir (ir)74).

M-^^ de Montespan et moi nous avons eu aujourd'hui une conversation fort vive; et comme je suis la partie souffranle, j'ai beaucoup pleuié, et elle en a rendu compte au Iloi, à sa mode. Je vous avoue que j'ai bien de la peine à demeurer dans un état oii j'aurai tous les jours de ces aventures-là, et qu'il me seroit bien doux de me remettre en liberté. J'ai «;u mille fois envie d'être religieuse, et la peur de m'en repentir m'a h\[ passer par-dessus des mouvemens que mille personnes auroient appelés vocation. Je meurs d'envie il y a sept mois de me retirer, et la même peur m'empêche de le faire; c'est une prudence bien timide, et qui me fait consumer ma vie dans d'étranges agitations. Songez-y devant Dieu, je vous en conjure, et considérez un peu mon repos. Je sais bien que je puis iiiire mon salut ici ; mais je crois que je le pourrai encore plus siirement ailleurs. Je ne saurois comprendre que la volonté de Dieu soit que je souffre de M»« de Monfespan. Elle est incapable d'amitié, et je ne

* Pour : je ne ly leur laisserai.

puis m'en passer; elle ne sauroit trouver en moi les oppositions qu'elle y trouve sans me haïr; elle me redonne au Roi comme il lui plaît, et m'en fait perdre l'estime; je suis donc avec lui sur le pied d'une bizarre qu'il faut ménagera Je n'ose parler au Roi directement, parce qu'elle ne me le pardonneroit jamais; el quand je lui parlerois, ce que je dois à M™^ de Montespan ne me peut permettre de parler contre elle; ainsi, je ne puis jamais mettre aucun remède à ce que je souffre. Cependant la mort vient, et vous et moi aurons un grand regret à un tel oubli du temps passé.

M™*' de Montespan trouve quel(|ue raison à accorder à ces bons Pères qu'ils soient chargés de la fondation en cas que la maison de Saint-Joseph se détruise; mais elle ne veut pas se rendre sur ce qu'elle pourroit être transférée-.

* Toute cette première moitié de la lettre est citée à peu près textuellement dans les Souvenirs deM°""de Caylus. Remarquons à cette occasion son témoignag^e : « Je rapporterai quelques fragmens des lettre;? de l'abbé (iobelin. On y verra mieux que je ne pouirois l'exprimer et ce qu'elle eut à soullVir et quels étoient ses véritables sentimcns. Il est vrai qu'il seroit à désirer que ces lettres fussent datées : mais les choses marquent assez le temjis où elles ont été écrites. » Nous donnons ici, mais sans en garantir l'exactitude, en la contestant même quelquefois, les dates qui se trouvent dans les coi)ies manuscrites de Versailles.

* M""' de Montespan faisait au couvent des Dames de Saint-Joseph la fondation d'une lampe pour la chapelle du Saint-Sacrement. Au milieu du scandale de sa faveur, elle ne laissait pas d'accomplir certaines œuvres de piété et de charité. Elle était la bienfaitrice de ce couvent de Saint-Joseph, situé au faubourg Saint-Germain, entre la rue de Grenelle et la rue Saint-Dominique, près de l'abbaye de Panthemont. Au cas où le couvent ne subsisterait pas, la fondation devait être transportée aux Jacobins de la rue Saint-Dominique.

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A M. L'ABBÉ GOBELIN

31aiiusciits de Vorsailles. Lettres cdifiantcs, t. I, p. Gl.

Ce 10 scpleiiiljre 1074.

Quelque diiTéreiiles que mes lettres \ous paroisseiit, je puis vous assurer qu'il y a sept mois* que je pense la mênie chose. Comme je vous parle toujours sincèrement, je no vous dis point que c'est pour servir Dieu que je voudrois quitter le lieu où je suis : je crois que je puis faire mon salut ici et ailleurs; mais je ne vois rien qui nous ■défende de songer à notre repos et à nous tirer d'un état qui nous trouble à tout moment. Je me suis mal expliquée si vous avez compris que je pense à être religieuse, je suis trop vieille pour changer de condition, et selon le bien que j'aurai, je songerai à m'en établir une pleine de tranquillité.

M'"*' de Richelieu est présentement avec M"'' de Montcspan pour tâcher de la faire ex})liquer sur ce que je puis espérer. Si, par la mauvaise humeur où l'on est pour moi, on se lient exactement aux cent mille francs, je ne crois pas devoir les mellre à une terre; nous veirons ce que nous ferons. Je me consomme de chagrin et de veilles, je sèche à vue d'œil, et j'ai des vapeurs très-mélancoliques. M. le duc du Maine se porte mieux, et les autres sont en parfaite santé.

Je vous donne le bonjour et je vous prie de croire que je suis aussi sensible que je le dois à toutes les bontés que vous avez pour moi; elles font ainsi toute ma consolation, et je ne vous accuse plus de dureté.

Elle se considère comme faisant i>artie de la cour depuis la déclaration du 20 décembre 1075.

ol

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Mamisciils do Versailles. Lellrcs édi/innlcti, l. I, p. GO.

Samedi au soir lin se])lembrc 1074 ••

Il est vrai que j'ai été dans une extrême tristesse les premiers jours que j'ai été ici; il me semble que je le suis moins présentement; je passe les heures comme des momens quand je laisse aller mon imagination aux châteaux en Espagne, et je me fais des retraites plus ou moins sévères, selon l'état où sont mes affoires. i\e vous alarmez pourtant pas, il n'y en a aucune dont vous ne soyez, et je ne songe point du tout à vous échapper. J'avois dans la tête trois affaires, dont il y a déjà deux de faites; ce sont des avis que j'ai demandés et obtenus, et sur lesquels le Roi me domiera quelque somme'-; je ne sais pas encore ce que ce sera. L'autre, c'est un mariage pour mon frère, (pii est en assez bon chemin. Je deviens

* La Saint-François, qui est du 4 octobre, est mentionnée comme j)rocliaine dans cette lettre et la suivante. Lavallée i)lace donc à tort cette lettre en juillet.

- M"^ Scari'on obtint précisément vers ce temps, i>our elle et pour son frère, ])lusieurs concessions avantageuses, l'armi les faveurs tpie le Roi distribuait aux personnes de sa cour étaient des privilèges sur certaines industries. Celui qui avait fait une invention n'obtenait le droit de l'exploiter que moyennant une redevance à la personne favorisée ou bien un partage de bénéfices. On trouve dans la Correspoudance administrative de Louis XIV, publiée par M. Depping, un jtrivilége à M'"'' Scarron i>onr la consti'uction de fours et fourneaux : il est daté du 50 sejileinbre 1074. La suite de sa vie montrera un désintéressement complet; jamais personne en crédit ne coûta moin$ à un roi. Mais, en ce moment, elle ne pensait qu'à quitter la situalion qu'elle avait acceptée, à obtenir, i)ar des avantages conloi-mes aux mucui's du temps, le légitime salaire qui la mettiait à l'abri de la gène et lui permettrait de vivre selon sa condition. Elle n'avait pas à compter sur la générosité de M"" de Montespan, qui obtenait cependant, elle, bien d'autres affaires. Cette maîtresse avait un vaisseau à elle, le Hardi, armé aux frais de l'Etat, qui faisait la course à son prolit, et le reste.... Voir P. C\(i\\\q\i{, Lettres de Cotbert, t. m, pièce n° 487 .

la plus intéressée créature du monde, et je ne songe plus qu'à augmenter mon bien; ce n'est pas sans scrupule du côté de riionnételé, et j'ai de la peine à presser des gens de me faire des grâces, quand je pense que ce n'est que pour les quitter. Cependant je m'y trouve plus résolue que jamais, et rien ne me paroît si difticile que de demeurer dans l'état où je suis.

M'"« de Montespan vous envoie mille francs par M™" la duchesse de Richelieu pour la fondation de la lampe; si vous en avez à meilleur marché, à la bonne heure. Je ferai mon possible pour aller à la Saint-François, à Paris, faire mes dévotions; c'est une coutume que j'ai depuis longtemps, et où je n'ai garde de manquer; il seroit à désirer que ce ne fut pas l'habitude qui m'y eût fait penser.

Nos princes sont en parfaite santé et cassent avec beaucoup de plaisir ce que vous leur avez envoyé*. La belle madame s'en est jouée tout un matin. M. l'aumônier est bien reconnaissant de peu de chose, je voudrois pouvoir faire plus de bien que je ne lui en fais, il est très-bon homme.

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Manuscrits de Versailles, lettres édifiantes, 1. 1, j). 60. [V'm septembre ou coiniiieiiceineiit d'octobre 1074.)

J avois une grande impatience de vous apprendre que le Roi m'a encore donné cent mille francs, et qu'ainsi en Voilà deux cents que j'ai à votre service. Je ne sais si Vous êtes content de cet établissement : pour moi je le suis, et je changerois bien de sentimens si jamais je leur demande un sol. Il me semble que voilà du bien pour le

* Il s'agit évidemment de quelque jouet d'enfjiit.

nécessaire, et tout le reste n'est plus qu'une avidité qui n'a point de bornes. Il ne laut point dire ce nouveau bienfait, j'ai des raisons pour le taire : M™« de Richelieu et l'abbé* le savent. Je suis résolue à acheter une terre auprès de Paris. J'attends des nouvelles de M. Viette pour en aller visiter, et je voudrois joindre ces petits voyageslà avec la Saint-François.

Je ne change point sur l'envie de me retirer; je suis inutile ici et pour moi et pour les autres; on nourrit trèsmal ces enfans; il faut renoncer à ce pays ici, où il faut agir et parler contre sa conscience; vous savez lequel des deux partis m'est le plus aisé. Recommandez tous mes desseins à Dieu et me croyez autant à vous que j'y suis.

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Manuscrits de Versailles. Lettres édifiantes, 1. 1, p. 73.

(Octobre 1074.)

L'affaire des Hospitalières a été très-bien conduite, et je vous en remercie de tout mon cœur; vous serez averti quand on voudra y mettre celte fille.

Je donnerai le contrats et il ne tiendra pas à moi que vous n'en ayez réponse dès demain ; mais la dissipation des dames de la cour est grande, et je ne pourrai presser celle à qui nous avons affaire. Le vilain endroit de la fondation sera le poids de la lampe : il n'y en eut jamais une si légère et je crois qu'il sera nécessaire de la remplir de sable pour empêcher que l'air ne l'agiter

* Elle veut parler probablement de l'abbé Tcstu, familier intime de riiôtel de Richelieu.

!* Pour la fondation de la lampe.

3 On voit que M"» de Montespan mettait de la parcimonie à ses fondations religieuses : c'est ce qui est relevé ici avec ironie.

A M. L'AimÊ GODELÏX.

5F.'iimsrrils do Vors;iilIos. leitres édifiantes, 1. 1, p. 78.

(>"ovpm])ro 1074.)

Jo no sais si votro loltrc vous a l)oaiicoup coulé ; mais j'ospère qu'elle me sera utile; du moins je suis fort toiich«''e présentement des réflexions qui y sont, elles m'ont paru solides et nouvelles. Je suis toujours dans la même situation et je tâche d'en fjiire le meilleur usao-e que je puis. Priez Dieu pour moi, je vous en conjure, et me conservez une amitié dont j'espère que je jouirai quelque jour plus tranquillement et plus utilement que je ne fais.

Il ne tiendia pas à moi que je n'aie Maintenon, je m'en repose sur M. Vietle à qui j'ai donné pleins pouvoirs.

M. le duc du Maine a la fièvre double quarte, M. le comte de Vexin a un vomissement et un dévoiement, et M"° de Nantes vient de retomber malade ; je me partage entre eux, et les sers comme une fenune de chambre, parce que toutes les leurs sont sur les dents.

Mes complimens à M. Le Hagois; l'état où est le petit duc fait oublier tous les projets qu'on faisoit pour son éducation; il faut espérer qu'il ne sera pas toujours malade.

A M. L'AHDK (.ODKMN.

Majiuscrits de Versailles. Lettres rdiftanles, t. I. p. 60.

(Novembre 1074.)

Il est vrai, monsieur, que l'épreuve que le médecin anglois fait sur M. le duc du Maine^ m'a mise dans

* Le duc du Maiue avait eu, à l'ûge do trois an.s, des couvulsions à la suite desquelles sa santé devint très débile; même une de ses jambes se tourna, de façon qu'il ne pouvait marcher.

— NOYEMliRE 1074. — d'étranges agitations, et que je ne me remets pas des frayeurs que je crois que l'on peut avoir avec raison pour H suite des remèdes qu'il avale ; mais je puis vous assurer avec vérité qu'aucun état ne peut me rendre msen- Kible à la continuation de votre amitié, et que je vois avec beaucoup de joio que vous ne m'avez point oubliée, que vous vous souvenez de ce que je pense, et que vous y prenez intérêt. Je vous dirai là-dessus la même chose, qui est la douleur où je suis de ne pas profiter de la honte particulière que vous avez pour moi ; j'aurois eu lieu d espérer que, jointe à la charité que vous avez pour tous, vous m'auriez menée loin dans le chemin où il est important d'avancer, et dans lequel vous croyez bien que je fais peu de progrès. Je suis toujours dans le trouble ou vous m'avez vue tant de fois, et vous verrez par les smtes que je ne suis pas seule de mon opinion sur ce pays-ci. Priez Dieu pour moi, je vous en supplie, et me croyez votre très-humble servante.

A M. D'AURir.NÉ, A F.ELFORT.

Colloclioii (le S. M. le Roi do Hollantle.

A Saint-Germain, ce 10 novembre 1074.

Je ne sais si Des Rolines, qui est très-bien informé de tout ce que je fais, vous aura mandé que j'achète une terre ; mais il ne sait peut-être pas encore que c'est Maintenon, et que le marché en est fait à deux cent cinquante mille francs. Elle est à quatorze lieues de Paris, à dix de \ersailles et à quatre de Chartres; elle est belle, noble, et vaut dix à onze mille livres de rentes. Voilà une retraite qui sera votre pis-aller. Vos affaires ne vont pas si bien que les miennes : votre future épouse est très-opiniâtre, et ne se rend ni à la persuasion de nos amis, ni à l'auto-

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rite de ses parens ; je ne me suis point encore rebiUée, et peut-être en viendrons-nous à bout^

M. de Louvois est toujours malade ; mais le Roi a entendu parler de ce cpie vous demandez pour votre compagnie de cavalerie; je crois qu'il en ordonnera ce qui lui plaira, et que Ton ne vous refusera pas ce que l'on pourra vous accorder.

Adieu; j'ai bien envie do savoir votre guerre finie pour tenter de demander un congé pour vous*. J'espère que l'hiver ne se passera pas sans vous voir. Je me porte fort bien; mes princes sont toujours malades; le petit duc parle souvent de vous.

A M. L'ADBK GOBELIN.

Manuscrits de Versailles, lettrea Misantes, t. I, p. 00.

Ce 7 janvier 1G75.

Il y a bien longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles, et quoique l'on fasse ici une vie très-dissipée, je sens toujours avec chagrin la rareté de notre commerce; je meurs de peur d'eu perdre tout le fruit que j'en espérois dans le temps que je puis l'avoir, et de vous perdre quand je me serai mise en état de vous voir plus souvent Voilà vous faire envisager votre mort assez franchement; mais je crois que vous n'en aurez pas peur.

Je ne puis vous dire de mes nouvelles sans tomber dans des redites continuelles; je suis toujours dans les

* Ce mariage ne se fit point. Il en sera «le même pour plusieu.s autres négociations matrimoniales que M"« de Maintenon commencera pour son Irère, et que les bizarreries de d'Aubigné feront échouer. Nous ne pouvons donner toutes les lettres relatives à ce^ épisodes, assez ])eu intéressants.

* Il s'agit de la guerre en Alsace, dans laquelle d'Aubigné se conduisit assez habilement pour seconder les mouvements de Turenne.

- JAÎsVIER 1675. -

mêmes senlimens et dans les mêmes résolutions. Il faut attendre le temps du voyage de Baréges, et le fau-e si le petit duc le fait. 11 se porte mieux et le petit comte aussi; la princesse est malade, sans que toute la Faculté puisse dire si elle a la petite vérole ou si elle ne l'a pas. Tout le reste va son chemin : l'affaire de Maintenon est conclue, et on paye journellement les créanciers ; j'ai grande envie d'y aller; mais les maux de ces enfans me retiennent. Je me recommande à vos prières.

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Manuscrits de Versailles, lettres édifiantes, t. I, p. 93.

Ce 15 janvier 1075.

J'avois plus d'impatience de vous dire des nouvelles de Maintenon que vous n'en sauriez avoir d'en apprendre. J'Y ai été trois jours qui, sans exagération, m'ont paru un moment. C'est une assez belle maison, un peu trop crrande pour le train que j'y destine, dans une agréable situation, et qui a de fort beaux droits; enfin j en suis très satisfaite et je voudrois y être. Il est vrai que le Roi m'a donné le nom de Maintenon.

Vos doreurs sont bien reconnoissans; leur présent ira dans mon château dont je suis présentement tout occupée. Je vous prie de songer à me prescrire quelque chose pour le carême; je me trouvois mieux de l'Avent que je n'ai fait depuis, et la fidélité que j'avois k ne pas man- (luer à ce que vous m'aviez ordonné me faisoit prier Dieu

plusieurs fois par jour. ^ , • . *

Je verrai assurément M- de la Paillerie et fort aisément

si elle vient le matin. Nos princes ne sont ni fort bien m

fort mal. Si vous venez ici, je serai fort aise de vous y

KKTTRES I)E M" DE MAINTENON.

voir. J'irai demain à Paris pour un moment, mais j'y retournerai dans peu de jours*.

A M. I/ABRK nOBELIN.

Mamiscrils do Versailles. Lettres édifiantes^ t. I, p. lô(>.

IfiT.') (lévrioi).

M™** de Coulanges m'a dit que vous aviez pensé mourii*; et quoique je ne l'aie su qu'après que votre mal a été passé, je ne laisse pas d'en éfre affligée, et d'appréhender les sujets de vos maux qui deviennent, ce me semble, bien fréqueus. Je suis fort intéressée à votre conservation, et j'envisa«re avec tant de plaisir de me retrouver dans quelque temps entre vos mains que je serois inconsolable si vous me manquiez.

Il se passe ici des choses terribles entre M'"« de Montespan et moi; le Roi en fut hier témoin, et ces deméléslà, joints aux maux continuels de ces eufans, me mettent dans un état que je ne pourrai soutenir longtemps. Dieu soit ioué de tout! ne m'abandonnez pas, écrivez-moi quelquefois, je vous en conjure.

M"" (le Caylus, dans ses Souvenirs, cite ces lignes en même temps que celles d'uno lettre du 15 septembre 1074, relative à une^ autre scène semblable (Collection Micbaud et foujoulat, p. 457). Elle ajoute ce commentaire :

« C'est apparemment à celte lettre qu'il faut rapporter ce

* La lettre précédente, du 7 janvier 167:., était encore signée • D Aubigné, veuve Scarron. Cette leltre-ci et les suivantes sont généralement signées : Maintenon. Il tant remar({uer toutefois que le simple paraphe bien connu de ceux qui ont vu ses lettres auto'^raphes lui sert très souvent à lui seul de signature, et que, même après 16 io, elle signe encore parfois d'Aubigné ou F. d'Aubigné.

— itVRlKU lG7o. —

\ vont passer ^-^^ r^T^V^ ^^^^^ ^'^ --' "' „ 1,„ apprendre. » Le Ro. y alla . M , ^^^ „,ea-

M" de Montespan demeura seule Sa tranquun c siou pareil très-surprenan.e, et J'avoue que ,e ne la pourro,.

oroire s'il m'éloit possible d'eu douter ^|,^

« Quaud M- de ^^"^^"'^^^^^tZ^é de M"' «le „e dissiuuda rieu; elle peignit 1 "^"^^^^^^^^^ elle avoil Montespau d'une man.ere vive, et « «"^ J ^^^ ,,,,1,

,i,M, d-eu appréhender les eflels ^es cho e q ^.^^^.^

„-.Hoieut point ineounues du Roi, -"»; ^"^el pour faire encore M"" de Montespau, il eliercha ' f fde Maiulenou : voir qu'elle n'avoit pas l'ànie si d"---, > J'' »{ J^^^ ^„„ us- „ Ne vous êles-vous pas aperçue que ses ^-f '^"^ >!"\'ténéreuse ,, sent de lanues lorsqu'on lui raconte quel.,ue action .tntre

« et touchante? » •. - „ cUp mielaues

De sou côté M-- de Sévigné racontait a sa fiUe que^u^

mois plus tard, ce qui avait transpiré de ces ^'=«";;;'7'^, dans ['ancien cercle d'amis de M~ Sc»rron « Je veu'. ™ bonne, vous faire voir nn petit dessous de c- - q o"-"^^ prendra : c'est que celte belle amitie de 5 «" »'" ^ de son amie qui voyage • est nue véritable =';«^""; /«?" près de deux ans. C'est une aigreur, c'est «ne ant pat le e du blanc, c'est du noir. Vous demande, l^ 7, -«"'2';,^ , „'! que l'amie est d'un orgueil qui la rend "f »>^^^^,^»"'™ f^e an L de l'autre. Elle n'aime ^^if^;^:^^:^.:^^ père, ma s pas a la mère.... Ce secrei lou e puis plus de six mois ; il se répand nn peu. je crois que vous eu serez surprise. «

1 M™^ de Maintenon, à la date de cette lettre (7 août 1075), conduisait le duc du Maine à Barèges.

A M. L'ABBE GOBELLN.

Manuscrits de Versailles. Lettres édifiantes, l, I, p. 06.

23 lévrier 1675.

Ce n'est point moi qui ai chargé M. l'aumônier de vous convier à venir; mais je ne puis m'y opposer, et quoique je songe plus à votre commodité qu'à mon plaisir, ce seroit outrer la discrétion si j'exigeois de vous que vous n'y vinssiez pas. L'aumônier, qui vous aime et qui ne liait point à se faire voir dans le cabinet de M'"*' de Montespan, lui dit l'autre jour que vous aviez envie de venir, et que je vous empêchois; vous savez ce qui en esl, mais il est vrai que je trouverois fort inutile de vous le demander, n'étant pas maîtresse ni du lieu ni d'une heure pour vous recevoir; il pourra fort bien arriver que vous ferez dix lieues pour nous voir tous un moment. Si après vous avoir montré les incommodités, vous voulez vous y exposer, je serai sûrement bien aise de vous voir.

Je voudrois bien obéir à ce que vous me prescrivez pour ce carême ; je ne pourrai éviter d'y faire quelques transpositions, car je n'ai pas un moment le matin, et je ne puis qu'entendre la messe. Ce que vous me demandez sur mes habillemens n'est pas non plus trop facile : je ne porte point de couleur; mais je suis pleine d'or, et il faudroit que je me fisse faire des habits tout exprés. Mandez-moi si les trente sols par jour que vous m'ordonnez doivent être distribués ici; car le curé prétend que mes obligations sont présentement à Maintenon.

J'ai fait mes dévotions aujourd'hui et j'ai entendu une belle déclamation du P. Mascaron* : il divertit l'esprit et ne touche pas le cœur, et son éloquence même choque

* Le P. Masearon, de l'Oratoire, avait déjà osé, dans un sermon du carême de ItKiO, prêcher contre l'adultère en présence de Louis XIV, qui ne lui avait pas moins continué son estime. Il avait de grands

MÂBS 1675. - ^*

los <rens de bon goût, parce qu elle est hors de place. Il a

dit au'un héros étoit un voleur qui faisoil a la tête d une Il ce que les larrons fout tout seuls. î^otre maître S . pas été content; mais jusqu'à cette heure, c est un

"nendez-moi le plaisir que j'ai à vous entretenir par m'écrire quand vous le pourrez.

A M. L'ABBÉ GOBELIN

Manuscrits de Versailles, lettres édifiantes, 1. 1, p. 126.

(Mars) 1675.

Votre lettre m'a fait un très grand plaisir. Je ne sais ce que e trouverai, mais il est certain que je c^r^^^^^^^^^ salut en m'éloignant d'un trouble qui y est foit oppose, Î mTtrompe' ce sera avec le conseil de gens de .n et de bon esprit, vous le savez. Demandez a Dieu vou suDplio, qu'il conduise mon projet pour sa gloire et pour mon sa ut^ Je lui fais cette prière tous les jours et ce quTme met l'esprit en repos, c'est que s q-l^^-; f îiété et de bon sens me conseilloit de demeum^ ou e suis, je le ferois malgré ce qui m'en couteroit, et si de ce

succès comme prédicateur; il est f l-^^-^^^^ÎS'^^^Sre otTrait de choquantes hyperboles, des cémentes ^^J^»^^^^^^^^^ n.ystique, qui devaient fort peu Pla»- a M^ ^^ ^^ "^^ • ,, ^es

1 M I-jvalléc [Correspondance générale, 1, -ioi) iuilii „,„ts ; Xa^iez à Di'eu qu'il conduire n^"" P-J,'" l^J ^ ^„' ,! ê, ,,our mon salut . comme """«"«"""^/.'Jf ï^'f. "^^^ifte t„s iût

entier de la lettie n maïquL ncn u^ j„ e« vojîrpr à Ma n-

« Sur son projet de quitter la coui- ».

02 LtTTlŒS DE >!■»« DE MAINTENON.

côté ici on me traitoit à ma mode, et tout comme je le pouiTois désirer, je le quilterois encore si on le vouloit. Cette indifférence me fait espérer que Dieu me bénira, et ne m'abandonnera pas.

Projet (le la condiiile que je roudrois tenir s/ j'étois hors de la cour.

Manuscrits de Versailles. Lettres édifiantes, t. I, |i. HH.

Je voudrois me lever à sept boures en été, à buit heures en biver ; rester une beure en pi'ières avant que d'appeler mes femmes, ensuite m'babiller et voir pendant ce lemps-h'i les marcbands, ouvriers, ou les gens à qui on peut avoir affaire; et, après être babillée, aller à l'église, et n'en revenir (|ue pour dîner.

Je complerois de sortir environ deux jours par semaine, soit pour mon plaisir, soit pour des visites nécessaires; souper cbez quelques amies particulières ces jours-là et se retirer toujours à dix beures.

Garder la cbambre deux fois la semaine; donner ces jours-là à dîner et à souper à quelques amis ou amies particuliers; se retirer loujouis à dix beures S faii'e la prière avec mes domestiques, me désbabiller et me coucber à onze beuree.

Je deslinerois les trois autres jours de la semaine : un pour visiter les pauvres de ma paroisse, l'autre pour aller à rilôtel-Dieu, et l'autre pour les prisonniers, et passer mes soirées à travaiHer ou à lire.

Ne voir jamais persoime la veille ni le jour des communions; ne manquer jamais aux dévotions particulières;

* Los trois lignes (|ui invcèdt'iit no sont pas dans la citpie de Versailles, mais Lauguct de Geigy, qui a donné ce Projet de conduite, les elle.

être babillée modestement et ne porter jamais ni or, ni argent; donner la dixième partie de mon revenu aux

^''voilà* comme je voudrois conunencer, en attendant nue le zèle m'en fît faire davantage ; je n'ai point parle de la saniîlification des dimancbes et des fêtes, car 3e suppose (me c'est une des premières obligations. ' \^vez ce que vous trouvez à dire à ce plan; 3 ai laisse une marge pour voir ce que vous voudrez ajouter ou retranclier; en attendant ce temps de repos et de calme cuio je me figure si délicieux, je ne fais rien qui vaille, et m'abandonne à une paresse et à un découragement qui me fait craindre souvent que la dévotion que je projette ne soit par le même esprit d'arrangement que j ai pour les meubles de Maintenon.

A M. L'AimÉ GOBELIN.

Manuscrits de Versailles, lettres édifiantes, 1. 1, p. 84.

(Murs 1G75.)

M. l'aumônier vient de me donner voire lettre, qui m'a fait un très grand plaisir; elle est pleine de dévotion et d'amitié : c'est ce (lue je voudrois présentement qui partageât ma vie, et je suis dans un milieu où l on ne connoît ni l'un ni l'autre. Plût à Dieu que le soin de mon salut me donnât l'extrême impatience que j ai de le quitter, et que ce ne fût pas le dégoût de la personne que vous savez. Cependant il faut se servir de tout et espérer (|ue ie ferai un bon usage de la vie (lue je projelt^e. Vous êtes le maître du temps ; mais j'attends le retour de Barèges. Ce n'est pas que je sacbe si j'irai ou non et je suis moins avertie que Ponta^ de ce que l'on veut faire a * Un des valets du duc du Maine.

ces messieurs; ils sont nourris aussi mal qu'ils peuvent l'être, et je ne puis les quitter trop tôt pour la décharge de ma conscience, car j'y agis toujours avec quelque dépit.

Je ferai tout mon possible pour aller à Paris avant la Notre-Dame, j'en passerai le jour à Chartres. Ne doutez pas que nous ne fassions ici tout ce qu'il faut pour vous mettre en repos ; vous ne demanderez rien que de juste, et le Roi vous l'accordera sans peine ; instruisez-nous seulement de ce que nous avons à faire.

Adieu, monsieur, demandez à Dieu ce qui m'est nécessaire.

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