scène est bien propre à faire faire de sérieuses rénexions
mais tout le monde ne voit point si clair que vous, ni
* Celte Irisle i»rincesse, d<' la maison de Ravié.-e. fille de Ferdnianu-Marie, Electeur, et d'Adélaïdc-Ilenriette de Savoie, ne lai^s, ]'as un grand vide après elle. Elle avait gardé une femme de chambre .•diemande nonnnée INvssola, pour laquelle elle avait m.e amitié exfraordman-e <.t r.dieule, et avec laquelle elle s-entrefenait en allemand même lorsque Monseigneur, qui n'entendait j.oint cette lano-,-e ét-.it présent Le Roi fit de vains eliorts j.our obtenir qu'elle sî m'élût à mJT r ' '""•'', ^'"•''''^""^"t» elle rebuta tout le monde, et, dit L lii '' T' ' rn ' ''"•''' ■'''"'' l'-'»'^'''''^'"ent de la conversation de so Allemande. Elle passait sa vie ..nfe.-mée dans de petits cabinets ^ans vue et sans an% ce qui. joint à son humeur mélancolique, lui donna des vapeurs. Elle mourut le 20 avril lt;90, à Versailles Elle »» la niere du duc de Bourgogne, du duc d'Anjou et du duc de iJerry. On sait que le Dauphin, son mari, mourut en avril 1711 le duc de Bourgogne en février 1712, et le duc de Berrv en mai 1714 Huant au duc d'Anjou, il devint l'hilippo V d'EspnMie '
n'est si bien préparé à profiter de tout ce qui se présente. Pour moi, ma très chère, je ne fais pas le ciiemin que vous dites, et c'est ma faute tout entière. Dieu fait tout pour m'attirer, et je suis bien convaincue qu'une autre seroit toute à lui ; je le suis fort aussi qu'il est le seul digne de remplir noire cœur. Priez-le pour moi, je vous en supplie. Le Roi est en bonne santé; je lui ai fait votre compliment, qu'il a reçu, conmie il a toujours fait de ce qui venoit de vous.
A M. LE hU: DE lUCIIELlKU.
Autographe à la Dibliollièqiienat. Maiiuscnl?, fonds français, n" li7G8,p.97.
A Mari y, ce l-^' (mai 1G90).
Il est vrai, monsieur, que Sa Sainteté m'a honorée d'un bref qu'on dit être fort obligeant'; mais je n'en vaux pas
* Ce bref du \)n]>c Alexnudre YIH, du 18 février 1G90, se terminait ainsi : a Nous vous prions encore avec un zèle éj^alement fort de faire valoir, toutes les fois que l'occasion s'en présentera, lattacliechement filial que vous avez pour le Saint-Siège, d'en défendre tous les justes intérêts. Fondé sur cette espérance, nous prions Dieu qu'il comble votre digne i)ersonne de toutes sortes d'agrémens et de prospérités, et vous donnons de bonne volonté notre bénédiction apo<;toli(pie. » Mémoires des dames de Saint-Cyr {[UO, in-1'2, p.5l8). — M- de Sévigné écrit à sa liUe, le 23 avril 1G90 : « Ne reconnois- *;ez-vous pas M. de Chaulnes (l'ambassadeur à Home) d'avoir fait écrire par le l»ape à sa chère lille M-" de Maintenon? Elle est si touchée de ce bref «pi'elle en a remercié M"* de Chaulnes avec un air qui pas<e la routine des comi)limens. » Ce n'était pas la seule faveur qu'en bon courtisan M. de Chaulnes eût obtenue pour M"" de Maintenon. Le Pape, sur sa sollicitation, avait accordé les bulles nécessaires pour la réunion de la mense abbatiale de Saint-Denis a la maison de Saint-Cvr. C'était un bénéfice qui valait 100 OOQ francs par an : il forma une notable partie des revemis de la maison. Le Pape accordait de plus « le gratis des bulles «, c'est-â-dire la renonciation à un droit de 00 000 cens. La lettre de M. de Chaulnes, du G décembre 1689, annonçant celte grâce dans les termes les plus flatteurs, est citée dans les Mémoires de la maison de Savil-Cyr (mss. de Y«n-s.), t. I, p. IH.
mieux pour cela, et tous ces honneurs ne sont qu'une suite de celui que le Roi me fait. Je prie Dieu de me faire von- aussi clair sur tout le reste qu'il me semble que je vois clair là-dessus. J'espère que les affaires se tourneront comme vous le souhaitez et comme vous ne doutez pas que je ne le désire de tout mon cœur. Vous aurez appris la mort deM"'« la Dauphine : il y a longtemps qu'on s'y préparoit; cependant on ne croyoit pas qu'elle arrivât sitôt, et Dieu veuille qu'elle-même n'en ait pas été surprise I Elle a montré de la piété et du courage. Le Roi la vit expirer après avoir été une lieure à prier au pied de son lit. Vous aurez su la pension qu'il a donnée à Ressola. On parle déjà de marier Monseigneur, qui a été plus touché qu'il n'a su le montrer.
Adieu, monsieur le duc; le monde passe et nous passerons à notre tour. Le bon parti est d'y penser, vous le savez mieux que personne, et je ne sais là-dessus que ce que vous m'avez appris. Je n'oublie point ces heureux temps, et je conserverai toute ma vie pour vous l'estime, la tendresse et le goiit que j'ai toujours eus. Vous m'écrivez avec une cérémonie très-désobligeante.