AOUT 1G9Ô
A M. L'ÉVÈOUE COMTE DE ClIALONS.
Manuscrits de Mouohy. t. II. j). i.
A Versailles, 18 août (1695).
Je comprends en partie la pesaiileiir et l'importance du joug (|u'on veut vous ini|)oser; mais, monsieur, il faut travailler. Vous avez de la jeunesse et de la santé; ce n'est i)as à moi à vous exhorter à la sacrifier à la gloire de Dieu, au hien de l'Eglise et au salut du Uoi. Voici une lettre d'un de vos amis qui sait une jiarlie de ce qui se passe; vous nous garderez le secret à tous. Il faut quchpiefois tromper le Iloi pour le servir, et j'espère que Dieu nous tera la grâce de le tromper encore à pareille intention et de concert avec vous*.
A M. LWRCllEVÈQLE DE PAIlIS.
Manuscrits de Mouchy, t. I, p. ±0.
A Meudon, ce 29 août 1095.
M. et M™^ de Montchevreuil ne sont pas ponctuels-. Je pencherois plus à M. Tiherge, s'il n'y a rien dans ce choix qui vous soit désagréahle.
La lettre que j'ai écrite à l»ome est partie dés le lendemain que vous m'eûtes ordonné de l'écrire ; j'en ai chargé M. Bontemps.
Il y auroit eu de l'affectation à ne pas prendre M. de
* Danfîeau dit le 20 août : « Le Roi a nommé M. de Chàlons à l'archevêché de Paris ; il s'en est défendu par deux fois assez fortement; mais lo Roi lui a commandé de raccejder ».
- A cause de cela, veut-elle dire, elle ne les choisirait ])as comme intermédiaires de la corresi>ondauce qu'elle vouhiit avoir secrètement avec l'archevêque.
252 LETTRES DE M°"= DE MAlMENON.
Reims et M. de Meaux dans la coiijonclure présente ^ J'oubliai, monsieur, de vous dire hier que le Hoi m'avoit
dit que M. de Noyon pressoit fort pour donner révèché de
Chàlons à M. l'abbé de Tonnerre, afin qu'on vît trois
pairs du même nom. Je priai le Roi de préférer uu bon
choix à cette symétrie.
Il n'est plus nécessaire, monsieur, que vous signiez, ni
que vous finissiez vos lettres par aucun compliment ;
j'aimerois mieux votre bénédiction. Vous n'aurez aucune
brebis ni si zélée, ni si respectueuse que moi ; je ne
vous le dirai plus.
Selon ce qu'on a vu aujourd'hui par l'état des armées,
il pourroit bien y avoir une grande action celte nuil^;
vous en connoissez la conséquence.