‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 49 sur 98 · A M"^ LA DICIIESSE DE SAVOIE · texte numérisé non relu

A M"^ LA DICIIESSE DE SAVOIE

Manuscrits de Versailles. Lettres édi fiantes. i. IV, p. 434.

(5 novembre 1696)

Je voudrois qu'il me fût permis d'envoyer à Votre Altesse la lettre que je viens de recevoir du Roi'. 11 n'a

* La duchesse de Savoie, mère de la jeune princesse qui allait épouser le duc de Bourgogne, était fille de Monsieur, frère du Roi, et d'Henriette d'Angleterre, sa première femme. Marie-Adélaïde de Savoie, la future duchesse de Bourgogne, étail entrée en France ])ar le |>ont de Beauvoisin, le 15 octobie. On devait la recevoir à Fontiinebleau; mais le Roi, impatient delà voir, alla au-devant d'elle iusqu'à Monlargis, suivi de Monsieur et de la foule des courtisans. C'est de là qu'il éci'ivit à M""= de Maintenon une longue lettre jinbliée ])our la première fois en 1822 par la Société desbiblioi»hiles, et dont l'autogiaphe, ({ui était à la bibliothèque du Louvre, a péri dans l'incendie de mai 1871. En voici quel({ues fragments : (4 novembre 1096) « Elle a la meilleure grâce, écrit-il, et la plus belle taille que j'ai jamais vue ; habillée à peindre et coiffée de même ; les yeux vifs et très beaux, les paupières noires et admirables; le teint

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pu alleudrc jusqu'à ce soir à me dire comnieiil il a trouvé la jn-incesso; il en est charmé, et conclut par ce (piil voit en elle (jue son éducation n'a pas été négli^^^ée. 11 se récrie sur son air, sa grâce, sa politesse, sa retenue, sa modestie. Madame s'est chargée de faire savoir à Votre Altesse lloyale tout ce que je lui ai dit; ainsi je ne le répéterai point. Je ne saurois comprendre comment Votre Altesse Hovalc a si bien su tromper sur une princesse qui a été vue de tout le monde; mais il est certain qu'on l'a trouvée bien différente des portraits que Votre Altesse liovalea faits d'elle, et de ceux qu'elle a envoyés.

Depuis que la princesse est arrivée, je n'ai cessé de désirer que Volie Altesse Uoyale pût voir comment on l'a reçue, et à quel point le Uoi et monseigneur en sont contents. Il n'est i)as possible de se tirer de cette entrevue comme elle l'a fait; elle est parfaite en tout, ce qui surprend bien agréablement dans une personne de onze ans. Je n'ose mêler mon admiration à celles qui seules doivent être comptées; mais je ne puis pourtant m'em[)écher de diie à Voire Altesse Hoyale que cet enfant est un prodige, et que, selon toutes les apparences, elle sera la gloire de son temps. Vos Altesses Royales me font trop d'honneur d'apijrouver que j'y donne mes soins ; je crois qu'il les faut borner à empêcher (ju'on ne la gâte, et à }irier Dieu de bénir cet aimable mariage. Monsieur et Madame instruiront Votre Altesse Royale de tout le détail, et il ne me reste plus qu'à l'assurer de mon profond respect.

fort uni, blanc et vou^c connue on peut le désirer, les pins beaux cheveux noirs que Ion puisse voir et en grande quantité ; la bouche fort venneille, les lèvres jj^rosses, les dents blanches, lonjjrues et fort mal ranimées, les mains bien faites, mais de la couleur de son «■îc.... Je suis tout à lait content.... J'espère que vous la serez aussi.... L'air est noble, les manières polies et aj^réables. J'ai plaisir à vous en dire du bien, car je trouve que, sans préoccupation et sans flatterie, tout m'y oblige. »

— NOVEMBRE IGOG. —

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