A M. LE DUC D'IIARCOURT, A MADRID
A Saiiil-Cyr, ce o dr'ceml)i'e ITOO.
On n'est pas encore remis ici de la joie extrême qiio tout le monde a sentie du parti que le Roi a pris d'accepter la couronne d'Espagne pour M. le duc d'Anjou. Paris en est transjmrté, et tout ce qui revient des provinces nous paroit de même. Nous voici dans le triste endroit de cet heureux événement : il faut se séparer, et vous savez si les François aiment leurs princes; le Roi, ])lein de bonté, ne peut sans larmes voir partir pour toujours son petit-fils, et qu'd a plus connu depuis qu'il est
d'occuper des postes importants. — Une sœur du cardinal l'ieire d.' Bonzi époiisa le juanjuis de Castries, et une autre le marquis dr Cavlus; celle-ci fut la mère du triste époux de la clianuante comtesse de Caylus. la nièce favorite de M"" de Maiutenou, et la grand' mère du comte de Caylus, le célèbre arciiéologuc; peut-être ce dernier dut-il à son origine italienne son goût délicat et iiassionnéiiour
les beaux-arts.
» luMxWèc {Correspondance générale, t. IV, p. 550) donne cette lettre comme « autographe copié jiar M. Louis de Noailles au lirilish Muséum ». Je n'ai pas retrouvé celte pièce dans ce riche dépôt.
roi d'Espagne qu'il n'avoit fait auparavant. On se flatte qu'il visitera les pays qui sont sous son pouvoir, et qu'en allant en Flandre nous le reverrons; mais on croit que les Espagnols voudront lui voir un successeur avant qu'il fasse des voyages. Ou ne croit pas ici que l'on doive lui donner une archiduchesse, et on penche à la princesse de Savoie ^ : elle a douze ans passés, et on nous assure qu'elle a la taille aussi belle que M"»*^ la duchesse de Rourgogne. C'est le principal pour une femme et pour les enfans qu'on en attend. Plus nous connoissons le Roi d'Espagne, plus nous voyons du bien en lui. Tout ce qu'il dit est bien dit, plein de sens et de droiture; le ton et la lenteur dont il parle est très-désagréable. Peut-être en sera-t-on moins choqué à Madrid qu'à Versailles. Je lui ai bien dit tout ce que vous valez S et que vous le conseilleriez par rapport à ses propres intérêts; il me paroît touché de la droiture et de la probité. Le Roi lui a dit de prendre une entière confiance en vous. M. le comte d'Ayen le suivra en Espagne; il prétend être fort bien avec vous. Je vous conjure, monsieur le duc, d'y ajouter encore quelque chose pour l'amour de moi; je l'aime tendrement et beaucoup plus par son mérite que par son mariage avec ma nièce. Il est capable de sérieux, (juoique jeune et gai; je vous prie de le conduire en tout et partout, et de le faire valoir en Espagne et en France. Le chevalier de La Yrillière a eu permission de faire le voyage, parce qu'on a répondu au Roi de sa sagesse. Vous savez, je crois, que son frère a épousé M"*^ de Mailly; ce
* Sœur cadette de la duchesse de liourgogne.
- Henri, marquis d'IIarcourt, né en 1054, lieutenant général, puis ambassadeur en Espagne aiu-ès la paix de Ryswick. contiibua à faire désigner un prince français pour successeur du roi d'Espagne. Le roi (Te France venait de le faire duc pour récomi»enser si s importants services. Il restait en Espagne, où son rôle près du jeune roi prenait une grande iujportance. Il était des amis particuliers de M"" de Maintenon.
qui m*ol)ligt% monsieur, à vous demander que ce jeune liomme sente et sache que je vous l'ai recommandé.
Rien n'approche de hi droiture des maximes que le Roi a prèchées en toute occasion à son petit-fds S comme d'être bon Espagnol, de les aimer, de renvoyer les François à la première faute qu'ils feroient, de ne les jamais soutenir contre ses sujets, de s'appliquer aux affaires, d(; ne faire qu'écouter dès les premières années, d'aimer les gens de mérite, de distinguer les gens de qualité, etc. Votre vertu romaine goûtera de teHes leçons.
M'"*' la duchesse dllarcourt n'est pas plus empressée assise qu'elle l'étoit debout-; elle ne s'empressa pas même pour s'aller asseoir, ne voulant rien faire que de iîoncert avec moi; je sais à qui je dois cette confiance, et je vous assure, monsieur le duc, que vous avez raison, car je défie tout ce qui vous aime et vous estime d'aller plus loin que moi. Vous aurez été bien aise de voir M. Chamillart dans le conseil". Vous aurez été fâché de ce que M. de Rarbezieux n'y est pas encore; je pense sur tout cela comme vous, mais il ne faut qu'un peu de patience. Obligez le roi d'Espagne à écrire assez souvent au Roi ; ce soin lui fera plaisir, et leur union est désirable. Adieu. .Ma lettre n'est-elle pas trop longue pour un homme qui n'a pas de temps de reste ?
* r.ps insh'uctioiis se Iroiiveiit dans les Mémoires de boitilles, par Jabbé Millot, t. il, p. 4 ot suiv.
* M. (l'IIarcourt étant nommé duc, M°"= d'IIarcourt avait nouvellement droit aux honneurs du tabouret.
■"' Le Uoi, après le conseil de linances, retint M. de Chamillart dans son cabinet et lui dit : a II y a longtemps <jue vous me servez, et bien à mon gré ; je veux présentement que vous soyez dans tous mes conseils, et je vous lais ministre; venez dès demain au conseil d'État. » {Journal ûe Dangeau, 23 novembre 1700.)
A M. LE COMTE D'AYEN
Mamiscrils Do Mouchy, t. III, p. 10.
19 décembre (1700).
Les bouts rimes nous paroissent fort bons et nous réjouissent un peu, car nous commencions à nous lasser do l'égalité des soirées et de voir toujours : « On a dessiné, puis joué au brelan* ». Le roi d'Espagne montre de temps en temps qu'il a du goût pour les jeux d'esprit, et je ne doute pa^ que les autres ne fissent de même, sans cette malheureuse passion des caries qui, sans donner de grands plaisirs, dégoûte des autres. Nous avons été surpris de trouver un poëte en M. d'ileudicourt. M. de Noailies rend de très-bons offices à la jeunesse, car il ne perd l)oint d'occasion de parler de la sagesse. Je crains, mon <'lier comte, que ce voyage ne soit pas si agréable que vous l'aviez espéré; mais je me console en pensant que vous en tirerez tout ce qui pourra s'en tirer. Je vous sup- |)lie de faire mes très-humbles remercîmens à monseigneur le duc de Rerry du cotignac qu'il m'a envoyé. Je vois bien que c'est un honune solide, qui aime mieux faire des présens que des complimens. Il trouvera bien des gens qui s'accommoderont de cette conduite. 11 est grand bruit ici des belles, bonnes et tendres lettres de M. le duc de Rourgogne. J'en ai reçu une de notre cardinal, qui a le courage de me gronder de Rome sur le carnaval que M'"'' la duchesse de Rourgogne passa il y a un an. 11 doit partir le lendemain des fêtes. Qui auroit cru que nous l'aurions cet hiver et que nous ne vous aurions pas? Après cette belle réflexion, il faut vous donner le bonsoir. J'ai un assez grand rhume qui me fait passer de mauvaises nuits, et que je ménage avec soin, de peur
* Le roi d'Espagne était parti le 4 décembre, et le comte d'Ayen avait déjà envoyé plusieurs fois des nouvelles du voyage
qu'il ne m'empêche d'aller à Saint-Cyr. Au reste, je crois que c'est vous qu'on galope à sept heures du malin S car je n'ai presque plus personne depuis que mon écuyer me manque. Mille amitiés à M. le maréchal. M"^« la maréchale est beaucoup plus sérieuse qu'à l'ordinaire.
FRAGMENT D'UiN ENTRETIEN AVEC LES RELIGIEUSES
DE SAINT-LOLIS.
Manuscrits de Versailles. Lettres édifiantes, t. IV. p. 6*5.
(51 décembre 1700.)
Les religieuses de Saint-Louis s'étant plaintes de ce qu'elles n'étoient point persécutées comme les autres instituts l'avoient été dans leur naissance : « Vous le serez, leur dit M"*^ de Main tenon, et vous l'avez même déjà été. Le mal que l'on dit de vous ne vient pas jusqu'à vos oreilles; mais je n'en tiens aucun compte, non plus que de celui que l'on dit de moi. Je reçois tous les jours des lettres non-seulement du style de la personne que connoît ma sœur de Buthery, qui me demandoit si je n'étois pas lasse de m'engraisser en suçant le sang de> pauvres, et ce que je voulois faire du bien que j'amassois étant si vieille; j'en reçois qui vont encore plu> loin, et qui me mandent les choses les plus injurieuses. Quelques-unes même me donnent avis qu'on me doil assassiner; mais tout cela ne me l'ait rien : il me semble qu'il ne faut pas beaucoup de vertu pour n'avoir nul ressentiment de ces sortes de contradictions. Je répondis
* M-= de Ma intenon j.artait dès sept heures du matin pour se rendiv à Saint-Cyr; le comte d'Aven accompagnait souvent à cUeval sa voiture, ainsi que quelques autres personnes qui, pour trouver un moment favorable à faire leur cour, ne se rebutaient pas de l'iieuiv matinale. Elle dit ici au comte sous lorme de compliment : C'était vous apparennnent qu'on galopait, c'est-à-dire qu'on suivait, puisque, vous parti, je n'ai plus personne.
J.\NVTER 1701. —
OOd
il y a quelque temps une chose assez plaisante dans mon premier mouvement à une pauvre fenune qui me vint trouver comme j'étois environnée de plusieurs personnes de la cour, pleurant et criant que je lui fisse faire justice. Je lui demandai quel tort elle avait reçu. « C'est, ditelle, qu'on m'a dit des injures, et j'en demande réparalion. — Des injures, lui dis-je, eh! nous en vivons ici, nous auties. — Cette réponse fit bien rire toutes les dames qui m'accompagnoient. — Je crois, madame, dit la mère de Saint-Pars, que, bien loin de vous enrichir aux dépens des pauvres, vous vous endettez pour fournir aux charités que vous faites. — Pour des dettes, je n'en ai point, dit-elle, mais il m'arrive souvent de n'avoir plus rien, et, quand j'arrête mes comptes à la fin (U^ chaque année, je ne comprends pas que mon revenu ait pu fournir à ce que j'ai dépensé ou donné. »
A M. LE COMTE D'AYEN
Manuscrits Do Moucliy, l. III. i». U.
7 janvier 'l'Ol).
Que de réllexions à faire, mon cher comte ! M. de Darbezioux meurt tout jeune dans une grande fortune et à la veille de la voir encore plus grande M 11 n'a qu'un moment pour se préparer à {jaroître devant Dieu; et l'habitude de penser plutôt aux affaires qu'au salut fait partafrer ce moment entre le testament et la confession.
» Barbozieux, fiU' de Louvois et qui lui avait succédC' dans son emploi de secrélaire dKtat de la -uerre, mourut à trente-trois ans, d'une maladie laj.ide. H était pourtant d'un tempérament d'alhlèto, mais usé par les plaisirs et l'ambition. « A ].einc eut-il le tonips de faire son testament et de se confesser quand l'nrclievêiiue de Reims l'avertit du danger pressant, contre lequel il disputoit contre Fagonmème. » (Saint-Simon, 1. Il, p. 410.)
On ne sait encore qui remplira sa place; mais vous le saurez en même temps que vous recevrez celte lettre '. M'""' la comtesse d'Ayen a eu quelque accès de fièvre tierce et un léger soupçon de grossesse qui l'ont fait demeurer à Versailles. M'"»^ la maréchale, contre mon avis, n'a pas voulu la (fuitter.
Si vous pensez à moi, vous voyez d'où vous êtes à peu près ce que je fais. Je vous écris dans une petite (sic) intervalle (|u'on me laisse. M™*' de Dangeau va dîner avec moi, et peut-être U""" d'ileudicourt. Monsieur sera spectateur, qui nous demandera raison de tout ce que nous mangerons et de tout ce que nous ne mangerons pas ^ Je m'en inqjatienterai. Les princesses qui ne sont point h la chasse viendront, suivies de leur cabale, attendre chez moi le relour du Uoi pour dîner. Je ne prendrai pas plus de part à ces visites que j'y en ai. Les chasseurs reviendront en foule et diront tous à la fois les moindres circonstances de la chasse. On s'en ira dîner. M™« de Dangeau ira quérir un trictrac. Mais nous n'avons pas à tout cela le comte d'Ayen, qui fait des tentatives de mêler quelque esprit dans notre conversation, sans pouvoir en venir à bout.
La comtesse d'Estrées devient une très jolie femme. Elle fait de très-bonne grâce tout ce qu'elle fait; elle a plus d'esprit qu'il n'en paroissoit d'abord; elle est naturelle, très-gaie, très-sage, devient très-polie; plut à Dieu que ma nièce fut de même.
La duchesse de Guiche se contente d'être belle. Elle ne met pas assez dans le commerce : je ne sais si c'est prudence ou paresse^.
Adieu, monsieur le comte; mes très-humbles et respec-
* Ce fut Ciiaiiiillart qui, déjà contrôleur des linanccs, fut cliar^^é en outre du niiuislère de la guerre.
* Monsieur, duc d'Orléans, frère du Uoi ; il va mourir en juin 1701 . ^ La comtesse d'Estrées et la duchesse de Guiche étaient sœurs du
comte d'Aven.
JA>YIER 1701.
tueux complimens à nos princes sur la nouveNe année. 11 faut bien se ranger à la coutume, quoique j'avoue que je ne sente point cette tendresse qui transporte tout le monde le premier jour de l'an.
A M. LE COMTE D'AYEN
Maimscrils De Moucliy, l. IH, p. 22.
A Versailles, le 28 janvier (1701).
Si on nous a dit vrai, vous êtes présentement sur des mules, peut-être assez fantasques pour broncher sous un roi d'Espagne, et encore plus volontiers sous un comte d'Ayen. Je crois, sans manquer au respect du à ce grand prince, que votre voilure est assez ridicule. Rien ne l'est davantage que ces marches-là, quand elles sont sérieuses, et cependant on ne peut pas toujours rire. On est mouillé, crotté, pénétré de froid et souvent environné de ceux à qui on aime le moins à parler. Votre poète ^ est bien aussi embarrassé là qu'à suivre des cochons; mais vous joindrez les carrosses, et alors votre place si honorable se fera sentir. Notre roi d'Espagne soutiendra tous ces évènemens de sang-froid, et ne perdra pas cette gravité dont il a été prévenu dès le ventre de M*"*^ sa mère. Vous faites très-bien d'épargner à la vôtre le louage de ces mules; effectivement, cet argent-là n'est pas trop bien employé. Cependant il faut prendre patience, c'est le remède à tout, et le remède dont on a le plus souvent besoin.
M"^ la duchesse de Guiche est allée à Fontainebleau au-
* Sans doute M. d'IIeudicourt. Voir plus haut la lettre du 19 déceral)ie 1700. Tout cela fait allusion aux incidents du voyaye du roi d'Espagne et de sa suite.
devant de M. le cardinal*. J'espère le voir demain au matin, et dîner ensuite avec lui chez M. Chamillart, qui ne me paroit pas enflé de sa grandeur : je crains bien qu'elle ne lui coûte cher. Vous avez raison de regarder la liberté comme le plus grand l)ien dont les hommes puissent jouir. Ils n'en sont pas toujours les maîtres; et ce qu'on peut faire de mieux, quand le corps est enchaîné, est de mettre son cœur et son esprit en liberté, •l'en use ainsi présentement. Je garde M'"- la duchesse de Bourgogne, et, pendant iprelle écrit à M. son mari, j'écris à mon cher neveu, ou plutôt à mon cher ami, ce qui va chez moi bien loin devant les parens. Montrez cet endroit de ma lettre au duc d'Ilarcourt, alin qu'il voie la sérieuse estime que j'ai pour vous.
A M. LE DUC DllVUCOURT =î.
10 avril 1701.
Que je vous plains, monsieur le duc, quoique vous fassiez la plus grande et la plus singulière figure qu'un particulier puisse faire"'! mais je comprends vos peines; vous êtes de bonne foi, vous aimez le bien, et il s'y trouve ])lus de difficultés qu'à faire le mal. Quoique les opérations de ce pays ici soient plus promptes que celles du conseil de Madrid, je crains qu't'Hes ne soient encore trop lentes pour tout ce (lu'il y auroit à faire. Conune je
1 Le c.irdinal de Noaiiios arrivait do Rome.
- Lavallée, V.orrcspoiuhuice gcncrale, t. IV, p. 425. Voir jiliis haut la lettre du 5 (ir'ceiid)re 1700.
'' LDiivrag»' di^ M. lIi|>i»oau inlitulé Avènement des liourbois au tronc d'Kspafjnc ["1 vol. iii-8"). contient ucie importante correspondance du manpiis. puis duc d'Ilarcourt; nous n'y trouvons jias la lettre à laquelle celle de M"'° de .Mainlenon ré]>ond. 1 ne maladie dont cet anihassadeur ne truérit jamais enlièremenf, quoiqu'il ait vécu jusqu'cQ 1718, l'obligea de rentrer eu France pendant l'automne de 1701.
dis plus mon avis sur les affaires de dames que sur les autres, je propose que ce soit M'"^ de Bracciano qui vous mène la princesse de Savoie*; c'est une femme qui a de l'esprit, de la douceur, de la politesse, de la connoissance des étrangers, qui a toujours représenté et s'est fait aimer partout; elle est grande d'Espagne, elle est sans mari, sans eiifans, et ainsi sans prétentions embarrassantes. Je vous dis tout ceci sans dessein ni intérêt particulier, mais simplement parce que je la crois plus propre à ce que vous désirez qu'aucune femme que nous ayons
M. le comte de Sézanne s'est très bien acquitté de vos commissions, et ne parle pas en jeune homme ; il a des audiences favorables. J'attends le comte d'Ayen, qui me dira de vos nouvelles ; mais tout ce que vous me mandez est une peinture si vive de votre état et de celui des autres que je crois vous voir et ne vous envie point. Je suis très occupée de vous, et, si je pouvois ce que je désire, vous seriez aussi content que vous pouvez l'être. Le roi d'Espagne m'avoit ordonné de lui écrire souvent et franchement sur sa conduite; mais je ne puis croire que des avis de si loiti fussent utiles, et je hais bien ce qui n'est bon à rien. Je suis, monsieur le duc, votre très humble et très obéissante servante.
' M"' de Maintenon n'avait point eu cette pensée la première. En effet la i>rincessc des Ursins (elle avait i)ris ce nom aj)rès la moit de sou mari, et c'est ])ar habitude que M""" de Maintenon lui conserve ici celui de IJracciano) écrivait dès le mois de décendjre 17G0 à la maréchale de Noailles qu'elle s'offrait pour conduire la i)rincesse de Savoie en Espagne si le mariage projeté avec Philippe V réussissait. Pendant tous les premiers mois de 1701 elle continua ses instances près des deux cours de Savoie et de France; elle s'adressait très particulièrement à M"^ de Maintenon, qu'elle avait connue jadis à Ihôtel d Albret. Les rôles étaient bien changés; mais on a vu que M'"*^ de Maintenon, loin de fuir les souvenirs de sa jeunesse, aimait à servir ceux qu'elle avait connus alors (voir A. Gef- Iroy, Lettres inédiles de la princesse des Ursins, p. 81 et suivantes, et Introduction, p. 13).