‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 7 sur 98 · XXII · texte numérisé non relu

XXII

INTRODUCTION

l'âge du papier, soit pour les feuillets servant de supports, soit pour les lettres mêmes.

Nul doute non plus sur la conformité parfaite des deux écritures, celle de M"" de Maintenon pour la grande majorité des lettres, et celle de M"" d'Aumaic, qui parfois tient la plume*, avec les originaux les plus incontestés de nos dépôts publics. A vrai dire, ce sont désormais ces documents-ci qui, pour des experts, feraient loi. Les renseignements qu'on peut recueillir sur la provenance concordent très bien avec l'aspect extérieur. Ces trois volumes se trouvaient dès le commencement du siècle, selon le témoignage de M. le duc de Cambacérès, dans le cabinet de l'archichancelier son oncle; et celui-ci, très probablement, les avait aclietés pondant la Révolution, à la suite du pillage de l'bôtel de Noailles.

La plupart de ces lettres sont très imparfaitement datées,

comme c'était l'usage. Les millésimes surtout manquent pres(pie toujours. Une main étrangère les a ajoutés après coup; très souventcette notation dépasse^Ia largeur delà lettre et empiète sur la feuille d'encadrement, beaucoup de ces attributions faites après coup sont erronées. Lavallée a commis la faute de reproduire ces erreurs de dates en donnant celles-ci pour autographes ; mais on a eu tort d'en conclure que les lettres étaient fausses-. Deux de ces volumes contiennent les lettres de M'"'^ de Maintenon à Louis Antoine de iNoaillcs, évéque de Chàlons, puis archevêque de Paris et cardinal, lettres fort importantes pour rhistoire du jansénisme et des rapports de M"' de Maintenon avec le haut clergé. Le troisième donne les lettres au duc de Xoailles, d'abord comte d'Aven; elles sont sur le ton d'une confiance familière, et d'un grand prix pour la

* Ouelques lettres sont de la main de Nanon, lu célèbre feniiiio de chambre de M-"" de Maintenon; quebpK's-unes aussi de diverses mains, surtout de demoiselles de îSaint-Cyi-, qui servent de secrétaires. En ces derniers cas, il y a la si^ruature : Maintenon. Quaiid la pièce est auloj,^rai.lie, il n'y a en général que le j»urai)lie^ bien connu.

* Vi>ir la brochure de M. Paul Grimblot : Lca faux autographes de itf»= de Maintenon, et la lievuc des Deux Mondes du 15 janvier 18CU.

1NTK01>UCTI0N. ^*-^'"

connaissance des faits mihlaireset politiques pendant la guerre de la succession. Sauf dix-sept billets inédits, et insignilianls pour la plupart, toutes ces lettres ont été publiées par La beauuielle mais avec des changements qui les défigurent. Celleslà seules qui précèdent janvier 1702 sont imprimées d'après les originaux dans les quatre premiers volumes de la Correspondance (u'nêrale donnés par Lavallée.

On peut conjecturer que ce recueil a été formé par les soins du duc de Noailles Adrien-Maurice, plus tard maréchal, neveu de M- de Maintenon. Millol, quand il a rédigé sous ses auspices les Mémoires politiques et militaires, a connu, au moins en partie ces documents. M- du Deffand écrit à Walpole le lo novembre 1772* qu'elle a en main trois in-folio de lettres de M- de Maintenon au cardinal et au maréchal de Noailles : ce sont évidemment les volumes mêmes de M. le duc de Mouchy.

Il faut y rattacher un autre volume également autographe, d'un plus petit format in-folio, du même genre de reliure (il y a au dos les N couronnés en plus), composé de lettres au duc de Noailles, et appartenant à M. le baron de Longuerue.

Les pièces qui y sont contenues proviennent du mcic ensemble dont une partie compose les volumes e M. le du de Mouchv. La preuve en est qu'une lettre du 20 janv er 1 11, adressée au duc de Noailles, ne ligure que par sa lin dans le principal recueil- et se retrouve pour le commencemen dai . le volume'^ de M. le baron de Longuerue. Un certain nombre de lettres y ont conservé le cachet de M- de Maintenon einpremt sur la cire ; on sait que ce cachet représente le fil a plomb, avec cette devise : Reciè.

Tout aussi préciou., soil pour n.istoire de la fu. du règue soit pour l'étude du caractère de M- de Maiulcnou, est le vaste ensemble de la correspondance avec la prnrcesse des Ursnis.

i Correspondance de M- du Dcfluna, édition de I.oscure. t. II, p. 28:..

» FoUo M. Versailles, 20 janvier (1711). ^os prophet.es su. It»i)a"i.e.... Voir notre toinc 11, a la dalc. ' ^ Foiio 250 du volume des Lettres au duc de Noa.Ues.

LMUUDUCTION.

Malheureusement nous ne l'avons pas entier ni autographe.il manque tout au moins les lettres écrites par M™" de Maintenon avantl70C, auconnnencementdu second séjour delà pnncesse en Espagne; il n'est pas probable qu'elle lui en ait adressé beaucoup pendant son premier séjour, puisque alors elle ne la soutenait pas j)articulièrement. Ce qui reste nous a été conservé en une copie iurniant trois volumes in-folio qui sont aujourd'hui parmi les manuscrits additionnels du Musée britannique, n' 20 918 à 20 920. Ce sont les mêmes documents qui ont été publiés en quatre volumes in-octavo par l'éditeur Bossange (Paris, 1826) sous ce titre : Lettres inédites de 3/-""' de Maintenon et de J/™*^ des Ursins. Le texte de ce que nous en donnons a été soigneusement collationné d'après la copie manuscrite de Londres. Cette collation était indispensable, car il y a dans l'édition Bossange, qui toutefois n'est pas généralement inexacte, des fautes comme celle-ci ; « M. Chamillart a quitté en honnête homme... Le maréchal de Villerov triomphe; il est aussi intime de Desmaretz * », au lieu de ; « il est ami intime ». Chamillart et Villerov étaient loin d'être intimes: ils étaient au contraire ennemis jurés.

Les lettres aux Noailles, conservées chez M. le duc de Mouchy et M. le baron de Longuerue, et la correspondance avec M""" des Ursins n'intéressent que la dernière partie de la carrière de M'"' de Maintenon; mais un troisième groupe de documents nous a instruits de la première moitié de sa vie : ce sont les papiers des dames de Saint-Cyr. La plus grande partie de ce qui en subsiste est conservée aujourd'hui au grand séminaire de Versailles. La quantité est incroyable de ce qu'a écrit M™ de Maintenon pour cette maison qui lui était si chère. Dames et élèves recevaient avec reconnaissance et avec admiration tout ce qui leur venait d'une telle institutrice. On jouait ses proverbes, on lisait à haute voix ses Conversations, on copiait ses lettres. Lorsque en 1740 l'évêque de Soissons, Languet de Gergy, voulut composer des M('moires sur

* M--^ de Maintenon ù M"" des l.isins, 4 mars 1708.

INTRODUCTION. '^x^'

une vie si exceptionnelle, il fit son choix dans ce que l'on conservait si soigneusement à Saint-Cyr. Une copie uniforme on fut exécutée qui se compose aujourd'hui de sept volumes compacts petit in-octavo, sous ce titre : Lettres édifiantes. C'est f.ire assez entendre à quelles intentions le recueil devait servir. On avait voulu réunir les éléments d'un panégyrique, et préparer des séries de lectures pieuses. Par bonheur, le choix n'a pas été trop rigoureux ni trop avare. On a, chemin faisant, admis des pièces de très diverse nature, de sorte que nous irouYons aujourd'hui dans cet abondant recueil, outre les lettres de M-' de Maintenon et les Entretiens avec les dames, des documents historiques singulièrement précieux, des billets très intéressants de Louis XIV, de belles pages de Féneloii, des lettres du roi et de la reine d'Espagne, de la duchesse de Dourc^ogne, etc.». L'abbé Gobelin, mort en 1092, avait légué les lettres de sa pénitente, lettres nombreuses et sincères, qui nous la montrent arrivant à la cour et luttant à côté de la Montespan : elles font partie du recueil. Il y a aussi une partie de la correspondance de M- de Maintenon avec son frère Charles d'Aubigné, où elle se montre avec une franchise d'allure et une liberté de langage qu'elle n'a nulle part ailleurs. 11 V a ses lettres sur M- Guyon et le quiétisme, et enfin, dans toute son ampleur, son rôle d'éducalrice et de maîtresse des classes de directrice des esprits et des âmes. C'est de la surtout que Lavallée a puisé la matière de tant de volumes pour sa collection inachevée des Œtwres de M- de Maintenon : Lettres et entretiens sur Véducation des filles, Lettres historiques et édifiantes Conseils aux demoiselles, Correspondance générale.

Indépendamment du précieux recueil formé par les soins de Lanc^uet de Gergv, le grand séminaire de Versailles a recueilli d'autres parties encore des papiers des daines de Saint-Cyr, par exemple plusieurs volumes écrits par les dames ellesmêmes mais au cours .lesquels elles n'ont pas manqué d'insérer des pages dues à la fondatrice. Tous les autographes ont d'ailleurs disparu.

1 C'e<t do là qu'.m a tiré tout un volume do lettres do Fénelon. (in V trouverait encore dos pièces inédites.

INTRODUCTION

Le séminaire de Versailles pos.sè«ie ainsi, outre les sept volumes des Lettres édifiantes, deux volumes in-t'olio manuscrits, reliés, ayant pour titre : Mémoires de ce qui s est passé de plus remarquable depuis l" établissement de là maison de Sàinl-Cyr. Le premier, qui va jusqu'en 17Ô9, nous intéresse seul. Il y est dit en note, page 157, que ces récits ont été rédigés d'après les notes de M^"" du Pérou, supérieure, que l'on cite quelquefois textuellement. L'unique objet qu'on s'est proposé est encore ici la glorification de Saint-Cyr et de M"" de Maintenon ; mais la rédactrice a inséré des copies certainement authentiques de lettres de Louis XIV, du duc et de la duchesse de Bourgogne, etc., à M'""' de Maintenon et de M™" de Maintenon elle-même. Une autre rédaction du même ouvrage, ou du moins des trente premiers cha[)itros, assez peu différente de celle-ci, et qui peut en tenir lieu, a été reproduite dans un volume in-i2 imprimé en 1846 sans aucune indication de provenance ni d'éditeur responsable, sous ce titre: Mémoires de il/"** de Maintenon, recueillis par les Dames de Saint-Cyr (Paris, Olivier Fulgence). Il n'est pas commun en librairie.

Cinq autres recueils disposés et transcrits de même par les religieuses de Saint-Louis appartiennent encore au séminaire de Versailles, et donnent rà et là des copies de pièces originales. En voici la liste : Entretiens de Madame. Le premier volume, relié, est seul; il en était déjà ainsi il y a dix-sej»t ans; Extraits des écrits de M'"" de Maintenon aux religieuses de Saint- Louis ' ; Réponses de M'"^ de Maintenon à plusieurs questions familières qui lui ont été faites en récréation -; La parfaite Novice ou Extraits et avis de M"'" de Maintenon aux religieuses de Saint- Louis sur la piété et les devoirs de leur état, un volume petit in-12 de 470 pages ; Avis sur les classes, t. H (un volume in4" relié; le premier tome manquait déjà en 1869). Ces divers volumes contiennent un très grand nombre de lettres et des écrits de pure édification répétés à satiété, sans une parfaite identité de texte.

* In petit volume in-folio cartonné, avec une couverture de velours fort vieillie.

* In volume in-folio couvert on parchemin. Au dos : L. 17.

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ii.xxvii

Le riche département des manuscrits de la Bibliothèque nationale, que l'on n'interroge jamais en vain, offre aussi à l'historien de M"^ de Maintenon d'importantes ressources. 11 a des volumes qui ont certainement fait partie des papiers de Saint-Cyr. Tels sont avant tout les deux volumes in-foho intitulés : Avis aux religieuses de Saint-Louis. Le premier (Fonds français, n» 11675. Au dos : Première et seconde parties) comprend les copies de nombreuses instructions et lettres de M"'*' de Maintenon et quelques autres pièces, avec un récit qui les relie entre elles. On y trouve, à la page 67, le petit écrit intitulé Projet pour VEsprit de Vinstitid. A côté de ce tome premier, depuis longtemps acquis, la Bibliothèque en possède depuis juin 1886 un autre, de même reliure, et portant au dos le même titre avec cette indication : Troisième et quatrième parties. 11 m'avait été signalé à Versailles par M. Bernard, li})raire, comme se trouvant encore dans la même famille qui l'avait sauvé lors du pillage de la maison de Saint-Gyr en 1793. La pagination en commence au n" 961 et va jusqu'au n* 4018, mais avec trois interruptions de la série; en effet d'un recto 1047 on passe à un verso 1098, d'un recto 1999 à un verso 5000, et de 5099 à 4000. A la page 961 commence une série de Leitrès utiles et agréables, et à la page 1565 une série de Lettres pieuses, quatrième partie. Lavallée, dans sa Correspondance générale, a reproduit ces divisions ; nul ne pouvait les comprendre avant que ce volume manuscrit, qu'il avait eu en communication, mais sur lequel il ne s'est nulle part expliqué clairement, ne fût tombé dans le domaine public. 11 fait maintenant partie du Fonds français, nouvelles acquisitions, de la Bibliolhèciue nationale, sous le n" 1458.

Le volume Fr. n' 11676 du même département porte ce titre intérieur : Lettres et avis aux religieuses de Saint-Louis sur les devoirs de leur état et sur le gouvernement des classes, V tome. Au dos : Avis aux religieuses de Saint-Louis, t. V\ in-4°. 11 contient, toujours en copie, beaucoup de lettres à M- de Brinon, aux supérieures, etc. — U faut joindre à cela l)lusieurs registres de copies faites à la hâte, sans nul doute par les demoiselles, et qui oftrent d'interminables répétitions.

liNÏKOlUCTION.

Tels sont les ciiialre iminéros lotiUO à IJiMlô du même Fonds français : ils donnent des parties de correspondance avec M"" de Brinun, M""' de la Mairie, prieure de Bisy, M"" de la Viefville, abbesse de Goniert'ontaine, etc.

En dehors de ce premier groupe, ([ui provient assurément de Saint-Cyr, il y a des volumes contenant en copie des fragments de la correspondance avec les Noailles : ce sont les n"' 61118 et (lOlD, 25483 et 25 484.

La Bibliothèfpie possède enfin de précieux volumes de lettres autographes de M""" de Maintenon, acquis par dons ou achats. 11 faut mettre en première ligne nn petit volnme (de pleine reliure en maroquin rouge, et coté n° 1992 Fonds français, nouvelles acquisitions), qui contient en 25G feuillets, y compris les tables, une série de lettres originales et inédites, découvertes par M. Duviquet , notaire honoraire à Crouy-snr- Ourcq, en 1871, et par lui données à la Bibliothèque en 1872. Ce sont des lettres familières adressées à M""" de Brinon, qui n'ont pas passé par Saint-Cyr et ne se retrouvent dans aucune copie ; c'est là que se rencontre l'importante lettre à M"" de Villarceauxqui doit être datée de 1009 (voir notre t. I ', p. 18).

Les autres volumes du cabinet des manuscrits offrant des lettres autographes de M""" de Maintenon correspondent aux n°*40ol et i5199(Fr. nouvelles acquisitions). Le premier contient surtout des lettres à M. de Guignonville, l'homme d'affaires de Maintenon, et donnent une foule de détails infimes d'administration, déménage, d'aumônes. Le second est un recueil de lettres échangées entre M"" de Maintenon et M"" de Caylus.

11 reste à énumérer ce que contiennent de lettres importantes les archives des familles ou les collections particulières. 11 n'y a plus rien à Maintenon que l'intéressant exemplaire de l'ouvrage de La Beaumelle aux marges duquel Racine fds a marqué ses doutes sur les lettres qu'il ne reconnaissait pas. Lavallée assure à plusieurs reprises qu'il a dû aiLx connnunications obligeantes de feu M. le duc de Noailles, l'auteur de Y Histoire de M""" de Maintenon, un assez grand nombre de documents, par exemple les lettres aux Villetle ; rien n'en subsiste chez

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M le duc de NoaiUos actuel, pas même le souvenir ce qui ne L pas dire que le texte en doive paraître -P- ^^J- ^ au faire partie dos papiers de Monmerque, brûles en .871 a la Lie du Louvre. La coUect.on des papjers Mo„^ ,u Louvre contenait aussi les Mémon-es de M- d Aumale sui M.,, ae Maintenon. C'est probablement une copie de ces émoires qui a fait partie, sous le n° 1518, du fonds L.bri Ï comte d'Ashburnham, et se trouve aujourd'hui parm. réinscrits Ubri acquis en 1884 par le gou^— italien et déposés à la Bibliothèque Laurentienne de Florence

^^Deli^^^^'iches collections m'ont été précieuses : celle de S. M. le roi de Hollande, qui possède, pour les avoir acqmses de M. Feuillet de Couches, les curieuses lettres de M d^ Maintenon à Charles d'Aubigné, son frère, et c^ e de M Mo^ nson à Londres, confiée aux soins intelligents et zelcs de M V Thibaudeau, bien connu des érudits. Les portefeudles a; la collection Morrison se composent de deux belles séries, à M'- de Dangeau et à M- de Caylus, provenant aussi du cabinet de M. Feuillet de Couches.

La famille de Mornay conserve les lettres originales adressées au marquis de Montchevreuil, son ancêtre. La Janu Ue de Danipierre a encore des lettres adressées au maréchal d Âlbiet. 'il ne faut pas compter pour peu l'appoint des lettres qui passent par les mains d'aussi habiles libraires que MM. Chalavay,piur être livrées aux enchères. J'ai dû particulièrement à l'obligeance de M.Eugène Charavay etau renom de son commerce d'autographes la connaissance de beaucoup de pièces dont quelques-unes étaient inédites.

ai à remercier les possesseurs des coUec.ions des volumes ou des pièces que je vieus de désigner : M. le duc de Mouchv e M. le baron de Longuerue, qui ont mis a mon en„er disposition leurs trésors; M. Morrison qui a pernus e ..Thibaudeau qui a rendu faciles d'obligeantes et entre., communications; M. le supérieur du grand scmman-e de Ve ailles; M. le lieutenant général Mansfeldt d.rectem- des V hives de la n.aison de S. M. le roi de Hollande, qu>, sur

i.VXX

INTRODUCTION

l'iutervenlion de M. Louis Legrand, ministre de France ;i la Haye, a bien voulu collationner pour moi les précieux autographes confiés à ses soins ; M. Charles Langlois, agrégé de l'Université, qui, pendant une mission à Londres, a pris la peine de collationner les trois in-folio manuscrits de la correspondance avec M*"* des Ursins au Musée britannique; M. Gustave Masson, qui de Ilarrow-on-the-Hill ou de Londres, est toujours prêt à rendre des services littéraires à ses compatriotes. Je dois beaucoup enfin à mon confrère M. Arthur de Boislisie, le savant éditeur de Saint-Simon, qui m'a constamment assisté de son érudition inépuisable.

Mais il est une collaboration véritable, qui veut rester anonyme, que j'ai eue sans cesse à mes côtés, qui m'a été plus utile et plus chère que je ne puis le dire ici, et à laquelle le lecteur sera lui-même redevable, s'il croit trouver dans ces volumes quelques vues délicates, justes et sensées, un sentiment vrai de ce qu'a été M"" de Maintenon.

Le choix des lettres a été fait de telle sorte que tous les aspects de la physionomie morale d'une personne telle que M"" de Maintenon parussent dans une proportion conforme à ce qu'elle fut en effet. On ne s'étonnera pas de lire, à côté d'une lettre au cardinal de Noailles sur les affaires de l'Église, une lettre de morale religieuse aux dames de Saint-Cyr, une lettre au duc de Noailles ou à la princesse des Ursins sur les affaires d'Espagne, ou à M'"^ de Caylus pour quehfue distribution d'aumônes. C'est ce rapprochement même qui représente la réalité morale.

On a inscrit en tète de chaque pièce l'indication de la source principale où elle a été puisée. On s'est efforcé naturellement de retrouver avant tout et de signaler les autographes dignes de confiance. Si une lettre n'est conservée qu'en copie, et en plusieurs exemplaires non identiques, on indique ces copies, sans relever toutefois des variantes peu significatives. Il a été dit plus haut que le plus grand nombre de ces lettres a été déjà imprimé et ne paraît pas ici pour la première fois. Mais beaucoup ont été publiées inexactement, et nous en donnons ici pour la première fois le véritable texte : c'est le cas par-

INTRODUCTION. '^«xi

ticulièrement pour les lettres au cardinal et au duc de Noailles qui suivent Uannée 1701. Jamais on n'en avait eu le texte authentique ; La Beaumelle seul les avait données au dixluiitième siècle, en les altérant. Les lettres à M"" des Ursins ont été publiées assez exactement dans le recueil de Bossange, les lettres à ViUeroy dans les volumes d'Auger, les Entretiens, les lettres de direction et la correspondance générale jusqu'à la fin de 1701 dans le grand recueil de Lavallée.

Il a été dit également plus haut que les millésimes mamiuent presque toujours aux lettres autographes de M"- de Maintenon, et que ceux qu'on y trouve ont été ajoutés par une main étranuère. On a pris très grand soin de ne transcrire ici comme authentiques que les indications de dates qui le sont en (^ITot. Toutefois le devoir s'imposait de rechercher les dates complètes : nos conjectures sont placées entre parenthèses.

FIN DE L INTIîODUClION

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