‹ Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique [microform]: choix de ses lettres et entretiensChapitre 8 sur 98 · M" DE MAINTENON · texte numérisé non relu

M" DE MAINTENON

On sait que Françoise d'Anbigné, qui devint M" de Manitenon, él" retite-nile d'Agrippa d'Aubigné, le ha>d> huguenot comw-non de Henri IV, ce batailleur qui rêvait avec Henn deRoban

«république féodale où chacun serait maître chez se, ce Xé amoureux de l'antiquité, qui portait dans son bagage de gue re une presse pour imprimer son mUo.re un.venele. r.rMaintenon\rappeIéquelquefoisavecf.erUetque^^^^^^^

en le désavouant cet illustre aïeul. De son père Con ta, t d Aubi- '"é elle ne put garder qu'un assez fâcheux souvenir. Joueur e débauchr dLé de quelques qualités brillantes, que ternissaient p de ;;c' s pour qu'il pu. se maintenir dans aucune faveur m amUié durable, il fut chassé et déshérite par Agrippa qu appelle dans son testament « le d^^t™':^"'-/"'';"";;/;.'^"!

nour de sa maison ». Marié une première fois, il tua sa temme sa propre main, non sans quelque juste n'o';f -- ^^u ; puisque Agrippa déclara que, pour celle lois, son fi s «avait pas Ct.'ven5u '/tous les partis, accusé de tralnson .1 ut en erme au Château Trompette, à Bordeaux. La - f»'-<^« /"Vf^^le duction!-la fiUe du go"'''f"«"^f'^P"V'''. '" ;,/rnlnt Cardilhac était de bonne noblesse; elle =>^<;f'''^^ =>";•" ^ d'Aubic-né, qui en avait quarante-sepi, l'épousa en décembre 6-27 îlclitL d'être élargi un an après, P»- recommencer une vie de désordre et d'aventure, en laissaivt sa i^"-^J^^^^ en proie à la misère. Agrippa mourut en ICaO, et ""« ™' « d'interminables procès commença entre ses henHers. son «Us et deux filles mariées. L'issue s'en faisant trop a tend, e Constant chercha un moyen plu» prompt de s enrichi! .

s'affilia à une bande de faux nionnayeurs. Enfermé de nouveau en décembre 1052 au Cliàteau Trompeltc, il resta prisonnier dix ans. Son malheur ramena \ers lui Jeanne de Cardilhac,qui lui donna pendant la deuxième année de cette captivité, au commencement de 1654, un second fils : ce fut Charles d'Aubigiié, trop fidèle héritier de l'iiumeur de son père, et qui causa tant de soucis à M'"" de Mainteiion. Constant avant été transféré à la prison de Poitiers, puis aux prisons de la conciergerie du palais de Niort, sa femme s'y enferma encore avec lui, et c'est dans cette dernière demeure que naquit, le 27 novembre 1655, une tille qui fut baptisée dans la religion catholique (celle de sa mère), et reçut le nom de Françoise. Lasse d'un dévonement trop peu mérité, et soucieuse d'assurer quelque avenir à ses enfants, Jeanne de Cardilhac s'engagea alors dans la poursuite de ses procès ; elle espérait retrouver quelque chose des biens assez considérables qu'avait laissés Agrippa d'Aubigné. Errante du Poitou à Paris, elle confia sa fille à la marquise de Villette, la fille préférée d'Agrippa, ardente calviniste; celle-ci prit sa nièce en grande affection et réleva soigneusement, mais dans sa foi.

En 1012, la mort de Richelieu ouvrit les prisons; Constant d'Aubigné redevint libre. Mais au même temps sa femme était déçue de toutes ses espérances par un arrêt du Parlement qui confirmait sa ruine. Trois ans après, Constant obtenait de la compagnie des lies d'Amérique la patente de gouverneur de Marie-Galande, et partait avec sa famille. Par malheur, Marie-Galande n'avait guère pour habitants que des sauvages; il dut se contenter d'un petit emploi à la Martinique, et ce fut là que grandit la jeune Françoise.

Elle n'avait pas une heureuse jeunesse. M™^ d'Aubigné, aigrie peut-être par sa dure destinée, élevait ses enfants avec sévérité et même avec rudesse. M™* de Maintenon disait plus tard qu'elle ne se souvenait pas d'avoir été embrassée plus de deux fois par sa mère. 11 ne faut point oublier ces commencements si l'on veut comprendre pourquoi M"" de Maintenon tiendra si peu de compte, dans féducation des femmes de la douceur et de la force des lions de famille. 11 ne semblé pas non plus que sonimaoination d'enfant ait été frappée des merveilles de la nature tropicale ni des grands spectacles de la mer; ellen y fera jamais allusion, quoiqu'elle rappelle de temps a autre ce lointain voyage.

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