‹ Madame de MaintenonChapitre 32 sur 128 · ACTE I. — SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE V

Triste, il me confia son secret, tout entier. Et tirant de son sein ce livre, ce psautier. M'y montra cette date : Août, seize-cent-soixante, Ces deux mots : au revoir, et le nom de l'absente.

Hélas ! Hélas !

Retourne en France, me dit-il; Va vers elle, dis-lui que je meurs en exil, La bénissant encore et gardant toujours d'elle Le même souvenir pur, profond et fidèle... — Puis, signant et datant de ce funèbre lieu. Sur ce même psautier il écrivit: Adieu !

Après avoir remis le livre à madame de Maintenon.

J'exécute aujourd'hui ce qu'il m'a dit de faire.

Samuel, je prierai toujours pour votre frère. Et je veux conserver ce livre à tout jamais. Mais il me reste encor de l'homme que j'aimais Un autre souvenir plus cher.

SAMUEL

Lequel ?

Vous-même.

Moi?

SAMUEL

J'interpréterais bien mal le legs suprême D 'Antoine de Méran, si mon cœur n'accordait Toute sa bienveillance à ce frère cadet, A ce cher dernier-né qu'il aima comme un père.

Madame...

Ce devoir m'est bien doux, et j'espère Vous aider, Samuel, et vous porter bonheur. Vous savez que le roi me traite avec honneur Et que Sa Majesté, comme marque d'estime, Daigne parfois m'admettre en son conseil intime. Eh bien, tout le crédit, tout le pouvoir que j'ai...

SAMUEL, l'arrêtant du geste.

Pardon. Je ne saurais être le protégé Du roi.

MADAAIE DE MAINTENON

Vous n'êtes pascathoHque. Q.u'importe?

Pour le faire oubher je crois être assez forte. Vous évoquez en moi le bonheur ancien, Cher enfant. Ce regard, que je prends pour le sieu. M'inspire une amitié douce et passionnée Qui me fait votre mère ou votre sœur ainée.

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