‹ Madame de MaintenonChapitre 18 sur 36 · Louvois, probablement · texte numérisé non relu

Louvois, probablement

ÿ. Louis XIV était galant, mais souvent il poussait la galanterie jusqu’à la débauche; tout lui était bon pourvu que ce fussent

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figurer le grand roi comine un de ces amoureux fimides qui soupirent en silence et s’en vont désespérés sans avoir rien dit. La présomption devait être plutôt son défaut, car il a rencontré peu de cruelles. 11 est plus vraisemblable que, trouvant chez une femme pauvre, et dont l’existence dépendait absolument de lui, une résistance à laquelle les plus grandes dames ne l’avaient point accoutumé, il ait été frappé d’une vertu si rare, et l’ait d’autant plus admirée qu’il avait de lui-même une plus haute opinion. Que si son admiration n’a jamais fait place au dépit , on doit reconnaître là ce tact délicat , cet art merveilleux de ménager les vanités les plus irritables, dont Mlle d’Aubigné, dès l’Age le plus tendre , avait déjà donné des preuves. S’étonnera-t-on qu’à trente-sept ans elle ait eu autant de savoir-vivre et de savoir-faire avec le roi de France qu’elle en avait eu à quinze avec le chevalier de Méré? C’est là sans doute ce qu’elle entend par ces mots : désespéré sans être rebuté. Si elle l’eût rebuté, elle aurait compromis le fruit de deux ou trois années de soins et de travaux, l’espoir d’une position indépendante où elle avait toujours aspiré sans jamais y atteindre ; son avenir enfin et

des femmes, les paysannes, les filles de jardiniers, les femmes de chambre, les dames de qualité; elles n’avaient qu’à faire semblant d’être amoureuses de lui. ( Mémoires , etc., de la duchesse d’Orléans, mère du régent.)

celui de sa famille. A son âge, et après les épreuves qu’elle avait subies, on ne court lin pareil risque qu’à la dernière extrémité.

Tout porte à croire que Louis XIV ne s’obstina pas très-longtemps à une lutte dont il n’apercevait pas le terme. Mais son amour se changea en une estime qui s’accrut d’année en année. Il fit sa confidente et son amie de cette femme qui avait refusé d’être sa maîtresse, jusqu’au temps où, la reine étant morte , et se voyant arrivé à T âge où le sang n’a plus d’ardeurs et le cœur plus d’illusions, il comprit que la seule chance de bonheur intime qui lui restât était, comme Ta dit Voltaire, « de se donner une compagne agréable et soumise, et de mêler aux soins du gouvernement les douceurs de la vie privée. »

Mme Scarron n’en était pas encore là en 1673, mais sa fortune commençait à s'améliorer. Le roi , examinant un jour l’état des pensions, vit qu’elle y était portée pour deux mille livres , et écrivit de sa main deux mille écus.

Elle était sortie peu à peu de la retraite et du mystère dont elle s’était d’abord enveloppée. On lit, dans une lettre de Mme de Sévigné à sa fille, lettre datée du 1" décembre 1673 : « J’ai soupé avec l’amie de Quanto \ Vous ne serez point atta-

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