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Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre, a dit Fré

DE MADAME DE MAINTENOIf. 161

« On est ici dans N la plus grande joie , écrit Mme de Maintenon , à la date du 7 août 1682. Le roi a fait un fort beau présent à Mme la dauphine. 11 a eu un moment entre ses bras le petit prince. Il a félicité Monseigneur comme un ami. Enfin tout le monde dit qu’il est adorable. Mme de Montespan sèche de notre joie ; elle meurt de jalousie. Tout lui déplaît, tout l’importune, et elle prétend que les couches des autres lui sont aussi funestes que les siennes.... »

dénc de Prusse. Il en fut ainsi de la France en 1682. La joie excitée par la naissance du duc de Bourgogne fut aussi grande chez les sujets que chez le monarque. On lit dans les Mémoires de l’abbé de Choisy : ■< On fut bien aise de la naissance de monseigneur le dauphin ; il y eut des feui allumés partout, et les comédiens espagnols dansèrent un ballet dans la cour des Fontaines devant le balcon de la reine mère, avec des castagnettes, des harpes et des guitares. Mais à la naissance de M.le duc de Bourgogne on devint presque fou. Chacun se donnait la liberté d’embrasser le roi. La foule se porta depuis la surintendance, où Mme la dauphine accoucha, jusqu’à son appartement. Il se laissait embrasser à qui voulait. Le bas peuple paraissait hors de sens. On faisait des feux de joie de tout : les porteurs de chaise brûlaient familièrement la chaise dorée de leur maîtresse. Ils firent un grand feu dans la cour de la galerie des princes, et y jetèrent une partie des lambris et des parquets destinés pour la grande galerie. Bontems en colère le vint dire au roi, qui se mit à rire, et dit : « Qu’on les laisse faire, nous aurons d'autres parquets. » La joie parut aussi vive à Paris , et de bien plus longue durée. Les boutiques furent fermées trois jours durant. Toutes les rues étaient pleines de tables où les passants étaient conviés , et forcés à boire sans payer, et tel artisan mangea cent écus dans ces trois jours , qui n’en gagnait pas tant dans une année. »

HISTOIRE

En effet, le règne de Mine de Montespan était bien passé. I^es attentions , les égards , les démonstrations publiques étaient désormais pour la reine, et l’influence réelle pour Mme de Maintenon. Que de femmes , à la place de Marie-Thérèse , auraient été jalouses de ce partage, auraient senti amèrement l’infériorité de celte position ! Mais la pauvre reine avait l’esprit trop borné pour obtenir, et môme pour désirer davantage. A ceux qui tentaient de l’émouvoir à ce sujet , et de l’irriter contre la nouvelle favorite , elle répondait : « Le roi ne m’a jamais traitée avec autant de tendresse que depuis qu’il l’écoute. » Elle lui en témoigna plus d’une fois sa reconnaissance , et , un jour , elle lui donna son polirait. Le 1" novembre 1682, Mme de Maintenon écrivait à Mme de Sainl-Géran : « La famille royale vit dans une union tout à fait édifiante. Le roi s’entretient des heures entières avec la reine. Le don qu’elle m’a fait de son portrait est tout ce qu’il y a de plus agréable pour moi depuis que je suis à la cour. C’est, dans mon esprit, une distinction infinie : Mme de Montespan n’a jamais rien eu de semblable. Je passerai encore quinze jours ici * . Cette solitude me délasse des fatigues de la cour. Je n’y vois personne , et je jouis seule de mon petit empire. »

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