XII INTRODUCTION
supérieure, de grand cœur, d'incroyable volonté, de belle intelligence, de sagacité infinie , de raison et de bon sens incomparable, dévouée, discrète, presque simple, et presque modeste. Une certaine tendresse de cœur, le charme troublant d'une sensibilité qui s'épanche, une âme facile à l'émotion et qui la provoque chez les autres, voilà ce que tous ceux qui en parlent, plus ou moins selon les humeurs, regrettent de ne pas trouver en elle. Ces penchants sont-ils compatibles avec l'infaillibilité de raison pratique et de sens droit qui était le fond de madame de Maintenon ? Nous ne savons ; mais nous sommes un peu tentés de craindre que les critiques ne lui aient reproché d'avoir manqué des défauts ordinaires du sexe dont elle était.
Ces qualités du cœur, dont on remarque un peu trop l'absence chez madame de Maintenon, elle les a montrées là où elle a pu librement le faire, et même elle a créé un petit monde pour leur donner une matière^ peut-être un théâtre. N'étant point mère, elle était devenue institutrice, sans y être obligée, ce qui prouve précisément que l'instinct maternel était en elle. Cela de très bonne heure, à vingt-cinq ans, après la mort de son mari, chez ses amies, sans prévoir les suites hors de toute prévision. Plus jeune encore, tout enfant, au couvent de Niort, elle aimait à remplacer une maîtresse malade, à faire la classe et la récréation, fîère que la maîtresse rétablie trouvât tout comme si de rien n'eût été. Elle ne tarit pas sur le plaisir qu'elle avait de voir des enfants autour d'elle, de sentir proches « cette joie, ce pétillement des enfants qui fait qu'ils ne peuvent demeurer en place, ce ravissement de se sentir jeune, d'avoir de la santé ». « J'ai toujours aimé les enfants, disait-elle aux petites filles de Saint-Cyr, et je crois que Dieu m'a donné ce goût pour vous autres. »