‹ Madame De Maintenon institutriceChapitre 16 sur 70 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

une institution fondée, une école à chanter ses louanges et un théâtre à le divertir. Il aimait le faste, l'éclat et l'invention dans les amusements. Il prit un peu Saint-Cyr à ce point de vue, et M"^^ de Maintenon, si récemment mariée, céda un peu trop. Elle n'eut grand'peine ni à réagir elle-même, ni à ramener le roi, et dès que ses yeux s'ouvrirent, elle coupa le mal dans ses racines avec une décision et une énergie qui sont bien dans son caractère. D'abord elle avait remercié dès la fin de 1688 M'^^ de Brinon, trop lettrée et trop mondaine; elle écarta l'abbé Gobelin, déjàâgé, et à qui la force commençait à manquer. Elle remplaça M"^^ de Brinon par M""^ Loubert, puis par ^me de Fontaine, «d'intelligence droite et élevée, de caractère accommodant et fidèle dans l'obéissance, tout à fait propre à exécuter un plan de réformes » (Gréard). Pour ce qui est du directeur spirituel, elle hésita. Elle songea à Fénelon, ensuite à Bourdaloue, quitta, reprit et abandonna cette idée; enfin, se faisant violence, et sacrifiant ses sentiments à sa raison, se fixa sur l'évêque de Chartres^ M. Godet des Marais, qu'elle n'aimait point personnellement, mais dont la rigidité et la froideur austère lui semblèrent le plus à propos dans ces circonstances. Enfin, et surtout, elle se mit à l'ouvrage avec une sorte de véhémence. Elle était vraiment en colère contre elle-même : « Nous avons voulu de l'esprit^ écrivait-elle, et nous avons fait des rhétoriciennes; de la dévotion, et nous avons fait des quiétistes ; de la modestie, et nous avons fait des précieuses ; des sentiments élevés, et l'orgueil est à son comble ». Les actes suivirent les paroles. Une enquête minutieuse et une perquisition implacable furent faites dans toute la maison; livres retirés, cahiers visités, bureaux vidés. Plus délivres contemporains, et même presque plus de livres. Remplacer le livre par la conversation continuelle avecles élèves, idée pédagogique de premier ordre, d'une pratique très difficile, mais, où elle peut être appliquée, supprimant tout péril, et donnant des résultats admirables. C'est à partir de ce moment (169-) queM°^^ de Maintenon, sentant le besoin d'appliquer et d'adoucir en même temps la réforme par sa présence, et se rendant compte du redoublement d'efforts personnels que la nouvelle méthode exigeait des maîtresses et d'elle-même, se multiplia à Saint-Cyr, y paraissant presque tous les jours, allant des petites aux

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