INTRODUCTION. XIX
grandes, quelquefois arrivant au moment du lever pour veiller aux soins de propreté et d'hygiène, et se montrant partout à la fois avec cette fougue d'activité physique qui s'alliait en elleà la tranquillité froidede la pensée. La pente fut rude à remonter. Il y eut des murmures, de sourdes révoltes, des résistances tenaces, des mutineries même. M'^^ de Maintenon vint à bout de tout. Elle avait résisté d'abord à l'idée de couvent, ainsi que Louis XIV, qui n'aimait pas les monastères, et il nous semble que cette question de forme était négligeable. Pour des raisons qui ne sont pas éclaircies, peut-être sous l'influence de Monsieur de Chartres, peut-être pour rompre plus formellement avec le passé, avec le Saint-Cyr mondain et théâtral, ^jme (Jq Maintenon franchit le pas. Saint-Cyr devint un couvent. La réforme était complète. Certains la regrettent. Sainte-Beuve a toujours un regard en arrière vers le temps brillant d'Esthe7\ « Esther est restée, aux yeux de tous, la couronne de la maison. » Il faut s'entendre. Que dans une pension où aurait été élevée la fleur de l'aristocratie riche, des Longueville, des Marsillac et des Enghien, on eût joué du Corneille, et même du Racine, et même le Misantlirope, ce n'eût été qu'imprudent; mais dans un asile de jeunes filles à la fois nobles et pauvres, introduire quelque chose des habitudes et des périls du théâtre, c'était préparer des déclassées ou des aventurières, aller directement contre le but et l'idée originelle de l'institution, et vraiment trahir la confiance des familles. M^^ de Maintenon consacra tout le reste de sa vie d'institutrice à réparer cette faute, prenant pour méthode de faire juste le contraire dece qu'elle avait fait d'abord, ou laissé faire. C'est dans cette œuvre que nous allons la suivre.