‹ Madame De Maintenon institutriceChapitre 22 sur 70 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

au mal ». Et un travail très simple. Il y a encore de la vanité et de la prétention dans certains ouvrages « exquis et d'un trop grand dessin ». En voici un d'une délicatesse admirable : ce J'espère bien que mes chères filles ne feront jamais de ces gentillesses-là; ces sortes d'ouvrage me déplaisent, non seulement à cause de leur inutilité, mais principalement parce que je crois qu'on les fait avec une attache qui est contraire à la perfection, et qui est la cause de plusieurs irrégularités ; on se couche plus tard, on

peut se faire des présents, on espère ensuite en recevoir

J'aimerais mieux vous voir filer et coudre pour autrui, et recevoir cinq sous pour prix de votre travail, que vous voir vous amuser à ces bagatelles. » N'est-ce pas bien connaître la femme, et pousser à bout dans toutes leurs retraites les coquetteries féminines, même les plus légères ?

Droiture et simplicité, c'est le vrai dans les caractères. Le vrai dans la connaissance de la vie, c'est la voir sans préjugé, sans illusion, presque sans espoir. Là aussi, madame de Maintenon fait sa rude guerre aux illusions. Elle aborde les sujets délicats comme il faut les aborder devant les enfants, avec gravité, et sans détour. Ces jeunes filles songent au monde, où elles vont entrer; il faut leur dire qu'on y est plus malheureux qu'à Saint-Oyr. Oui, à Versailles même ! Ah! c'est un lieu de délices que Versailles ! « Vous êtes folles quand vous vous imaginez être mieux et plus libres ailleurs... On se moquera de vous et on vous sifflera si on vous voit soupirer après la liberté... » Croyez-vous le roi libre? v Pensez vous qu'il se lève quand il veut, un jour à une heure, un jour à une autre ? Non, certainement. On entre tous les jours dans sa chambre à sept heures trois quarts, qu'il dorme ou non; on l'éveille. Il va toujours à la messe à la même heure... » Quant aux seigneurs et aux dames, ce sont les misérables esclaves de l'étiquette et des règles de cour. — Ces jeunes filles songent au mariage; il faut leur dire qu'elles y seront sujettes, non plus seulement de la règle, mais des caprices d'un homme: « ... S'il vous arrive de dire que vous mouriez d'envie de sortir du couvent pour être plus libres, comptez que pas un homme ne voudra de vous ; parce qu'il n'y en a pas un qui ne sache fort bien qu'en vous épousant, il ne veut vous laisser aucune liberté. » Et elle cite des exemples de tristes mariages, de maris qui n'aiment point

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