‹ Madame De Maintenon institutriceChapitre 32 sur 70 · XXXVIII APPENDICE A L'INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII APPENDICE A L'INTRODUCTION

nui ont réussi un jour à la produire, à la modeler dans une œuvre vivante, qui a eu son cours et à laquelle est resté attaché leur nom.

Voici la conclusion de rétiide approfondie et admirablement sagace et impartiale queM. Gréard, Recteur de l'Académie de Paris, a placée comme Introduction en tête du volume intitulé : « Madame de Maintenon. — Extraits de ses lettres, etc., sur Véducation. » (librairie Hachette.)

Four être en quelque sorte plus libre dans ses sentiments, on voudrait presque qu'il ne subsistât d'elle que ce qui se rapporte à Saint- Cyr, ou qu'on pût détacher de sa vie, pour l'enfermer comme dans un cadre à part, tout c6 qui a trait à l'éducation. Cependant, même en se la figurant ainsi, à souhait, ne resterait-il qu'une image absolument aimable ? Chose étrange, on en est quelquefois à se demander ce qu'elle était pour les enfants. Nous avons sur ce point les témoignages les plus formels et les plus favorables. c( Ses discours étaient vifs, simples, naturels, insinuants, persuasifs, disent les Dames de Saint-Cyr ; on ne finirait point si l'on voulait raconter tout le bien qu'elle fit aux classes dans nos temps heureux. » — « Elle a toujours fort aimé les enfants, ajoute Longuet, et les enfants sentaient si fort cette bonté qu'ils étaient plus libres avec elle qu'avec personne. » Ce qui vaut mieux encore que ces éloges, elle a pour elle l'appui des faits. Ketenue à Fontainebleau et trop éloignée de Saint-Cyr pour y faire des visites quotidiennes, elle avait créé des écoles à Avon; elle allait y faire la classe, ou, quand elle était empêchée par la maladie, elle donnait la leçon dans ses appartements : Saint-Oyr en était presque jaloux. Que l'un de ces enfants, habitué à toutes les misères, vînt à tomber malade, elle n'appelait rien moins que le médecin de la cour : c( Voilà M. Fagon qui marche pour Jeannette. » Dans sa dernière maladie, comme il souflBlait un vent très vif, elle pensait aux rouges, et disait à Mme de Glapion : c( Ces pauvres enfants souffrent bien du froid ; je voudrais en tenir trois ou quatre dans ma niche ». Les traits de cette nature ne sont pas rares dans sa vie ; elle a des dévouements pour lesquels on ne saurait la comparer qu'à une Sœur de charité. Elle aurait passé sa vie, s'il l'eût fallu, dans sa première école de Kueil, C( à tuer des poux, à graisser de la gale, à faire laver des pieds ». Saint François de Sales, le doux François de Sales, est son livre de chevet. C'est elle-même enfin qui le dit : « elle a une sensibilité qui aurait besoin d'un rude mords ». Et malgré tout, il semble que 03 que les enfants, comme tout le monde, éprouvent à côté d'elle, tient plus du respect et de la confiance que de la tendresse. Mp-^^ de Oaylus, M^i'^ d'Aumale, Jeanne de Pincré, la duchesse de Bourgogne, ses élèves de prédilection, et toutes les demoiselles qu'elle appe-

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