SCÈNE PREMIÈIRE
Mme DU Castel. — Je ne me sens pas de joie de vous voir, madame, et voici un moment que j'attends depuis longtemps avec une grande impatience.
Mme DU Luc. — Je n'en avais pas moins de mon côté; mais je me sens encore plus de plaisir que je ne croyais.
Mme DU Castel. — C'en est un grand de recevoir une amie telle que vous l'êtes ; mais combien de temps faudra-t-il pour nous dire tout ce qui nous est arrivé depuis notre séparation ?
Mme DU Luc. Je meurs d'envie devousparlerdemafille.
Mme DU Castel. — Et moi de la mienne.
Mme DU Luc. — La vôtre est-elle déjà grande?
Mme DU Castel. — Elle a seize ans^ et la vôtre?
Mme DU Luc, — Elle en a près de dix-huit.
Mme DU Castel. — Est-elle bien née et bien faite ?
Mme DU Luc. — Elle n'a de défaut que d'être trop sage.
Mme DU Castel. — Je ne vous ferai pas les mêmes plaintes, la mienne est d'une vivacité (jui me fait treni-
Mme DU Luc. — Voici ma fille avec sa gouvernante; je suis ravie de vous la montrer.