SCÈNE DEUXIÈME
Mme AuRiLLAc. — Madame, j'ai voulu mener mademoiselle à la promenade;, comme vous me l'aviez ordonné ; Bile n'a jamais voulu y aller ; et ayant su que vous n'étiez pas loin, je viens vous demander vos ordres.
Mme x)u Luc. — PoUrquoi, ma fille, ne voulez-vous point vous divertir? Votre langueur me fait craindre que i'ous ne tombiez malade.
Emilie (d'un fo» languissant). — Je suis bien partout, madame, et je me passe aisément de plaisir.
Mme DU Gastel. — A votre âge, mademoiselle? Elt jue ferez- vous donc quand vous serez plus vieille?
Emilie. — J'en serai bien aise, car on ne me parlera 3lus de me divertir, et je rêverai tant que je voudrai.
31"^^ DU Gastel. — Vous aimez à rêver ?
Emilie. — C'est mon seul goût; j'y passerais ma vie.
Mme DU Luc. — Voilà son humejif, qui me met au lésespoir.
Mme DU Gastel Eh ! pourquoi, madame? Jaissez-la •êver; cela est plus aisé que de garder mon étourdie de ille, qu'on ne peut tenir.
Mme DU Luc. — Je voudrais que nous en pussions îhanger. Adieu, nous nous reverrons bientôt.