‹ Madame De Maintenon institutriceChapitre 52 sur 70 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

Justine. — Nos maîtresses sont ensemble et nous donnent le temps de nous voir.

Thérèse. — Je ne sais comment elles se cherchent, car je n'ai jamais vu deux personnes si différentes.

Justine. — La mienne est la douceur même, et d'une égalité d'humeur qui est surprenante.

Thérèse. — La mienne n'est ni rude ni méchante, mais tout l'embarrasse ; le soin de sa fille l'inquiète , elle ne sait ni s'en faire aimer ni s'en faire craindre.

Justine. — Est-ce qu'elle est mal née?

Thérèse. — Non , elle est bonne enfant avec nous autres.

Justine. — Votre maîtresse n'a-t-elle que cette fille-là ?

Thérèse. — Elle en a perdu une, qui lui donnait autant de peine, et dont elle nous conte tous les jours des merveilles.

Justine. — D'ailleurs est-elle aisée à servir?

Thérèse. — On ne fait jamais à sa mode; elle change souvent de domestiques, et je ne crois pas qu'elle en trouve jamais à son gré.

Justine. — Voici ces dames qui reviennent. Adieu, je te prie que ce ne soit pas pour longtemps.

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