‹ Madame De Maintenon institutriceChapitre 65 sur 70 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Justine. — J'ai rencontré ce matin ta sœur au marché qui m'a dit que tu cherchais condition.

Suzanne. — Je n'en cherche plus, je suis raccommodée avec ma maîtresse.

Justine. — Je t'aurais offert de venir avec moi, car madame cherche une fille pour ses enfants.

Suzanne. — Chez toi! Je n'y voudrais pas demeurer. A vivre comme vous faites, sans voir de monde, sans faire bonne chère, j'aimerais autant être dans un cloître ! On rit chez nous jour et nuit, et nous y dépensons plus en une semaine que vous ne faites chez vous en un an.

Justine. — Tes profits sont-ils grands, et amasses-tu quelque chose?

Suzanne. — Non, mais je me divertis bien.

Justine. — Il est vrai que nous vivons de ménage ; mais cela n'empêche pas que je ne gagne, et nous sommes dans une grande paix.

Suzanne. — Qu'est-ce à dire paix?j'aime le bruit, le tintamarre, le désordre, le grand monde, le bel air.

Justine. — A la bonne heure ; tu es placée selon ton humeur, et moi selon la mienne.

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