‹ Madame de Montespan et Louis XIV: étude historiqueChapitre 111 sur 204 · RÉPONSE DD ROI, EN MARGE · texte numérisé non relu

RÉPONSE DD ROI, EN MARGE

^ J'approuve que vous ayez fait remettre les deux sommi à Bontemps pour les donner à madame de Montespan.

'* Vous avez bien fait de donner à la reine ce qu'elle à d mandé.

t :\ 15. - LE DUC DU MAINE A MADAME DK MONTKSl'AN ^

(Juin 1077.1

Ma belle Madame, je no cobbo pa» de poiiHor nti voynf^o. Si vous saviez l'envie que j'ai de vou» aller irouvor, voim \w. pourriez vous empêcher d'envoyer eherrlier voire pelil mignon) car vous avez tant de complaisance pour moi que je m'adresse à vous pour tout ce que je veux. Adieu, ma belle Hadatne, je vous aime de tout mon cœur.

IJuiu 1077.)

•le suis bienfÂcli6,Madame) d'avoir quitté le roi et voiis^; J^' crois que je pleurerai de joie h mon retour. Madanu^ (U\ l'ontevrault a été bien aise de me voir. Kn entrant dnuH le ^^tivcnt) je me suis dédit, car je l'ai trouvé fort grand. Ma '^^'lo Madame, le connnencement de ma lettre tiendra lieu ^filafln.

* Colle lotlro et IcH HulvnitioH d\\ duc dti Muiiio ii nuxlnmo do MoiitoKj^^n sont lirëoi d'un volume in-4" inlitulù : (H'^uvrcH divencê Hun an-

^^ikme de Maint enoh, t. I, p. :J57), mSu^ hnpriuK^ parIcHMiitmdt* iiui- 1^*^1110 do Nalntcnon oi do Itoclnu. Il n àiù tin) h Hcpl rxrtitiilHircH {Um\ ^^Olsou quotro cxUlcnl oitcons M. le duc do NonillcM (Ui ponnôdr un ^nitt l>ibnoth64{UC do Mointonon. W tio purlo ni dnlc, ni nom d'inipti- '^eur, ot ronfornio uno d(!diciico h naulnnio do MuntoHpun, (pichptcM ^K*agtncnti don dovolrs du duc du Mtiino. »

Nous ajouturoni» ((uo In DihlioUicMpio InipiVinlo rt co||<f du l.ouvt'o possèdent chacune un oxonipiniro don Œuvre» dlvenen d'un auteur de ^epi ani. il oit prubuldo (pio rot ouvrngc n vU\ lin) {i piuH do Hcpl vxomplaIrOD, cnr il on pusHO do ionipH on lotnpH dnnn los vcnloM.

* On naît (pio le duc du Mnino avnit ùiù onvoyt) (i lluri^K^)! puunni ninl (Icjornboi.

Il y a laïustenips. ¥giiiame^ qoe f ai airâ f «foir w tite pendald* comme ^us en sviex une ; et je m q[a'eile viat de ^lotre main, ear je Ten aimaoB nîBf davantise. Si ^oos pouviez renvoyar dans mi petit |a fooa me feriez plaisir. Croyez* ladame, que mon ex à voua, et que vous en poavez Eure faillit ce qa'îl ¥00S|

Quoique le roi m'ait Êiit rhomieor de m* écrire, la je a'anroîs pas laissé de lire Totre lettre aTecmi fort pUôsôr. Je tâcherai d'augmenter la joie que toos a[fei qjo'oQ Toas mande de moi, et ce que toos m^écrirez coaraïie à bien faire, ne désirant rien si ardemmei dame, qae d'^t dans ^os bomies grâces, lo reste, j remercie très humblement ma belle Madame, de la qoe TOUS aTez eue pour ma noairice; je tous pri( continuer, c'est une fenmie que j'aime fort.

Madame de Maintenon ma dit que tous FaTez n Fontainebleau ; j'en sais bien aise, et je tous prie d pas abandonner. J ai encore une prière à tous faire, qu'on ne me mette plus de jupes ; j'en marche mieu: TOUS le demande, ma belle Madame.

J'ai été fort aise. Madame, quand j ai reçu Totre p( parce que cela marque Famitié et la complaisance qi avez pour moi ; j'en ai été si rempli de joie tout le que je n'en ai pas déjeuné. L*amitié que j*ai poai Madame, augmente tous les jours de plus en plus prends la liberté de vous le dire pour vous montrer ne suis point ingrat. Je vous prie, Madame, de dire que le mignon Taime plus que sa vie.

DE 8A FAMIMË ET t)K SliiS XMiU. 230

Jû VOUS aimo pasBionnî'miMl ; je 111*011 vais vouh dire des nouvelles de la maison, h suis fort content do Fcrrarois (?) et do inftme de M. Le Ragols^ ; de madame de Maintenon BU Bupoflatif ; nous sommes tous deux inquiets de voire retour.

Jo Buis fort f&ché, Madame, que vous croyez que je \ni pense pas à vous ; je vous écris A tous les ordinaires, .le ne euiflpQB assez malheureux pour que vous soye/. mal contente de moi ; si je le croyois, je me pendrois et je mourrois avec le regret do mourir sans votre amitiù.

Je m*on vais écrire toutes les nouvelles du logis pour vous divcilir» Madame, et j'écrirai bien mieux quand je penserai <Iuo c'est pour vous. Madame de Maintenon passe tous les jours à filer, et û on la laissoit faire, elle y pusseroit les nuits, ou à écrire. Elle travaille tous les jours pour mon esprit; elle espère bien don venir A bout, et le mignon aussi, qui fera ce qu'il pourra pour en avoir, mourant d'envie de plaire 8U roi et à vous, .l'ai lu en venant la vie de César, celle d'Alexandre, & BarégeSfCt je commençai lii^T celle de Pompée. Icidatno de Maintenon eut hier la migraine, et ne se leva fUe pour lu messe. M. Le Hagois prend des eaux ; elles ne pas* •oient pas bien le premier jour,il en est content présentement. I» Fagon^nréchauda hierau pelit bain ; j'espère (|u'il sera plus *uodéré une autrefois, ot que je n'y crierai pas tant, .le me l^tigue dans le bain Ivb jours ((u'il fait frais, et dans ma

*L'al)hù Lo lluguit», précepteur du duc du Muino, autour do pluoiours otivhigesHur rh'Stoiie de Krutioe; mort vor» 108.1.

chambre, quand il fait chaud. La tartuferie de raumènier continue, et il vous divertira à son retour. Lutin .est fort pa* resseux, et mal avec madame deMaintenon. Je suisfortcontent de Marcine; Valentin et des Aubiers sont fortassidus. J'ai donné mon amitié àÂnce,parce qu'il a Thonneur d'avoir la vôtre. Clément est bien avec moi. Marotte est une bonne fille et sert fort bien. Hénaut est complaisante pour toutes les bagatelles que je veux. La Couture n'aime pas à prêter les bardes de madame de Haintenon, quand je veux me déguiser en fille. J'ai reçu la lettre que vous écrivez au très cher petit mignon ; j*en ai été ravi, Madame, et je ferai de mon mieux pour vous obéir.

J'ai été fort aise, ma belle Madame, quand j'ai vuquevou* vous souveniez de votre pçtit mignon. Vous savez le goût que j'ai pour avoir des lettres, et je suis ravi d'en avoir une de votre belle main et toute pleine de caresses. Je m'en vais écrire au petit de Rochefort, mais j'ai commencé par vous» parce que mon cœur me dit beaucoup de choses pour vous- Je vous prie, Madame, d'empêcher que le roi n'oublie 1^

mignon.

Baréges.

Vous croyez bien, Madame, que je serai dans une joiein^' concevable en vous revoyant. Je vous demande pardoi^s Madame, de vous écrire une lettre si courte, mais le chaiE^ m'a tellement épuisé que je n'en puis plus ; il me rest^ pourtant encore assez de force pour vous supplier très huiif^ blement, Madame, de dire au roi que je suis le plus soun»-* de ses serviteurs.

DE SA FAMILLE ET DE SES ANiS. 2U

l'ai des gardes qui sont fort attachés à mon divertissement; et suilout un trompette, nommé Moi tin, mo fait de fort jolis moulins, et le plus joli de tous est un moulin à poudre. On m'a fait aussi des cascades, un carré d'eau, et un rond d'eau. M. Le Ragois est entré dans le dessin du rond d'eou, et Harcino dans celui dos cascades. Je vous aime tant, Madame, que je ne puis vous faire d'amitiés, parce que tout cela est confondu.

LalTaire du voyage me tient au cœur, parce que l'en vie w\m voir est, à mon égard, excessive, car je n'ai rien de "meilleur a faire que d'être auprès toi. Je vous prie de croire îuc malgré la liberté que je prends avec vous, je no laisse pas d'avoir un grand respect pour vous.

^â belle Madame, je suis transporté de joie de ce que J>U8 in*avez mandé dans la lettre que vous m'avez fait

'onneur de m'écrire sur le voyage. Je vous supplie très* ^'^iblement de me mander quel jour il faut que je parte ^^v aller trouver la cour. Je ne vous parlerai que de •*^ aujourd'hui, parce que cela me tient si fort au cœur '^ je ne trouve pas assez de pensées pour m'élendre.

A la Yill(;-l)ic'U, nur lo clioniiu de DarcKf-'i^.

Le chemin qui me reste ù faire me paroit fort long; car i| une grande impatience de revoir la cour, et principaleiMit le roi et vous que j'aime avec une tendresse incom- ^éhensible.

iKrrBxs ysL Mff\-wr us aamBas'iiï

.LliiiB» :ei iS.

ifc ilBMS^ i^iss:*» ±eaut ^lavr voHt adler tcnm.

k loraKr' ^ Iff

iegarmrieBaçrieresriiBrTiL laûauie. gimrailsrcMC k TatiK&. "ii ;e ^^ta sioiirrfliiii t Ur?. Ik ruiK^ aenaco giic^ «A Tons Toyant, lackame : 3Dh& ; -sl »: cG^â «i c rn nroyfnff it le :siis rTnïimnft fai iuaiicEe(çiLTiEaiEâi gtiw.

J(» .«lût iiKunsolahie. ftHimie . éa inn& s^wto partir jcmrd'luii. Le rai ma ^ât L'hoimenr lie un? nesarder fHi esA mt\i <ia la diapeile ; î^L êtn cm ifa piîtit si^iie de ^l'il ma faàtr maàs afiSîsé de ioa dègsrt^ «t poom Xiiidme. fort mal contait de de qoe ^acs ae poroîsâexp ^iççht ; f oc» étiez belle eomme an si^. Adieti, nn 1

1^ T^>fttoa, ma belle Vadame , ne poroii pcônl aToir d \r^Uc.mÂ^ ék TOUS Toir. Pour la petite, elle est aussi gai l»iiMii éfeîllée que quand tous étiez ici ; et pour moi je ^

* hh^U 'dftrn], sinonâmemeni de Xirande.

' M Hst'ii parti 1^; jour mérne pour la Flandre. Madame de Mo; Ifuu, hU'11 t^tm tir<me de cinqmob, suivit le roi et retint un mois i

DR HA YSHMU KT DV, HU AMtH. 'iin

p\nlnii boQUrnup Avn fntlgiii'» c|iii« voii» iivn/ niinn; r/rnl l'nmitiAqni mn fait Hnntir von poiiion nt Im ttiAmn nmiti/* iiio tiUflitricr votro pW^soticn.

\a Ponpotto (In Motmioiir* (Invipiit un ppii pliin kiiIp, ri tnndntnc do Mnlntonon irrn nlinrf<(') iln lui nppriMuIn* i^ joupr ituhillnnl d flii vninni. Jn trip flnltn cpip jo rrrcti nr.(|uiitp i'nit bien cl Jn nuis (rAH-cont put (rrllp; on voit, qu'olip Tnit ln\\\ ceqiiVII» peut pour iniiipr Iph lUpilliMirN jmiPurH. (1p uvh\ pai l'intnntion qui lui tuinupin; v'oni m Icntnur qui lui fiiit ttroutin lipurn A poMpr mou hillnnl; pIIp ont Fort npplicpu'M*. Arfleti, ma cltôro cnrnnt.

(în Vi nWrIrr 107H.

'^i VnuM lavlo/iy Mndninn, roinnio jn muH iirnif<A dn up phm

fiilro tl'alplon* nvpc In roi pI vouh, von» \\o pcuirripz rpRisipr

^ 'ennui do votrp pplil tniKnon ; voun rpriox uuo p.liinitp dp

fflofivoyor dinrolipr, utn hplln MndnniP, rnr jp Rprom fort

«iQ d'jiro toujours ft In rour. Nous jouons tous Ips jours A

^^^ petits joux d'osprit qui sont (h* votrn rouuoisRiuiP.p ;

Votre grosso Toutou vu prÎ ; pIIp jnup si iristpniput qup l*on

"it*oit quVIIn approud rpspnKnol. Adipu, nm rlu^rp pnl'aut;

i^ pnrio cnntro nindnnip do Mnint(Mion qtu« vous pu uscrpx

^'^inmo vous fltos & HnrAgps surin ppudulpdpdinnmus, pt(|np

^^Un aurpi la mAmo conqdaisnupn on nrpuvoynnl quprir. Jp

^Qlso tos bolJPS mains do tout nn»n rouir, mn hpllo Mndnnip.

^ mon chor cœur.

liK MniNoi^.

* Fille ilii duo rt iln In iliKtltpRnn troH/'nim. ■ Tprmn du Jpii «lo In linwHn,

2i4 LETTRES DE MADAME DE MONTESPAN

Ce 17 février 167^,

Je tâcherai de mériter les louanges que le roi me donne en augmentant tous les jours Teslime que vous dites qu'il a pour moi ; et quand ce ne seroit que pour vous plaire, je ferois la môme chose, vous aimant au superlatir.

Ce 21 février 1078.

Vous pouvez bien croire, Madame , que j'attendrai le retourduroiel le vôtre avec beaucoup d'impatience. Jene mérite pas, Madame, d'avoir toute votre autorité entre les maias» et c'est assez que vous me commandiez de prendre soin d* votre grosse Toutou. J'ai commencé aujourd'hui à exercer 1« pouvoir que vous me faites l'honneur de me donner siB^ elle; je ne sais par quelle raison la Poupotte a voulu batlïf® sa sœur. Mie Pezart, pour consoler la petite, lui a donné l» ^ petit chien; la Maflée du roi a crié les hauts cris. Je suis a *' rivé dans ce temps-là; j'ai été consulter madame de Maint ^' non qui vous écrivoit dans le cul de sac, ma belle Madame ' je lui ai dit comme l'affaire s'étoit passée ; nous avons r^" solu tous deux de lui faire quelque punition , laquelle ^ été de ne point manger de fruit. Adieu, mon cher peti^ cœur.

Ce *26 février 1678.

Ma belle Madame, ce que vous me mandez sur le voyage me tient fort au cœur ; depuis que vous m'en avez écrit, j ^ persécute madame de Maintenon pour obtenir d'aller trouvée* le roi ; je la fais souvenir toujaurs de marcher, et je crois qu^ je l'obtiendrai d'elle, parce que je me flatte d'avoir son amî-* tié. Adieu, ma chère enfant.

Le MifiNON.

belle Madame, je m'ennuie fort de votre absence; l'amitié me la fait trouver bien longue ; on nous dit que vous revenez, mais je crois que cette nouvelle est fausse. Saint- Germain seroit fort honoré de votre retour. Il me semble ^e depuis quelques jours je trouve madame de Maintenon plus triste ; je n'en sais pas le sujet ; ce n'est pourtant pas Bon ordinaire de me celer ce qu'elle pense. Adieu, ma bonne Madame, je vous prie d'êlre persuadée que je vous aime do loul mon cœur.

J'ai reçu une lettre du roi dont j*ai été transporté de joie; ^llo est la plus obligeante du monde. Je ne ferai pas comme vous, quand, à Maintenon, vous en brûlâtes une de lui. Bien éloigné de cela, je la garderai toute ma vie, et je me ^ouve bien glorieux d'avoir une letlre de Sa Majesté dans '"«cassette. Adieu, Madame, je vous aime passionnément.

Ce mars 1078.

^'e voudrois bien savoir, ma belle Madame, pourquoi vous écrivez des choses que je n'entends point et qu'il faille '^essairement m'expliquer. Je te vais retrouver tout seul, ^ belle Madame ; j'avoue que je serai affligé de quitter ^dame de Maintenon, mais j'oublierai mon arfliction dés 'ôje te verrai.

Je suis fort fâché de ce que le roi vous a quittée, parce le vous êtes affligée ot que vous savez que je prends part A ut ce qui vous regarde. J'ai rrçu ce malin une visile de . Golbert. Adieu, ma belle Madame.

Je m'acquitterai fort bien de la commission que y( donnez d'avoir soin de vos vaches, parce que je sui aise de vous obéir sur toutes choses. Vous pouv( croire que je serai ravi d'aller à Haintenon ; mais j encore plus aise de votre retour. Je n'ai que faire préparer à vous caresser, car mon cœur me fera agii m'étudierai à faire tout ce qu'il me sera possible poui au roi.

Je suis trop heureux, Madame, que les lettres q l'honneur de vous écrire vous soient agréables. Ces que la délicatesse de jnes termes vous plaise, pour continue. J'ai une extrême envie de t'aller trouver; , en effet que madame de Maintenon n'y gâleroit rien.

J'ai un empressement extraordinaire, ma belle M de vous écrire, parce que j'ai une tendresse pour vo est incompréhensible. Adieu, mon cher cœur, jevou! m'envoyer vos ordres pour que j'aille au-devant du galop.

J'ai un si grand empressement pour savoir si vou verrez chercher , que je ne songe plus à autre cho princesses sont fort jolies ; la Maflée du roi est for et pour sa mignonne, très-aimable, surtout quand e à ces petits jeux dont je vous parlois hier dans ma Adieu, ma belle Madame.

Je devinai bien hier que vous vouliez dire que je homme d'habitude. Je vous prie. Madame, d'en

même et de m'écrire tous les jours ; je vous ferai belle et bonne réponse, mais un peu courte. Je sentis une grande peine en quittant le roi et vous.

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